Starship 13 : Starlink V3 déployés, vaisseau intact, le bilan du vol

Starship 13 décolle au plus tôt le lundi 20 juillet 2026 après l'abort du 16 juillet. Heure française, objectifs, Starlink V3 et direct du vol.

✅ Vol effectué le 24 juillet 2026. Starship 13 est un succès sur toute la ligne, ou presque. Décollage réussi à 17h51 heure du Texas (00h51 heure de Paris) avec les 33 moteurs allumés, record de pression dynamique au passage de Max Q, déploiement des 20 premiers satellites Starlink V3, rallumage d’un Raptor dans l’espace et surtout un amerrissage en douceur du vaisseau dans l’océan Indien, où il a flotté intact en transmettant sa télémétrie. Seule ombre au tableau : l’atterrissage du booster Super Heavy a échoué, seuls 5 de ses 13 moteurs prévus s’étant allumés pour la manœuvre finale. Retour ci-dessous sur le déroulé du vol.

SpaceX vise déjà plus haut pour la suite : Starship 14 pourrait être le premier vol orbital, avec une capture du vaisseau par la tour.

SpaceX a lancé Starship 13 (aussi appelé Starship Flight 13 ou Starship vol 13), le treizième vol d’essai intégré de la plus grande fusée du monde, le 24 juillet 2026. Deuxième mission de la génération V3, ce vol devait corriger les anomalies du vol 12 et franchir une étape historique : le déploiement des 20 premiers satellites Starlink V3 opérationnels, la charge utile la plus lourde jamais lancée par SpaceX. Objectif atteint — et bien au-delà pour le vaisseau.

Voici le déroulé complet du vol, ses réussites, son unique échec et ce qu’il implique pour la suite du programme.

Un vol qui coche presque toutes les cases

Après un abort à T-0 le 16 juillet et deux reports (le 23 juillet pour cause de visibilité), Starship 13 a fini par s’élancer le vendredi 24 juillet à 17h51 heure du Texas (22h51 UTC, 00h51 à Paris) depuis le pas de tir 2 de Starbase. La fusée de plus de 120 mètres s’est arrachée du sol avec ses 33 moteurs Raptor allumés, effaçant l’échec du 16 juillet où quatre moteurs avaient refusé de s’allumer.

Sur la montée, le véhicule a établi un record de pression dynamique maximale (Max Q) — la conséquence directe du choix de SpaceX de ne pas réduire la poussée à ce moment, afin de soumettre la structure et le bouclier thermique à des charges plus sévères. C’est précisément cette phase que les caméras au sol devaient filmer, et pour laquelle le vol avait été repoussé au 24 juillet en quête d’un ciel dégagé.

La séparation à chaud s’est bien déroulée, et le vaisseau a poursuivi sa trajectoire suborbitale tandis que le booster amorçait son retour.

Les 20 Starlink V3 déployés : la première historique est réussie

C’était l’objectif central de la mission, et il est rempli. Le vaisseau a déployé ses 20 satellites Starlink V3 sur sa trajectoire suborbitale, éjectés un à un par la fente du compartiment façon distributeur « PEZ ». Les derniers satellites ont même allumé de petits projecteurs pour se retourner vers le vaisseau avant de s’éloigner — une séquence d’images inédite.

Surtout, la démonstration technologique a fonctionné : SpaceX a confirmé avoir communiqué avec l’ensemble des satellites via liaisons radio et laser, et récupéré des données de télémétrie essentielles. C’est la première fois que la génération V3 — trop grande pour Falcon 9 et conçue pour ne voler que sur Starship — est déployée dans l’espace. Comme prévu, les satellites, sur la même trajectoire suborbitale que le vaisseau, se sont désintégrés lors de leur rentrée peu après le déploiement ; leur courte vie suffisait à valider la technologie.

Rallumage Raptor et amerrissage en douceur : le vaisseau réussit son examen

Le vaisseau a ensuite réussi le rallumage d’un moteur Raptor dans l’espace, une démonstration ratée sur le vol 12 et indispensable aux futures manœuvres orbitales et de désorbitation.

Mais le clou du vol est venu de la fin de mission. Après une rentrée atmosphérique contrôlée, Ship 40 a exécuté sa manœuvre de retournement et s’est posé en douceur dans l’océan Indien, au large de l’Australie-Occidentale, avant de basculer sur le flanc et de flotter à la surface. « Starship est intact, flotte dans l’océan et transmet sa télémétrie ! », a annoncé SpaceX — certains observateurs parlant du plus doux amerrissage jamais réalisé par un vaisseau Starship. Un contraste saisissant avec les rentrées destructrices des vols précédents.

L’unique échec : le booster rate son atterrissage

Le seul objectif manqué concerne le booster Super Heavy B20. Lors de la manœuvre d’amerrissage contrôlé dans le golfe, seuls 5 des 13 moteurs prévus pour le landing burn se sont allumés. Le booster est arrivé plus vite que la normale et a heurté durement la surface de l’eau.

