Malgré un incident majeur survenu lors des tests de qualification du Booster 18 au Texas, SpaceX affirme qu’elle maintiendra le calendrier ambitieux de développement de la nouvelle génération de son véhicule orbital, Starship V3. L’objectif reste inchangé : un vol d’essai orbital d’ici le premier trimestre 2026, témoignage de la résilience de l’entreprise face à l’échec technique survenu le 21 novembre 2025.
Un revers pour Booster 18, pas pour le programme
À 4 heures du matin, heure locale, le Booster 18, le tout premier Super Heavy de la série Starship V3, a été victime d’une violente anomalie lors d’un test de pression sur le site de Massey, à proximité du centre de lancement de Starbase. Cette étape cruciale permet de valider l’intégrité structurelle des réservoirs à vide, avant l’ajout de moteurs et de propergol.
Un défaut présumé dans un ou plusieurs réservoirs composites sous pression (COPV) localisés dans la base du booster a probablement déclenché une surpression. Cette réaction en chaîne aurait provoqué une déchirure du réservoir principal d’oxygène liquide, laissant un trou béant et irréparable à la base du prototype. La partie supérieure est restée intacte, mais la structure est compromise.
Tests destructifs mais essentiels
SpaceX a confirmé que le véhicule était dépourvu de moteurs, et qu’aucune équipe ne se trouvait à proximité lors de l’incident. Les procédures de sécurité ont permis d’éviter tout blessé. Le Booster 18 est néanmoins considéré comme perdu.
Dans un communiqué, SpaceX rappelle le rôle fondamental de ces essais : « Les tests de pression sont conçus pour détecter les failles structurelles avant les essais moteurs. » En ce sens, l’incident est une opportunité technique plutôt qu’une catastrophe. Le groupe californien a d’ores et déjà lancé une enquête interne assistée par des experts indépendants pour déterminer l’origine exacte de la défaillance.
Starship V3 : accélération vers le futur
Le projet Starship V3 est une évolution majeure du système de transport de SpaceX. Conçue pour renforcer les capacités d’emport et de réutilisabilité, cette version vise à permettre des opérations complexes comme le rendez-vous orbital entre plusieurs vaisseaux, nécessaire à des missions de ravitaillement pour la Lune ou Mars.
Le Booster 18 était le tout premier exemplaire grandeur nature à utiliser la nouvelle architecture V3. Il intégrera à terme des modifications importantes comme des réservoirs optimisés, une gestion thermique améliorée et une robustesse structurelle accrue.
Un incident, plusieurs leçons
Ce fut le troisième revers majeur subi par le programme Starship en 2025. Cependant, SpaceX poursuit son approche de développement itératif, en intégrant les défaillances dans le processus d’amélioration continue.
Les données issues des enregistrements, des capteurs embarqués et des images collectées alimenteront la modélisation 3D actuellement en cours. Cette analyse permettra de peaufiner la conception des prochains boosters. Cela fait partie intégrante de la méthodologie « Fail Fast » adoptée par l’entreprise, qui préfère tester tôt et corriger rapidement plutôt que retarder les essais par excès de précaution.
Aucun changement de calendrier annoncé
Malgré l’incident, SpaceX confirme maintenir l’objectif de lancement orbital d’un Starship V3 au premier trimestre 2026. Cela reflète la capacité de l’organisation à gérer des échecs tout en conservant sa cadence industrielle et sa vision à long terme.
Ce maintien du calendrier survient alors que la pression s’intensifie autour du programme Artemis de la NASA, pour lequel Starship doit servir d’atterrisseur lunaire pour les prochaines missions humaines. Toute modification du rythme de développement pourrait avoir des répercussions sur les délais de la NASA, mais pour l’heure, SpaceX conserve le cap avec détermination.
En route vers 2026
Dans le domaine spatial, les anomalies sont monnaie courante. Ce dernier événement rappelle que développer une fusée géante réutilisable reste un défi hérissé de risques. Cependant, l’incident du Booster 18 démontre également que l’agilité de SpaceX repose sur l’anticipation de ces échecs et leur intégration dans une logique d’apprentissage rapide.
Alors que les regards se tournent vers la suite, l’industrie spatiale observe avec attention comment SpaceX va corriger le tir et poursuivre la construction du prochain prototype. Le lancement de Starship V3 en 2026 constituera un tournant décisif dans l’ambition de bâtir une architecture de vol entièrement réutilisable pour l’exploration lunaire et martienne.

