
● Guide technique en français
Starship
Le système de lancement super-lourd de SpaceX conçu pour être entièrement réutilisable : caractéristiques de Starship V3 et Super Heavy, moteurs Raptor 3, vols d’essai, récupération, Starlink, programme Artemis et objectif Mars.
Starship en chiffres
Les principales caractéristiques publiées par SpaceX pour la génération V3.
124 m
Hauteur totale
Super Heavy V3 + Ship V3
100 t+
Capacité vers l’orbite
conception entièrement réutilisable
39
Moteurs Raptor
33 sur Super Heavy, 6 sur le Ship
8 240 tf
Poussée de Super Heavy
33 moteurs Raptor 3
Caractéristiques de la génération V3 actuellement publiées par SpaceX.
Qu’est-ce que Starship ?
Starship est le système de transport spatial super-lourd développé par SpaceX. Le nom désigne l’ensemble formé par Super Heavy, le premier étage, et Starship, aussi appelé Ship, qui constitue le deuxième étage et le véhicule spatial.
SpaceX conçoit les deux étages pour qu’ils puissent revenir jusqu’au site de lancement, être récupérés puis revoler. Cette réutilisation complète et rapide constitue la différence fondamentale entre Starship et les grands lanceurs lourds traditionnels.
Dans sa génération V3 actuelle, l’ensemble mesure 124 mètres de haut pour 9 mètres de diamètre. SpaceX le conçoit pour transporter plus de 100 tonnes vers l’orbite dans une configuration entièrement réutilisable. Super Heavy utilise 33 moteurs Raptor tandis que le Ship en possède six.
Starship reste toutefois un système en développement. Super Heavy a déjà été capturé par les bras de la tour et un booster a déjà revolé, mais le retour du Ship jusqu’à Starbase, sa capture puis sa réutilisation rapide doivent encore être démontrés.
À quoi doit servir Starship ?
SpaceX développe Starship pour plusieurs usages : le lancement de satellites Starlink de nouvelle génération, le transport de charges lourdes, le ravitaillement d’autres Starship en orbite, les missions lunaires du programme Artemis et, à plus long terme, des missions vers Mars.
La NASA développe également avec SpaceX une version lunaire appelée Starship Human Landing System, ou HLS. En parallèle, SpaceX prévoit plusieurs configurations du Ship adaptées au fret, au ravitaillement orbital et, à terme, au transport humain.
Comment SpaceX développe Starship
Le programme repose sur une méthode de développement itérative : SpaceX construit des véhicules, les teste au sol puis en vol, analyse les résultats et modifie les exemplaires suivants. Les premiers essais remontent à Starhopper en 2019, suivis des vols atmosphériques des prototypes SN puis du premier vol intégré de Starship et Super Heavy le 20 avril 2023.
Les vols successifs ont notamment permis de valider la séparation à chaud, les amerrissages contrôlés, le rallumage d’un moteur dans l’espace, la capture de Super Heavy, la réutilisation d’un booster et le déploiement de charges utiles Starlink de démonstration.
La troisième génération, Starship V3, utilise les moteurs Raptor 3 et apporte une refonte importante de la propulsion, de l’avionique, du système de séparation à chaud et des équipements nécessaires aux futures missions orbitales de longue durée.

Prochain vol Starship
Starship 14 : prochaine mission actuellement préparée
SpaceX n’a pas encore annoncé officiellement la date ni l’heure du lancement de Flight 14. La planification actuelle du trafic aérien de la FAA indique une opération au plus tôt le 18 septembre 2026, avec le 19 septembre comme date de repli.
SpaceX a confirmé que la mission doit utiliser Booster 21 et Ship 41 depuis le Pad 2 de Starbase. Les deux véhicules ont terminé leurs principales mises à feu statiques publiques.
Le directeur financier de SpaceX, Bret Johnsen, a également confirmé que Flight 14 doit transporter des satellites Starlink V3 de production vers l’orbite et devenir le premier vol Starship directement générateur de revenus.
Le nombre de satellites embarqués et le profil définitif de récupération des deux étages n’ont pas encore été publiés. Les anciennes informations laissant envisager une capture de Ship 41 pendant Flight 14 ne doivent plus être considérées comme confirmées.