C’est une déception mesurée : aucune capture par Mechazilla n’était prévue sur ce vol, et l’amerrissage au large servait précisément à tester cette séquence avant d’envisager un retour vers la tour. Le rallumage des moteurs lors du landing burn rejoint ainsi la liste des points à fiabiliser — un écho aux difficultés de rallumage déjà observées sur le boostback burn du vol 12. Pour le reste, le retour du booster (retournement et boostback) s’était correctement déroulé, corrigeant le décalage de 90 degrés qui avait entaché le vol précédent.

Résumé : Starship 13 objectif par objectif

  • Décollage (33 moteurs) : ✅ réussi, à 17h51 CT

  • Record de Max Q sans réduction de poussée : ✅ réussi

  • Séparation à chaud et retour du booster : ✅ réussi (retournement et boostback nominaux)

  • Atterrissage du booster : ❌ échec (5 moteurs sur 13, impact violent)

  • Déploiement des 20 Starlink V3 : ✅ réussi (première historique)

  • Communication radio et laser avec les satellites : ✅ réussie

  • Rallumage d’un Raptor dans l’espace : ✅ réussi

  • Amerrissage du vaisseau dans l’océan Indien : ✅ réussi, vaisseau intact et flottant

Ce que Starship 13 a corrigé par rapport au vol 12

Le profil de Starship 13 reprenait celui du vol 12, avec une série de corrections matérielles et logicielles qui, pour la plupart, ont porté leurs fruits.

Le retour du booster, cette fois dans le bon sens

Lors du vol 12, la manœuvre de retournement du booster après la séparation à chaud s’était effectuée avec un décalage d’environ 90 degrés par rapport à la direction prévue, à cause de légères différences de synchronisation dans l’allumage des moteurs du vaisseau au moment du hot staging. Pour Starship 13, SpaceX avait entièrement revu la séquence d’allumage — un moteur atmosphérique et deux moteurs vide du même côté pour créer le déséquilibre de poussée souhaité. Cette fois, le booster a bien basculé dans la bonne direction.

En revanche, le point faible du vol 12 — les problèmes de rallumage moteur — s’est en partie reproduit lors du landing burn final, malgré les modifications matérielles apportées à B20 et les critères d’alarme recalibrés.

Le rallumage Raptor dans l’espace, réussi cette fois

Sur le vol 12, Ship 39 avait perdu l’un de ses trois Raptor vide environ 40 secondes après la séparation et n’avait pas pu tenter son rallumage. Ship 40, doté d’un système de propulsion modifié, a réussi la manœuvre.

Filmer le bouclier thermique : l’objectif qui a dicté la date

SpaceX voulait documenter le comportement du bouclier thermique par deux voies. Depuis le sol, des caméras longue focale devaient capter des images nettes du vaisseau pendant la phase de pression dynamique élevée — c’est cette exigence de visibilité qui avait motivé le report du 23 au 24 juillet. Depuis l’espace, six des vingt satellites Starlink embarquaient des caméras chargées de filmer le bouclier après le déploiement. Plusieurs tuiles avaient été peintes en blanc pour simuler des tuiles manquantes et servir de cibles visuelles. Les données de cette double observation alimenteront la mise au point des futures méthodes d’inspection en vol.

Retour sur une campagne mouvementée

Abort à T-0 le 16 juillet : deux Raptor remplacés

La première tentative de lancement, le 16 juillet, s’était arrêtée à l’allumage : l’ordinateur de vol avait déclenché un abort automatique à T-0 après que quatre moteurs Raptor du booster ne s’étaient pas allumés correctement (le véhicule ne peut voler qu’avec au maximum trois moteurs manquants). SpaceX a depuis précisé que ces défaillances provenaient de problèmes sur les turbopompes à oxygène des moteurs concernés. Deux Raptor ont été remplacés sur le Super Heavy B20, puis des tests préliminaires supplémentaires ont été menés, achevés le 22 juillet.

Deux reports : le 23 juillet pour cause de visibilité

Le vol a été reprogrammé du 20 au 23 juillet, avant un ultime décalage de 24 heures. Le report du 23 n’était pas un scrub classique : SpaceX n’a pas invoqué le vent ou la foudre, mais la visibilité, insuffisante pour obtenir depuis le sol les images nettes du bouclier thermique pendant l’ascension. La visibilité annoncée pour le vendredi 24 étant jugée idéale, l’entreprise a préféré attendre un jour plutôt que de perdre ces données.

Feu vert de la FAA

Le 13 juillet, la Federal Aviation Administration avait clos l’enquête sur les anomalies du vol 12 et accepté les conclusions de SpaceX (effets thermiques sur des composants de propulsion et mauvais réglages du système d’alarme moteur), levant la dernière condition administrative avant le vol 13.

