Starship 14 : SpaceX va tenter de capturer le vaisseau, vol orbital en vue

⚡ Dernière mise à jour : 2 août 2026. C’est confirmé. Six jours après le succès du vol 13, Elon Musk a annoncé le 30 juillet que la revue des données était au vert : SpaceX tentera bien la toute première capture du vaisseau (l’étage supérieur) par les bras de la tour lors de Starship 14. Musk a résumé le feu vert d’une phrase : l’atterrissage du vaisseau Ship 40 a été assez précis pour qu’il « aurait été attrapé par les bras de la tour ». Conséquence directe : pour revenir se poser à Starbase, le vaisseau devra d’abord boucler une orbite — ce qui ferait de Starship 14 le premier vol orbital du programme. Véhicules : booster B21 et vaisseau Ship 41. Fenêtre visée : au plus tôt au 3e trimestre 2026, plausiblement fin août ou début septembre. Deux inconnues subsistent : le sort du booster B21 (capture ou amerrissage) et l’autorisation FAA de la zone d’atterrissage élargie. Page enrichie à chaque annonce.

Avec Starship 14 (aussi appelé Starship Flight 14 ou Starship vol 14), SpaceX s’apprête à tourner l’une des pages les plus importantes de son histoire. Après treize vols suborbitaux couronnés par le succès du vol 13, ce quatorzième vol d’essai vise deux « premières » d’un coup : atteindre l’orbite et capturer le vaisseau lui-même au retour, une manœuvre jamais tentée dans l’histoire du vol spatial.

Date envisagée, objectifs, capture du vaisseau, véhicules et enjeux : voici tout ce que l’on sait à ce stade sur Starship 14. La tentative de capture est désormais actée par SpaceX ; en revanche, la date exacte, le sort du booster et l’approbation réglementaire finale restent à confirmer.

C’est acté : SpaceX va tenter de capturer le vaisseau

C’est ce qui fait de Starship 14 une mission potentiellement historique. Jusqu’à présent, SpaceX n’a réussi à attraper avec les bras de sa tour — surnommés « Mechazilla » ou « chopsticks » — que des boosters Super Heavy, le premier étage, et ce à plusieurs reprises depuis la première capture réussie le 13 octobre 2024. Jamais le vaisseau, l’étage supérieur qui revient de l’espace à très haute vitesse et température.

Le lendemain du vol 13, le 25 juillet, Elon Musk avait posé une intention conditionnelle : SpaceX tenterait la capture du vaisseau « sauf si des problèmes sont découverts lors de la revue des données ». Cette condition est désormais levée. Après six jours d’analyse de la télémétrie, des capteurs thermiques et des performances de propulsion de Ship 40, SpaceX a confirmé le 30 juillet que l’attitude et la position finales du vaisseau tombaient dans la fenêtre de tolérance exigée par les bras de la tour. Autrement dit : le vaisseau du vol 13 se serait fait attraper s’il était revenu à Starbase.

Cette validation est cohérente avec les images du vol 13 : lors de sa manœuvre de retournement final, Ship 40 s’était présenté quasiment vertical jusqu’à l’extinction des moteurs, avant un amerrissage en douceur dans l’océan Indien où il a flotté intact. Passer de cet amerrissage contrôlé à une capture par la tour est l’étape logique suivante — c’est précisément le franchissement de ce « verrou » d’ingénierie que Starship 14 doit démontrer, cette fois au-dessus de la terre ferme.

Pourquoi cela impose un vol orbital

Il y a une conséquence incontournable à cette intention : pour être capturé à Starbase, le vaisseau doit revenir jusqu’à son site de lancement. Or, jusqu’ici, tous les vols — y compris le vol 13 — suivaient une trajectoire suborbitale se terminant par un amerrissage à l’autre bout du monde, dans l’océan Indien. Ce choix était délibéré : un vaisseau suborbital qui rencontre un problème pendant sa phase balistique retombe de toute façon au-dessus de l’eau.