Pour éviter que ce guide général devienne obsolète à chaque changement de calendrier, le suivi détaillé de la mission est maintenu sur notre dossier Starship 14 et sur la page SpaceX en direct. Vous pouvez également consulter ce que l’on sait déjà du vol Starship 15.
Caractéristiques techniques de Starship V3
Les valeurs ci-dessous correspondent aux spécifications actuellement publiées par SpaceX pour la génération V3.
Hauteur totale
124 m
72 m de booster + 52 m de Ship
Diamètre
9 m
diamètre extérieur du système
Moteurs
39 Raptor
33 sur Super Heavy, 6 sur le Ship
Ergols
CH₄ + LOX
méthane et oxygène liquides
Capacité orbitale
100 t+
configuration réutilisable visée
Super Heavy
8 240 tf
poussée publiée par SpaceX
Ergols Super Heavy
3 650 t
capacité de propergols
Ergols du Ship
1 600 t
capacité de propergols
Évolution des versions de Starship
Version 1 : les six premiers vols
La première génération du système intégré a été utilisée de Flight 1 en avril 2023 à Flight 6 en novembre 2024. Elle a permis de valider progressivement le décollage avec Super Heavy, la séparation à chaud, le vol à haute vitesse, la rentrée atmosphérique et les premiers amerrissages contrôlés. Flight 5 a également réalisé la première capture d’un booster par la tour.
Version 2 : Flights 7 à 11
La deuxième génération a volé en 2025. Elle introduisait notamment un Ship plus grand, davantage d’ergols, une avionique remaniée et des modifications des volets et des systèmes de propulsion. Les premiers exemplaires ont rencontré plusieurs défaillances du deuxième étage, avant les meilleurs résultats obtenus lors des Flights 10 et 11.
Flight 9 a aussi marqué une étape distincte : pour la première fois, SpaceX a fait revoler un booster Super Heavy déjà utilisé.
Version 3 : Raptor 3 et nouveau pas de tir
Starship V3 est la génération actuellement en vol. Elle a débuté avec Flight 12 le 22 mai 2026 depuis le nouveau Pad 2 de Starbase. Elle utilise les moteurs Raptor 3 et introduit une refonte importante de la propulsion, de l’avionique et des systèmes destinés aux missions orbitales de longue durée.
Super Heavy V3 ne possède plus que trois grandes grilles aérodynamiques au lieu de quatre. Chacune est environ 50 % plus grande et possède notamment un nouveau point de capture. L’ancien inter-étage protecteur largable a été remplacé par une structure de hot staging intégrée.
SpaceX a également revu les connexions d’ergols, l’architecture des systèmes situés dans la partie arrière du véhicule, la navigation et plusieurs éléments nécessaires à la récupération.
Le Ship V3 dispose d’une propulsion redessinée, d’un volume d’ergols accru, d’un système de contrôle d’attitude amélioré, de capteurs destinés à mesurer les niveaux d’ergols en micropesanteur et d’un mécanisme de déploiement Starlink perfectionné.
Version 4 : prochaine génération
SpaceX travaille déjà sur des évolutions au-delà du V3. Les documents financiers publiés par l’entreprise indiquent que les générations futures sont conçues pour pouvoir doubler la capacité de la génération actuelle, avec un objectif pouvant atteindre environ 200 tonnes vers l’orbite, potentiellement dès Starship V4.
La configuration finale, les dimensions et la date d’entrée en service de cette future génération ne sont toutefois pas encore figées publiquement.
Super Heavy : le premier étage
Le Super Heavy V3 mesure actuellement 72 mètres et peut contenir environ 3 650 tonnes d’ergols. Ses 33 moteurs Raptor 3 développent ensemble environ 8 240 tonnes-force de poussée au décollage selon SpaceX.
Les moteurs sont répartis entre 20 Raptor périphériques fixes et 13 moteurs centraux orientables. Ces derniers contribuent notamment au contrôle du booster pendant le vol et les manœuvres de retour.
Après la séparation à chaud, Super Heavy peut effectuer un boostback burn pour revenir vers Starbase. Lorsqu’une récupération à la tour est prévue et que tous les critères sont remplis, le booster réalise son landing burn puis vient se placer entre les « chopsticks », les deux grands bras mobiles de la tour.
