Crew-12 / mission Epsilon : combien de temps Sophie Adenot va rester à bord de l’ISS et comment elle va revenir sur Terre

Après l’arrivée à bord de la Station spatiale internationale, la mission de Sophie Adenot entre dans son véritable tempo : celui d’un long séjour. Dans le cadre de Crew-12 (et de la mission européenne Epsilon), l’astronaute française doit rester environ huit mois à bord de l’ISS, au fil des expéditions 74 et 75, avant de rentrer sur Terre dans la même capsule, Crew Dragon Freedom.

Huit mois, c’est à la fois long et “normal” pour l’ISS : suffisamment pour déployer un programme scientifique dense et assurer les opérations quotidiennes de la station, tout en restant dans la logique des rotations modernes. Rien à voir, en revanche, avec la temporalité d’un vol lunaire, où l’équipage passe beaucoup moins de temps en mission, mais dans un environnement plus éloigné et plus exigeant.

Une durée pensée pour la science… et pour faire tourner la station

Sur l’ISS, le calendrier n’est pas celui d’une simple visite. Les équipages sont des “équipes d’exploitation” et des “équipes de recherche” à la fois. Une mission de l’ordre de huit mois permet de faire plus que “lancer des expériences” : elle donne le temps de les enchaîner, d’observer des effets sur la durée et de répéter des protocoles, tout en assurant la maintenance d’une infrastructure complexe.

C’est exactement l’esprit de Crew-12 : un séjour long, où l’on alternera blocs de science, travaux de station et préparation de la suite — notamment tout ce qui aide à rendre les astronautes plus autonomes pour les futures missions au-delà de l’orbite basse.

Ce qui attend Sophie Adenot pendant ces huit mois

Une fois l’installation terminée, la routine de mission va s’imposer : plan de travail très structuré, journées découpées en créneaux, et un équilibre à tenir en permanence.

Sophie Adenot va passer l’essentiel de son temps entre :

  • la mise en œuvre d’expériences scientifiques en microgravité,

  • des opérations de bord (maintenance, logistique, reconfigurations),

  • l’entraînement physique quotidien, indispensable pour limiter la perte musculaire et osseuse,

  • et des communications régulières avec la Terre, notamment pour le volet éducatif.

Côté mission européenne, Epsilon concentrera une large partie de ses activités : environ 200 expériences prévues, dont plusieurs françaises suivies au sol par le Cadmos du CNES. Le programme mêle physiologie, technologies et éducation, avec une idée directrice : utiliser la station comme laboratoire, mais aussi comme banc d’essai pour des missions plus longues, plus loin, avec moins d’assistance immédiate depuis la Terre.

L’ISS, un format très différent d’une mission lunaire

L’ISS impose la durée : vivre des mois en microgravité, répéter les gestes, maintenir une “ville orbitale” en fonctionnement permanent. C’est un travail d’endurance, où chaque jour compte, mais où l’environnement reste celui de l’orbite basse, avec des procédures rodées et des ravitaillements réguliers.

À l’inverse, un vol vers la Lune se joue sur une autre temporalité. On y passe moins de temps, mais l’éloignement change tout : davantage d’autonomie, des contraintes énergétiques plus fortes, et un retour sur Terre depuis des vitesses et des profils plus exigeants. Les deux ne s’opposent pas : ils se complètent. L’ISS sert justement à préparer, étape par étape, ce que l’on demandera demain aux équipages qui s’éloigneront davantage.

Comment elle va revenir sur Terre : le scénario Crew Dragon

Le retour de Sophie Adenot se fera à bord de Crew Dragon Freedom, la même capsule qui aura servi à l’aller. Comme toujours, la séquence sera très encadrée et dépendra de la météo et des contraintes orbitales, mais les grandes étapes restent les mêmes.

D’abord, préparer le départ

Avant de quitter l’ISS, l’équipage va organiser le “retour utile” : échantillons scientifiques, matériel à analyser, données, et équipements qui doivent revenir rapidement au sol. C’est une phase où l’on ferme les dossiers de mission, où l’on stabilise ce qui doit l’être, et où l’on prépare la transition avec l’équipage suivant.

Puis, fermer l’écoutille et se désamarrer

Une fois tout rangé et sécurisé, l’écoutille entre la station et la capsule sera refermée. Crew Dragon se séparera ensuite de l’ISS : c’est le désamarrage, suivi d’un éloignement à distance de sécurité.

Ensuite, quitter l’orbite

La capsule effectuera un allumage de désorbitation, un freinage bref mais décisif qui fera plonger Crew Dragon vers l’atmosphère. C’est ce moment qui transforme une orbite stable en trajectoire de retour.

La rentrée atmosphérique, phase la plus énergique

Crew Dragon entrera alors dans l’atmosphère, protégé par son bouclier thermique. La capsule devra gérer l’échauffement, la décélération et la trajectoire de manière contrôlée.

Parachutes et amerrissage

En fin de descente, les parachutes s’ouvriront et la capsule amerrira au large des côtes des États-Unis. Une équipe de récupération prendra en charge l’équipage, avant les premiers examens médicaux.

Le retour à “1 g” : réadaptation

Après huit mois, le retour à la gravité terrestre demande un temps d’adaptation : équilibre, muscles, système cardiovasculaire, fatigue. Sophie Adenot suivra alors un protocole de réadaptation, puis des débriefings techniques et scientifiques destinés à tirer le maximum de la mission.

Un retour prévu, mais une mission qui restera “vivante” jusqu’au bout

Même si la durée annoncée est d’environ huit mois, l’ISS reste un environnement où tout peut évoluer : priorités scientifiques, logistique, planning, météo de retour. C’est aussi ce qui fait la singularité de ces missions : elles sont planifiées au millimètre, mais doivent rester flexibles.

Pour Sophie Adenot, Crew-12 et Epsilon s’annoncent comme un long chapitre d’orbite basse : un chapitre où l’on produit de la science, où l’on entretient une station, et où l’on prépare déjà ce qui viendra après — y compris la prochaine étape, plus loin que l’ISS.

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