Ramener le vaisseau au Texas suppose au contraire qu’il ait d’abord fait le tour de la Terre et qu’il revienne vers Starbase par l’est. Autrement dit : tenter la capture du vaisseau implique un vol orbital. C’est pourquoi Starship 14 sera aussi, mécaniquement, le premier vol orbital du programme — un objectif poursuivi depuis les tout débuts de Starship. Contrairement aux vols précédents, la mission pourrait durer plusieurs heures, voire s’étendre sur près de deux jours selon le profil orbital retenu, avant la désorbitation et le retour au-dessus de Starbase.

Atteindre l’orbite change tout : déploiement de charges utiles à leur altitude opérationnelle (le vol pourrait embarquer de nouveaux satellites Starlink V3), futurs essais de ravitaillement en orbite — indispensables aux missions lunaires et martiennes — et durées de vol bien supérieures. C’est aussi un prérequis du programme Artemis : l’architecture de la NASA exige que Starship atteigne d’abord l’orbite avant toute démonstration de transfert d’ergols ou d’approche lunaire.

Pourquoi capturer le vaisseau est bien plus dur que le booster

Attraper le vaisseau n’a rien à voir avec attraper le booster, et pas seulement à cause de la taille. Le retour du Super Heavy dure environ sept minutes : après la séparation à chaud, il se retourne, exécute un boostback pour inverser sa course, plane vers Starbase et se pose depuis une altitude relativement basse. Le vaisseau, lui, poursuit sa montée jusqu’à une vitesse quasi orbitale, puis doit survivre à une rentrée à plus de Mach 25, enveloppé dans une gaine de plasma, avant d’exécuter son retournement final face à la tour. Sa cellule, ses actionneurs et ses points d’accroche subissent des contraintes thermiques et aérodynamiques bien plus sévères que le booster.

La marge de précision, elle aussi, est d’une autre nature. Un amerrissage tolère une erreur de position de plusieurs kilomètres, l’océan absorbant l’énergie. Une capture par la tour impose au vaisseau d’arriver quasiment vertical, avec sa vitesse annulée exactement au moment où il passe entre les bras, qui se referment alors sous des points porteurs situés sous les volets avant. La tolérance se compte, selon les ingénieurs, en quelques millimètres — sans marge d’erreur. Le vol 13 a fourni le premier jeu complet de données sur le comportement des actionneurs de volets et des algorithmes de guidage dans ces conditions.

Le sort du booster B21 : capture ou amerrissage ?

C’est l’inconnue principale côté premier étage, et elle découle directement du vol 13. Le booster B20 avait réussi son boostback (ses 33 Raptor s’étaient allumés pour la phase de forte poussée), mais son landing burn a échoué : sur les 13 moteurs centraux prévus pour l’allumage initial, seuls 10 se sont allumés et deux se sont éteints, n’en laissant que cinq avant que le booster ne heurte violemment le golfe du Mexique.

SpaceX analyse actuellement la cause de ces défaillances d’allumage avant de décider du profil de retour de B21. L’entreprise pourrait préférer un amerrissage contrôlé au large plutôt qu’une capture par la tour tant que la cause racine n’est pas comprise et corrigée. Tenter une capture du booster et du vaisseau sur le même vol cumulerait les risques d’une mission déjà sans précédent. Aucune décision officielle n’a été communiquée à ce jour.

La question réglementaire : le feu vert de la FAA

Bonne nouvelle sur le plan administratif : la Federal Aviation Administration n’a pas exigé d’enquête d’incident (« mishap investigation ») pour le vol 13, supprimant la pause réglementaire qui avait immobilisé le vol 12 pendant 52 jours après l’amerrissage brutal du booster B19.