Le hot staging intégré du V3
La séparation entre Super Heavy et le Ship s’effectue à chaud : les moteurs du deuxième étage s’allument alors que certains moteurs du booster fonctionnent encore.
Sur le V3, SpaceX a supprimé l’ancien inter-étage protecteur largable et intégré directement le système de hot staging à la partie supérieure de Super Heavy.
Le dôme supérieur du réservoir de méthane du booster est ainsi directement exposé aux gaz des moteurs du Ship pendant la séparation, avec une conception spécifique destinée à protéger la structure.
Cette évolution supprime un élément auparavant abandonné en vol et fait partie des changements destinés à simplifier la réutilisation complète du système.
Starship : le deuxième étage
Le Ship V3 mesure 52 mètres de haut pour 9 mètres de diamètre et embarque jusqu’à environ 1 600 tonnes d’ergols. Il utilise six moteurs : trois Raptor au niveau de la mer et trois Raptor Vacuum optimisés pour fonctionner dans le vide.
SpaceX donne une poussée combinée d’environ 1 614 tonnes-force pour le deuxième étage actuel. Le véhicule possède également quatre volets mobiles servant à contrôler son attitude pendant la rentrée atmosphérique.
À terme, SpaceX veut que le Ship puisse revenir jusqu’au site de lancement et être capturé par la tour comme Super Heavy. Cette capacité n’a pas encore été démontrée en vol.
Bouclier thermique et rentrée atmosphérique
Le côté du Ship exposé au flux thermique est recouvert de milliers de tuiles destinées à protéger la structure en acier inoxydable pendant la rentrée atmosphérique. Le comportement de ce bouclier reste l’un des principaux domaines de développement du programme.
Flight 13 a fourni de nouvelles données importantes : Ship 40 a survécu à sa rentrée et réalisé un amerrissage en douceur suffisamment précis pour permettre à SpaceX de récupérer puis d’inspecter directement le véhicule et son bouclier thermique.
Raptor 3 : le moteur de Starship V3
Les moteurs Raptor utilisent du méthane liquide et de l’oxygène liquide dans un cycle de combustion étagée à flux complet.
Avec Raptor 3, SpaceX a simplifié l’architecture du moteur et intégré davantage de capteurs et de contrôleurs directement dans l’ensemble. Cette évolution permet également de supprimer certaines protections et conduites extérieures présentes sur les générations précédentes.
SpaceX annonce environ 250 tonnes-force pour le Raptor 3 au niveau de la mer et 275 tonnes-force pour le Raptor Vacuum. Le Raptor atmosphérique pèse environ 1 525 kg.
Selon SpaceX, la simplification du moteur et des équipements associés permet une réduction de masse encore plus importante à l’échelle du véhicule complet.
Où Starship est-il construit et lancé ?
Le développement, l’assemblage, les essais et les vols de Starship sont aujourd’hui concentrés à Starbase, au Texas. La Starfactory y constitue le principal centre de fabrication des Starship et Super Heavy.
Starbase dispose désormais de deux grandes tours de lancement. Le Pad 2 a été conçu pour les véhicules V3 et a été inauguré en vol lors de Flight 12 en mai 2026.
SpaceX prépare également une future capacité Starship en Floride. Le projet autour du complexe LC-39A au Kennedy Space Center a franchi des étapes importantes de son processus environnemental, mais cela ne signifie pas que Starship y dispose déjà d’une autorisation opérationnelle de lancement.
SpaceX étudie également l’utilisation de SLC-37 à Cape Canaveral. Ces infrastructures floridiennes ne doivent donc pas encore être présentées comme des bases Starship opérationnelles.
Comment se déroule un vol Starship ?
Après le remplissage en méthane liquide et en oxygène liquide, les 33 moteurs de Super Heavy s’allument et propulsent l’ensemble hors du pas de tir.
Quelques minutes plus tard, le Ship allume ses propres moteurs pendant la séparation à chaud et poursuit sa montée. Super Heavy entame alors sa phase de retour tandis que le Ship continue sa mission.
Selon le profil prévu, Super Heavy peut effectuer une manœuvre de retour vers Starbase ou suivre une trajectoire d’essai vers une zone maritime.