La chronologie du vol Starship 13

Voici les principaux jalons du vol (horaires approximatifs après le décollage) :

  1. T+0 : décollage à 17h51 CT, 33 moteurs allumés ;

  2. T+58 s environ : Max Q, record de pression aérodynamique ;

  3. ~T+2 min 20 s : séparation à chaud, allumage des moteurs du vaisseau ;

  4. ~T+2 min 25 s : boostback burn du booster (33 moteurs) ;

  5. ~T+6 min 30 s : landing burn du booster — ❌ 5 moteurs sur 13, impact violent dans le golfe ;

  6. ~T+8 min : extinction des moteurs du vaisseau ;

  7. ~T+16 à 28 min : déploiement des 20 Starlink V3 ;

  8. ~T+39 min : rallumage d’un Raptor dans l’espace — ✅ réussi ;

  9. ~T+47 min : début de la rentrée atmosphérique ;

  10. ~T+1 h 05 min : amerrissage en douceur du vaisseau dans l’océan Indien, intact et flottant.

Et maintenant ? Le vol orbital en ligne de mire

Ce treizième essai était sans doute le dernier vol suborbital du programme. Fort de ce succès — déploiement Starlink V3 validé, vaisseau récupérable en douceur, rallumage spatial maîtrisé —, SpaceX pourrait tenter le premier vol orbital de Starship dès la mission suivante. Le booster B21 est déjà entièrement assemblé et un vol 14 est envisageable dès la fin de l’été.

Elon Musk est allé plus loin : sauf problème détecté lors de l’analyse des données du vol 13, SpaceX tentera lors du vol 14 la toute première capture du vaisseau par les bras de la tour — une manœuvre qui, pour ramener le vaisseau à Starbase, impose justement un vol orbital. Tout ce que l’on sait sur Starship 14 est à lire ici.

Le principal chantier restant est clair : fiabiliser le landing burn du booster, dernière étape avant de retenter une capture par les bras de la tour Mechazilla. Pour Starlink, la réussite du déploiement V3 ouvre la voie à la montée en capacité du réseau, ces satellites — jusqu’à 100 000 visés à terme — devant démultiplier débits et couverture. Enfin, chaque progrès sur la propulsion, le bouclier thermique et la réutilisation rapproche SpaceX de la version Starship HLS, l’atterrisseur lunaire du programme Artemis de la NASA.

FAQ : vos questions sur le vol Starship 13

Le vol Starship 13 a-t-il réussi ?

Oui, en très grande partie. Décollage avec les 33 moteurs, record de Max Q, déploiement des 20 Starlink V3, rallumage Raptor dans l’espace et amerrissage en douceur du vaisseau dans l’océan Indien. Seul l’atterrissage du booster a échoué (5 moteurs sur 13, impact violent).

À quelle heure Starship 13 a-t-il décollé ?

Le 24 juillet 2026 à 17h51 heure du Texas (22h51 UTC), soit 00h51 à Paris dans la nuit du vendredi 24 au samedi 25 juillet, depuis le pas de tir 2 de Starbase.

Les satellites Starlink V3 ont-ils été déployés ?

Oui. Les 20 satellites ont été déployés proprement — une première pour cette génération. SpaceX a confirmé avoir communiqué avec tous via liaisons radio et laser. Ils se sont ensuite désintégrés lors de leur rentrée, comme prévu.

Pourquoi l’atterrissage du booster a-t-il échoué ?

Lors du landing burn dans le golfe, seuls 5 des 13 moteurs prévus se sont allumés. Le booster est arrivé trop vite et a heurté durement la surface. C’est le principal point à corriger pour les prochains vols.

Que transportait Starship 13 ?

20 satellites Starlink V3 opérationnels — la charge utile la plus lourde jamais lancée par SpaceX. Six embarquaient des caméras pour scanner le bouclier thermique.

Quelle est la prochaine étape ?

Probablement le premier vol orbital de Starship. Elon Musk a annoncé que le vol 14 tentera la première capture du vaisseau par la tour, sauf problème détecté à l’analyse des données du vol 13. Le booster B21 est déjà assemblé et un vol 14 est possible dès la fin de l’été 2026.

Conclusion : la nuit où Starlink V3 a pris son envol

Starship 13 restera comme le vol qui a inauguré le déploiement des satellites Starlink V3 et prouvé que le vaisseau pouvait revenir intact d’un vol suborbital. L’échec de l’atterrissage du booster rappelle qu’il reste du travail avant la réutilisation complète, mais l’essentiel est acquis : la génération V3 vole, se déploie et se récupère. La prochaine étape s’appelle l’orbite.

Cette page a été mise à jour après le vol. Nous la compléterons avec les analyses de SpaceX et les images du bouclier thermique dès leur publication.

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