Une étape reste toutefois à franchir : la capture du vaisseau au-dessus de la terre ferme suppose une zone d’atterrissage élargie à Starbase, qui nécessite une autorisation FAA distincte. Cette approbation est instruite en parallèle de la préparation des véhicules. Tant qu’elle n’est pas accordée, le profil de capture du vaisseau reste soumis à cette validation.

B21 et Ship 41 : où en sont les véhicules

Starship 14 doit voler avec un attelage entièrement neuf de la génération V3 (Block 3) : le booster Super Heavy B21 et le vaisseau Ship 41, tous deux équipés des moteurs Raptor 3 et des évolutions de bouclier thermique validées sur les vols précédents — un point crucial pour survivre à une rentrée orbitale, plus exigeante qu’une rentrée suborbitale.

Les deux étages progressent sur des voies parallèles :

  • Booster B21 a réalisé ses essais de mise sous pression cryogénique du 18 au 20 juillet 2026. Il est actuellement remisé dans la Mega Bay 1 de Starbase, en attente de sa campagne de static fire.
  • Ship 41 a bouclé deux essais cryogéniques le 30 juin 2026 et a commencé à recevoir ses moteurs Raptor à partir de la semaine du 21 juillet. En prenant la préparation de Ship 40 comme référence, son static fire mono-moteur est attendu mi-à-fin août, la date pouvant glisser si SpaceX attend des données supplémentaires du vol 13 avant de figer la configuration moteur.

Sur la base des chronologies observées pour B20, plusieurs observateurs estiment l’attelage complet prêt au vol vers la fin août, ce qui rend plausible une fenêtre fin août ou début septembre — sous réserve du bon déroulement des static fires, de la décision sur le booster et de l’autorisation FAA.

Starship 14 : quand aura lieu le lancement ?

À ce jour, aucune date ferme n’est confirmée par SpaceX. La cible générale est le 3e trimestre 2026. Gwynne Shotwell, présidente de SpaceX, vise une cadence mensuelle une fois la génération V3 rodée ; le vol 13 ayant décollé le 24 juillet, cette logique placerait le vol 14 au plus tôt en août. Dans les faits, la préparation des véhicules (static fires à venir) plaide plutôt pour fin août ou début septembre, et certains agrégateurs de lancements affichent pour l’instant une date d’attente au 30 septembre.

La date réelle dépendra surtout de trois facteurs : l’achèvement des essais moteurs de B21 et Ship 41, la décision sur le sort du booster, et l’autorisation FAA de la zone d’atterrissage élargie nécessaire à la capture du vaisseau.

Résumé rapide : Starship 14 en un coup d’œil

  • Mission : quatorzième vol d’essai intégré de Starship, troisième de la génération V3
  • Objectif phare : première tentative de capture du vaisseau (Ship) par la tour — désormais confirmée par SpaceX
  • Conséquence : premier vol orbital du programme (la capture l’impose)
  • Statut : revue des données du vol 13 validée le 30 juillet ; reste l’autorisation FAA de la zone élargie
  • Date visée : non confirmée ; NET T3 2026, plausiblement fin août / début septembre
  • Véhicules : booster Super Heavy B21 et vaisseau Ship 41 (Raptor 3)
  • Sort du booster : capture ou amerrissage — non tranché (analyse de l’échec du landing burn de B20)
  • Charge utile possible : nouveaux satellites Starlink V3 (à confirmer)
  • Lieu : Pad 2 de Starbase, Texas — lancement vers l’est

Ce qui reste à confirmer

La tentative de capture du vaisseau est actée, mais plusieurs éléments clés ne seront tranchés qu’à l’approche du vol :

  • le sort du booster B21 (capture par la tour ou amerrissage au large) ;
  • l’autorisation FAA de la zone d’atterrissage élargie ;
  • la charge utile exacte embarquée ;
  • la date et la fenêtre de tir définitives.