Le Ship peut de son côté déployer une charge utile, effectuer des essais dans l’espace puis préparer sa rentrée. Ses volets permettent de contrôler son orientation pendant la traversée de l’atmosphère.
Lors des profils d’amerrissage utilisés jusqu’ici, le Ship termine sa descente presque horizontalement avant d’effectuer une manœuvre de retournement et un allumage final de ses moteurs. À terme, SpaceX veut remplacer cet amerrissage d’essai par un retour jusqu’à la tour et une capture.
Pourquoi Starship est-il aussi puissant ?
Starship est actuellement le système de lancement ayant développé la plus forte poussée au décollage. Avec ses 33 moteurs Raptor 3, Super Heavy V3 doit produire environ 8 240 tonnes-force, soit plus de 80 méganeutons.
La comparaison des capacités de charge utile demande cependant davantage de prudence. Les grands lanceurs historiques étaient essentiellement consommables, tandis que SpaceX vise plus de 100 tonnes vers l’orbite avec Starship dans une configuration entièrement réutilisable.
La performance réellement disponible dépendra donc du profil de mission, de la quantité d’ergols conservée pour le retour et du niveau de récupération des deux étages.
Les principales versions et missions du Ship
L’architecture Starship doit pouvoir être adaptée à plusieurs usages. La version standard est destinée au lancement de satellites et de fret.
Une configuration Tanker doit transporter des ergols afin de ravitailler d’autres Starship en orbite. La version Starship HLS est développée avec la NASA pour les missions lunaires Artemis.
SpaceX prévoit également à plus long terme des configurations destinées au transport humain et aux missions interplanétaires. Toutes ces variantes ne sont pas encore opérationnelles.
Combien coûtera un lancement Starship ?
SpaceX présente la réutilisation complète et la cadence élevée comme les deux éléments qui doivent permettre de réduire fortement le coût marginal d’un lancement.
En revanche, il n’existe pas aujourd’hui de tarif public unique permettant d’affirmer qu’un lancement orbital Starship coûtera précisément 10, 20 ou 30 millions de dollars.
Le coût réel dépendra notamment du nombre de réutilisations, de la maintenance des moteurs et du bouclier thermique, du temps nécessaire entre deux vols, du profil de mission et des infrastructures de lancement.
Les objectifs de coûts avancés par Elon Musk doivent donc être distingués d’un tarif commercial confirmé.
Historique des vols d’essai de Starship
Treize vols intégrés ont été réalisés depuis avril 2023 ; Flight 14 constitue la prochaine mission actuellement préparée.
Les vols Starship sont des missions de développement. Leur résultat ne peut donc pas toujours être résumé uniquement à « succès » ou « échec » : SpaceX fixe plusieurs objectifs différents à chaque mission et utilise les données recueillies pour modifier les véhicules suivants.
| Vol | Date | Véhicules | Résultat | À retenir |
|---|---|---|---|---|
| Flight 1 | 20 avril 2023 | B7 / S24 | Échec | Premier vol intégré. Perte de contrôle puis destruction du véhicule après le décollage. |
| Flight 2 | 18 novembre 2023 | B9 / S25 | Échec partiel | Première séparation à chaud réussie ; booster et vaisseau perdus ensuite. |
| Flight 3 | 14 mars 2024 | B10 / S28 | Succès partiel | Montée complète du Ship et plusieurs essais dans l’espace ; perte pendant la rentrée. |
| Flight 4 | 6 juin 2024 | B11 / S29 | Succès majeur | Super Heavy et Ship réalisent pour la première fois leurs retours contrôlés jusqu’à l’océan. |
| Flight 5 | 13 octobre 2024 | B12 / S30 | Succès majeur | Première capture de Super Heavy par les bras de la tour. |
| Flight 6 | 19 novembre 2024 | B13 / S31 | Succès partiel | Rallumage d’un Raptor dans l’espace ; booster envoyé vers un amerrissage au lieu d’une capture. |
| Flight 7 | 16 janvier 2025 | B14 / S33 | Échec partiel | Capture réussie du booster ; perte du Ship pendant la montée. |
