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Starlink menacé ? Ces dirigeables stratosphériques ultra-connectés veulent révolutionner Internet

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Le paysage mondial des télécommunications pourrait connaître un bouleversement majeur. Alors que Starlink, le réseau satellite de SpaceX, s’impose comme un acteur central de la connectivité Internet mondiale, une nouvelle génération de technologies stratosphériques commence à émerger. Des avions solaires autonomes et des dirigeables stationnaires promettent une alternative plus souple, plus rapide et potentiellement plus économique. Une question se pose désormais : ces plateformes stratosphériques HAPS (High Altitude Platform Stations) peuvent-elles rendre obsolète le mastodonte spatial de SpaceX ?

Un ciel de plus en plus disputé

Depuis son lancement, Starlink a envoyé plus de 8 000 satellites en orbite basse (LEO), offrant un accès Internet rapide avec une couverture quasi planétaire. Pour un abonnement mensuel moyen de 120 dollars, l’utilisateur bénéficie de vitesses allant de 50 à 220 Mbps, avec une latence située entre 30 et 50 millisecondes.

Mais ce modèle repose sur une infrastructure lourde et coûteuse : lancements de fusées, maintenance complexe et obsolescence accélérée des satellites. Face à cela, les HAPS entendent proposer une solution plus proche du sol, entre 18 et 20 kilomètres d’altitude, offrant une latence quasi nulle et une maintenance facilitée.

Des projets stratosphériques ambitieux

Plusieurs prototypes ont déjà prouvé leur faisabilité. En 2020, le Sunglider développé par HAPS Mobile a effectué un vol à 19 kilomètres d’altitude, maintenant une connexion 5G stable à 1 Gbps dans un rayon de 700 kilomètres. En 2021, le Stratomast, un dirigeable autonome développé par Sceye, a établi un record de plus de 28 heures de vol stationnaire, avec diffusion d’un signal 4G via beamforming sur 140 kilomètres.

« When the Stratomast is flying, all these old satellites are going to be in museums », affirmait un ingénieur impliqué dans le projet. Si la formule frappe l’imagination, elle est encore loin de refléter la réalité commerciale et technologique actuelle.

Latence minimale, couverture ciblée

Le principal avantage des HAPS réside dans leur latence ultra-faible, de l’ordre de quelques millisecondes—contre 30 ms ou plus pour Starlink—idéale pour les applications en temps réel comme la télémédecine ou les jeux vidéo en ligne. Leur proximité permet également une connectivité renforcée dans des zones denses ou isolées, où la couverture satellite peut s’affaiblir.

Autre atout significatif : le coût opérationnel. Pas besoin de fusée ni de lancement orbital. Ces plateformes peuvent être lancées, récupérées, rechargées et révisées directement depuis la Terre. Cela ouvre la voie à une économie circulaire de la connectivité, plus agile que les relais satellitaires.

Des défis techniques et une portée limitée

Cependant, plusieurs obstacles freinent leur adoption à grande échelle. La taille réduite du rayon de couverture (environ 100 à 200 km par plateforme) impose un maillage dense de HAPS pour rivaliser avec la portée planétaire de Starlink. De plus, la réglementation de l’espace aérien stratosphérique reste floue, compliquant les déploiements simultanés transfrontaliers.

Les conditions météo, bien que moins intenses à ces altitudes, constituent aussi un défi. Les rafales stratosphériques, les températures extrêmes et les risques d’ensoleillement prolongé affectent la stabilité des plateformes solaires et la durée de vol.

Complémentarité plus qu’obsolescence

Pour certains analystes du secteur, ces technologies ne doivent pas être perçues comme des remplaçantes de Starlink, mais plutôt comme des alliées. Dans les zones rurales, insulaires ou en cas de catastrophe naturelle, les HAPS pourraient combler les lacunes des satellites et offrir une résilience accrue dans les réseaux hybrides, associant ciel et sol.

Amazon développe également son propre réseau satellite, Project Kuiper, avec des vitesses théoriques de 400 Mbps et une latence inférieure à 50 ms, dont le lancement est prévu dès 2026. Face à cette concurrence croissante, l’innovation dans l’espace comme dans la stratosphère semble inévitable.

Vers un ciel partagé entre satellites et dirigeables

L’avenir de l’Internet mondial pourrait bien passer par une cohabitation intelligente entre satellites en orbite et relais stratosphériques. Là où l’infrastructure au sol est impossible et la couverture satellite trop coûteuse, les HAPS offriront une connectivité ciblée, souple et à faible impact.

Mais prétendre que les satellites de Starlink finiront en musée reste aujourd’hui une extrapolation. Avec ses ressources financières, sa flotte de fusées réutilisables et sa portée planétaire, SpaceX conserve une avance décisive dans le marché de la connectivité mondiale.

Entre le ciel et l’espace, une nouvelle couche de connectivité se dessine. Ni Starlink ni les HAPS ne semblent voués à disparaître. Mais ensemble, ils pourraient redéfinir la manière dont l’humanité reste connectée.

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