Pourquoi Starship 14 est si attendu

Si les ambitions se confirment, ce vol condenserait deux jalons historiques dans une seule mission : atteindre l’orbite et récupérer le vaisseau en vol. Ce serait une étape décisive vers la réutilisation rapide et complète qui fonde tout le modèle économique de Starship — booster ET vaisseau ramenés à la tour, prêts à revoler. La capture du booster a déjà validé ce modèle pour le premier étage ; l’étendre au vaisseau, l’élément le plus coûteux et le plus complexe, ferait s’effondrer le coût au kilogramme placé en orbite.

Les enjeux dépassent la seule prouesse technique. La montée en cadence conditionne le déploiement massif des satellites Starlink V3, qui ne peuvent voler que sur Starship et représentent l’essentiel des revenus futurs de SpaceX. Et chaque progrès rapproche la version Starship HLS, l’atterrisseur lunaire retenu par la NASA pour Artemis — un programme qui repose sur le ravitaillement orbital, impossible sans maîtrise du vol orbital.

FAQ : vos questions sur Starship 14

SpaceX va-t-il vraiment capturer le vaisseau ?

Oui, c’est désormais l’intention confirmée. Après la revue des données du vol 13, achevée le 30 juillet 2026, Elon Musk a annoncé que SpaceX tentera pour la première fois de capturer le vaisseau avec les bras de la tour lors du vol 14. Jusqu’ici, seuls des boosters avaient été capturés.

Pourquoi cela veut-il dire un vol orbital ?

Parce que capturer le vaisseau à Starbase suppose qu’il revienne à son point de départ, donc qu’il ait bouclé une orbite et revienne par l’est. Les treize vols précédents suivaient un profil suborbital, par sécurité. Tenter la capture implique mécaniquement un profil orbital — une première pour le programme.

Quand décolle Starship 14 ?

Aucune date ferme. La cible est le 3e trimestre 2026 ; avec la cadence mensuelle visée par SpaceX et l’avancement des véhicules, une fenêtre fin août ou début septembre est plausible. La date dépendra des essais moteurs, de la décision sur le booster et de l’autorisation FAA.

Le booster B21 sera-t-il aussi capturé ?

Pas forcément. Le landing burn du booster B20 a partiellement échoué au vol 13 (10 moteurs sur 13 allumés, puis deux extinctions), provoquant un impact violent dans le golfe du Mexique. SpaceX analyse la cause avant de décider si B21 tentera une capture ou un amerrissage au large. Cumuler la capture du booster et celle du vaisseau sur un même vol alourdirait un profil de risque déjà inédit.

Quels véhicules voleront ?

Le booster B21 et le vaisseau Ship 41, tous deux de génération V3. B21 a passé ses essais cryogéniques du 18 au 20 juillet 2026 et attend son static fire ; Ship 41, testé le 30 juin, reçoit ses Raptor depuis la semaine du 21 juillet, avec un static fire attendu mi-à-fin août.

Où suivre le lancement ?

Le direct sera diffusé sur le site officiel de SpaceX et sur son compte X @SpaceX, généralement 30 minutes avant le décollage. Nous le relaierons commenté en français sur notre page live dès l’annonce de la date.

Conclusion : le vol de tous les possibles

Starship 14 pourrait être le vol qui fait basculer le programme d’une phase d’essais vers une phase opérationnelle : première orbite, première capture du vaisseau, cadence mensuelle. La condition posée par Musk — une revue de données sans mauvaise surprise — étant désormais levée, l’intention est actée. Restent deux verrous à faire sauter : le choix du profil de retour du booster et le feu vert de la FAA sur la zone d’atterrissage. Entre le succès du vol 13 et cette promesse de capture, la prochaine annonce de date de SpaceX sera l’une des plus attendues de l’année spatiale.

👉 À lire aussi : Starship 13 : Starlink V3 déployés, vaisseau intact, le bilan du vol et notre guide complet du Starship.

Cette page sera mise à jour en continu dès que SpaceX communiquera la date, le profil de vol définitif et le sort du booster B21.

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