| Flight 8 | 6 mars 2025 | B15 / S34 | Échec partiel | Nouvelle capture du booster ; deuxième étage perdu pendant la montée. |
| Flight 9 | 27 mai 2025 | B14-2 / S35 | Échec partiel | Première réutilisation d’un Super Heavy ; perte du contrôle du Ship avant la rentrée. |
| Flight 10 | 26 août 2025 | B16 / S37 | Succès | Déploiement de simulateurs Starlink, rallumage dans l’espace et retours contrôlés. |
| Flight 11 | 13 octobre 2025 | B15-2 / S38 | Succès | Dernier vol de la génération V2 et nouveaux essais préparant le passage au V3. |
| Flight 12 | 22 mai 2026 | B19 / S39 | Succès partiel | Premier vol du V3, des Raptor 3 et du Pad 2. Plusieurs anomalies touchent cependant le retour du booster et certains objectifs du Ship. |
| Flight 13 | 24 juillet 2026 | B20 / S40 | Succès partiel | Déploiement réussi de 20 Starlink V3 de démonstration, essais de communications, rallumage d’un Raptor et amerrissage contrôlé du Ship. Le retour du booster échoue. Bilan complet de Flight 13. |
| Flight 14 | Au plus tôt le 18 septembre 2026 selon la planification FAA, sans annonce officielle de SpaceX | B21 / S41 | À venir | Troisième vol V3. SpaceX prévoit d’envoyer des Starlink V3 de production en orbite. Le nombre de satellites et le profil final de récupération restent à confirmer. Suivre Flight 14. |
Flight 13 a marqué une transition importante. Les vingt Starlink V3 transportés étaient des satellites de démonstration fonctionnels placés sur la même trajectoire suborbitale que le Ship. Ils ont notamment testé leurs communications et plusieurs systèmes après leur déploiement avant de rentrer dans l’atmosphère comme prévu.
Ils ne doivent donc pas être décrits comme vingt satellites opérationnels ayant rejoint durablement la constellation Starlink.
Flight 14 doit franchir l’étape suivante. SpaceX a confirmé en septembre 2026 que la mission doit transporter des Starlink V3 de production vers l’orbite. Le nombre de satellites embarqués n’a pas été annoncé.
La capacité future annoncée par SpaceX, qui pourrait permettre de transporter plusieurs dizaines de V3 par lancement, ne doit donc pas être confondue avec le manifeste réel de Flight 14.
Starship et Starlink
Starship joue désormais un rôle direct dans le développement de Starlink. Les satellites V3 sont beaucoup plus grands et plus capacitaires que les générations actuellement lancées en série avec Falcon 9.
SpaceX indique qu’un Starlink V3 peut offrir environ 1 Tbit/s de capacité descendante totale. L’entreprise prévoit qu’un lancement Starship complet puisse à terme transporter plusieurs dizaines de satellites V3 et ajouter beaucoup plus de capacité réseau qu’un lancement Falcon 9 de satellites V2.
Ces valeurs décrivent la capacité totale d’un satellite ou d’un lancement, et non le débit disponible pour un seul utilisateur.
Flight 13 a validé le mécanisme de déploiement avec vingt satellites de démonstration. Flight 14 doit désormais envoyer des exemplaires de production en orbite. Cette évolution constitue le passage d’un programme uniquement expérimental à un véhicule commençant à servir directement l’infrastructure Starlink.
Starship HLS et le programme Artemis
La NASA développe avec SpaceX une version lunaire appelée Starship Human Landing System, ou HLS. Cette variante est destinée à transporter des astronautes entre l’orbite lunaire et la surface de la Lune dans le cadre du programme Artemis.
Le calendrier Artemis a profondément évolué en 2026. Artemis III est désormais une mission de démonstration prévue en orbite terrestre basse en 2027. Orion doit y tester des opérations de rendez-vous et d’amarrage avec des versions d’essai des atterrisseurs commerciaux développés par SpaceX et Blue Origin.
La NASA vise désormais Artemis IV au début de 2028 pour le premier nouvel alunissage habité du programme. Le choix de l’atterrisseur utilisé dépendra toutefois de l’état de préparation des systèmes à cette échéance.
Starship HLS ne doit donc pas être présenté aujourd’hui comme automatiquement garanti pour cet alunissage précis.
