En 2026, Sophie Adenot entre dans l’histoire spatiale française : ingénieure, militaire et astronaute, elle devient la deuxième femme française à voler dans l’espace, à l’occasion de sa mission Epsilon à bord de la Station spatiale internationale. Un parcours rare, construit sur une double culture technique et opérationnelle, entre études d’ingénierie, cockpit d’hélicoptère, essais en vol… puis sélection dans la nouvelle génération d’astronautes européens.
Une formation d’ingénieure, entre Toulouse et le MIT
Le socle du parcours de Sophie Adenot commence à Toulouse, à l’ISAE-SUPAERO, où elle se spécialise en dynamique du vol des engins spatiaux et des avions. Une discipline au cœur de tout ce qui vole : trajectoires, stabilité, contrôle, performances.
Elle poursuit ensuite par un master au MIT, en ingénierie des facteurs humains dans les domaines aéronautique et spatial. Son travail porte sur un sujet très concret pour l’exploration : l’adaptation du système vestibulaire (l’équilibre, l’orientation, la perception du mouvement) à la gravité artificielle. Une passerelle directe entre la science du corps humain et les environnements extrêmes du vol.
Des débuts chez Airbus Helicopters, puis le choix de l’Armée de l’air et de l’espace
Avant l’astronautique, il y a l’aéronautique. Sophie Adenot commence sa carrière comme ingénieure chez Airbus Helicopters à Marignane, en travaillant sur la conception de cockpits d’hélicoptères : ergonomie, affichages, interfaces, relation homme-machine.
À partir de 2005, elle rejoint l’Armée de l’air et de l’espace pour devenir pilote d’hélicoptère. Un tournant : passer de la conception à l’action, et du bureau de design aux missions opérationnelles.
Missions de sauvetage : l’école du réel
Entre 2008 et 2012, elle sert dans l’escadron 1/67 Pyrénées à Cazaux sur des missions de recherche et sauvetage (SAR/CSAR). Ce type d’activité forge une culture de l’urgence, de la coordination et de la décision sous pression — des qualités très recherchées dans le spatial habité.
À Villacoublay : chef de mission sur vols gouvernementaux
De 2012 à 2017, elle devient commandant de bord et chef de mission au sein de l’escadron de transport des autorités gouvernementales à Villacoublay, assurant des missions présidentielles et gouvernementales. Un autre registre, mais tout aussi exigeant : rigueur, sécurité, protocoles, gestion d’équipes et d’environnements sensibles.
Pilote d’essai : la première femme sur hélicoptères en France
La suite est une étape majeure : la spécialisation dans l’essai en vol. Formée à l’ETPS (École du personnel navigant d’essais et de réception), Sophie Adenot rejoint la DGA à Cazaux et devient en 2018 la première femme pilote d’essai sur hélicoptères en France.
Le pilote d’essai n’est pas seulement un “excellent pilote” : il pilote, mesure, analyse, documente. Il vérifie les performances, teste des systèmes, qualifie des enveloppes de vol, et sert de lien entre l’ingénierie et l’opérationnel. Cette culture du test, du protocole et de la sécurité correspond parfaitement aux standards du spatial habité.
Son expérience se chiffre :
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plus de 3 000 heures de vol,
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plus de 20 types d’hélicoptères,
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et des compétences complémentaires avec des brevets en parachutisme, planeur et avion léger.
La sélection ESA : une nouvelle génération d’astronautes
En novembre 2022, Sophie Adenot est sélectionnée dans la nouvelle promotion d’astronautes de l’ESA, parmi plus de 22 000 candidats européens. Elle devient alors la seconde femme astronaute française, après Claudie Haigneré.
Elle suit ensuite un an de formation de base au Centre des astronautes de l’ESA à Cologne. En avril 2024, elle obtient son brevet d’astronaute, étape clé qui la rend éligible aux vols spatiaux.
Epsilon : son premier long séjour sur l’ISS avec Crew-12
En mai 2024, l’ESA lui confie sa première mission de longue durée sur l’ISS : Epsilon, avec un départ prévu en 2026 à bord de Crew-12 (SpaceX Crew Dragon).
Cette mission marque plusieurs “premières” et symboles :
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elle devient la première astronaute de la promotion 2022 à voler,
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elle devient la deuxième Française à voler dans l’espace (selon les informations fournies),
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et elle représente à la fois la France, l’ESA et l’Armée de l’air et de l’espace à bord de la Station.