Avant les missions lunaires, SpaceX doit encore démontrer plusieurs capacités indispensables, notamment les vols de longue durée et le transfert d’ergols entre véhicules en orbite.
DearMoon : une mission annulée
Le projet DearMoon, financé par Yusaku Maezawa et annoncé en 2018, devait envoyer plusieurs passagers autour de la Lune à bord de Starship.
Le projet a été annulé en 2024. Il fait donc partie de l’histoire du programme mais ne doit plus apparaître dans une liste de missions Starship à venir.
Programme Polaris et vols privés
Le programme Polaris avait annoncé à l’origine une future mission utilisant Starship après les vols Crew Dragon. Aucun calendrier ferme de vol habité Starship n’est aujourd’hui publié.
Une telle mission reste dépendante de nombreuses démonstrations supplémentaires de fiabilité, de rentrée, de récupération et de sécurité.
Starship et les missions commerciales
Starship doit également servir des clients extérieurs à SpaceX. Le satellite japonais Superbird-9 fait notamment partie des charges utiles annoncées pour Starship, mais son calendrier a déjà évolué.
Ces missions doivent donc être présentées comme prévues sans transformer une date de planification en engagement ferme.
L’un des intérêts du véhicule réside dans sa capacité de masse et son important volume utile, qui pourraient permettre de lancer des satellites, stations ou instruments beaucoup moins contraints par les dimensions des coiffes actuelles.
Starship et Mars
Mars reste l’objectif à long terme de SpaceX. L’architecture imaginée repose sur le lancement du Starship en orbite terrestre, son ravitaillement par plusieurs véhicules tankers puis un transfert vers Mars.
À terme, SpaceX envisage de produire du méthane et de l’oxygène directement à partir des ressources martiennes afin de permettre le retour des véhicules. Cette utilisation des ressources locales, ou ISRU, reste toutefois un objectif futur.
Avant une mission martienne habitée, Starship doit encore démontrer de nombreuses capacités : opérations orbitales régulières, longues durées en orbite, transfert d’ergols, récupération régulière du Ship, réutilisation rapide et multiplication des vols sans équipage.
Pourquoi Starship peut changer l’accès à l’espace
L’enjeu principal de Starship ne réside pas uniquement dans sa taille ou sa poussée. SpaceX cherche à combiner forte capacité d’emport, réutilisation complète et cadence élevée.
Si ces trois objectifs sont atteints ensemble, le véhicule pourra transporter beaucoup plus de masse vers l’orbite tout en réutilisant ses deux étages.
Cette capacité est directement liée aux ambitions actuelles de SpaceX : déploiement massif de Starlink V3, futurs satellites de calcul orbital, ravitaillement en orbite, missions lunaires et, à plus long terme, missions interplanétaires.
Pour l’actualité immédiate du programme, consultez notre dossier Starship 14, ce que l’on sait déjà de Starship 15 et notre page SpaceX en direct.
Dernières actualités Starship
Nos derniers articles sur les vols d’essai et le développement du programme.
-

Starship 14 : SpaceX repousse le lancement au 28 septembre
⚡ Dernière mise à jour : 18 septembre 2026. SpaceX a repoussé le lancement de Starship Flight 14.…
-

Falcon 9 : SpaceX ferme le marché commercial, place à Starship ?
⚡ Publié le 15 septembre 2026. SpaceX semble accélérer beaucoup plus vite que prévu la sortie commerciale de…
-

Lune : pourquoi le cratère Shackleton attire toutes les convoitises
⚡ Publié le 15 septembre 2026. Au pôle Sud de la Lune se trouve un cratère d’environ 20…
-

Starmind : jusqu’où vont les ambitions de SpaceX dans l’IA spatiale ?
⚡ Publié le 15 septembre 2026. Avec Starmind, SpaceX ne prépare pas simplement un nouveau satellite. L’entreprise veut…
-

Pourquoi Starlink a besoin de milliers de satellites ?
Pourquoi SpaceX a-t-il besoin de milliers de satellites Starlink pour fournir Internet ? À première vue, le chiffre…
-

Vy Capital détient 3,4 % de SpaceX selon le Financial Times
Information importante : cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement,…
Explorer SpaceX
Pour aller plus loin autour de Starship et du programme SpaceX.
Direct
Lancement en direct
Le prochain lancement SpaceX et les horaires pour la France et la francophonie.
FAQ Starship
Les réponses essentielles sur le lanceur Starship de SpaceX.
Qu’est-ce que Starship ?
Starship est le système de lancement super-lourd développé par SpaceX. Il se compose du booster Super Heavy et du vaisseau supérieur Starship. Les deux étages sont conçus pour être entièrement et rapidement réutilisables.
Quelle est la hauteur de Starship ?
SpaceX indique une hauteur totale de 124 mètres pour Starship V3 : 72 mètres pour Super Heavy et 52 mètres pour le Ship. Le diamètre du système est de 9 mètres.
Quelle est la différence entre Starship et Super Heavy ?
Super Heavy est le premier étage du système et fournit l’essentiel de la poussée au décollage avec 33 moteurs Raptor. Le Ship est le deuxième étage et le véhicule spatial. L’ensemble des deux est appelé Starship.
Combien de moteurs possède Starship ?
Le système complet utilise 39 moteurs Raptor : 33 sur Super Heavy et six sur le Ship. Le Ship possède trois Raptor atmosphériques et trois Raptor Vacuum optimisés pour le fonctionnement dans le vide.
Quelle charge Starship peut-il transporter ?
SpaceX indique que Starship V3 est conçu pour transporter plus de 100 tonnes vers l’orbite dans une configuration entièrement réutilisable. L’entreprise indique que les générations futures sont conçues pour pouvoir doubler cette capacité, potentiellement à partir de Starship V4.
Starship est-il entièrement réutilisable ?
C’est l’objectif de conception, mais il n’est pas encore entièrement démontré. Super Heavy a déjà été capturé par la tour et un booster a déjà revolé. La récupération puis la réutilisation rapide du Ship restent encore à démontrer.
Starship est-il déjà opérationnel ?
Starship reste en phase de développement et n’assure pas encore un service de lancement régulier comparable à Falcon 9. Les vols intégrés permettent progressivement de valider le transport de charges utiles vers l’orbite et la récupération des deux étages.
Starship servira-t-il à lancer Starlink ?
Oui. Starship est destiné à lancer les satellites Starlink V3, beaucoup plus capacitaires que les générations actuellement transportées en série par Falcon 9. Flight 13 a testé leur déploiement avec vingt exemplaires de démonstration et Flight 14 doit transporter des satellites V3 de production en orbite.
Starship ira-t-il sur la Lune ?
Une version lunaire appelée Starship HLS est développée avec la NASA. Artemis III doit tester en 2027 des systèmes commerciaux d’atterrissage en orbite terrestre, tandis que la NASA vise Artemis IV au début de 2028 pour le premier nouvel alunissage habité du programme. Le choix du fournisseur dépendra de l’état de préparation des systèmes.
Starship ira-t-il sur Mars ?
Mars constitue l’objectif à long terme de SpaceX. Avant des missions habitées, Starship doit encore démontrer notamment le ravitaillement orbital, les vols de longue durée, la récupération régulière du Ship et la réutilisation rapide des deux étages.
Pourquoi Starship utilise-t-il du méthane ?
Les moteurs Raptor fonctionnent au méthane liquide et à l’oxygène liquide. Ce couple d’ergols permet de bonnes performances et correspond également au projet martien de SpaceX, qui envisage à terme de produire du méthane et de l’oxygène à partir de ressources disponibles sur Mars.
Quand aura lieu le prochain vol de Starship ?
Le prochain vol actuellement préparé est Flight 14. La planification aérienne de la FAA indique une opération au plus tôt le 18 septembre 2026, mais SpaceX n’a pas encore annoncé officiellement de date ni d’heure de lancement. Les informations actualisées sont publiées sur notre dossier Starship 14.
Dernière mise à jour éditoriale : 14 septembre 2026.
Site non officiel. SpaceX France est un site d’information indépendant, ni affilié ni mandaté par SpaceX. « SpaceX », « Starship » et « Starlink » sont des marques de Space Exploration Technologies Corp., citées à titre informatif.