Elon Musk veut propulser SpaceX en Bourse pour bâtir des datacenter dans l’espace

Elon Musk accélère les préparatifs pour introduire SpaceX en bourse, avec pour horizon une initialisation publique prévue d’ici juillet 2026. Cette décision, qui marque un tournant majeur pour une entreprise historiquement privée, s’inscrit dans une stratégie ambitieuse : construire des centres de données en orbite terrestre alimentés par énergie solaire, optimisés pour les charges de traitement liées à l’intelligence artificielle (IA).

Une IPO motivée par la nouvelle course spatiale de l’IA

Le virage stratégique vers l’introduction en bourse trouve sa source dans un objectif précis : devancer les concurrents dans la prochaine génération d’infrastructure IA. Selon plusieurs sources proches du dossier, Elon Musk veut mettre en service des centres de données orbitaux avant Google, qui a prévu ses premiers tests pour 2027 dans le cadre de son initiative « Suncatcher ».

Pour y parvenir, SpaceX cherche à lever entre 30 et 40 milliards de dollars. Une entrée en bourse donnerait ainsi à l’entreprise les fonds nécessaires pour développer, lancer et opérer une infrastructure numérique hors de l’atmosphère terrestre.

Des avantages physiques et énergétiques majeurs

Installer des centres de calcul en orbite apporte plusieurs bénéfices techniques. D’abord, l’espace offre une exposition continue au soleil. Les panneaux solaires n’ont pas besoin de structures lourdes en verre ou en métal, ce qui réduit leur coût tout en augmentant l’efficacité énergétique.

Autre avantage crucial : le vide spatial facilite le refroidissement. L’évacuation thermique se fait par rayonnement, évitant les systèmes de refroidissement énergivores indispensables aux centres terrestres. Dans un monde en tension énergétique, ce modèle devient particulièrement attractif pour les infrastructures IA dont les besoins explosent.

Des obstacles économiques à surmonter

Malgré ces avantages, les défis économiques sont réels. Actuellement, le tarif de lancement par SpaceX s’élève à 6 500 dollars par kilogramme. Pour atteindre le seuil de rentabilité, le coût devra baisser à 500 $/kg, voire 200 $ selon les modèles de Google.

Musk anticipe une chute massive des coûts grâce à l’optimisation de sa flotte Starship. Il estime pouvoir descendre jusqu’à 100 dollars par kilogramme dans les cinq prochaines années, rendant les centres de données spatiaux économiquement viables bien avant la prévision de ses concurrents.

Une architecture orbitale reposant sur Starship et Starlink Gen-3

Le déploiement de ce réseau spatial repose sur deux éléments clés : le vaisseau Starship et les satellites Starlink de troisième génération.

Starship, conçu pour être réutilisable de bout en bout, pourra lancer jusqu’à 150 tonnes en orbite basse. Cela révolutionnerait le fret spatial, faisant passer la part de SpaceX dans les lancements terrestres de 90 % à 98 % en deux ans.

À son bord, SpaceX prévoit d’emporter 60 satellites Starlink v3 par vol. Ceux-ci, bien plus que de simples relais de télécommunication, intègrent désormais des modules spécialisés pour l’inférence IA en périphérie, avec panneaux solaires surdimensionnés, dispositifs thermiques actifs et logements modulaires pour GPU ou ASIC.

Valorisation record et calendrier serré

Le calendrier de l’introduction en bourse se précise. Musk souhaite finaliser l’opération avant juillet 2026. SpaceX est en train de choisir les banques d’affaires qui piloteront l’opération.

La valorisation de SpaceX connaît déjà une croissance fulgurante. Lors d’un récent marché secondaire, l’action a atteint les 421 dollars, valorisant la société à environ 800 milliards de dollars. L’objectif d’IPO, quant à lui, vise une capitalisation comprise entre 1 et 1,5 trillion de dollars.

Une rupture nette avec la stratégie historique de Musk

Ce changement de cap détonne. Elon Musk affirmait encore récemment que SpaceX ne serait jamais cotée tant que « l’humanité n’aura pas établi une base sur Mars ».

Mais face aux coûts croissants liés au développement de Starship, à l’expansion de Starlink et aux ambitions orbitales, garder SpaceX privée n’est plus viable financièrement. Le modèle commercial éprouvé de Starlink permet aujourd’hui d’envisager une ouverture des capitaux sans compromettre la vision à long terme.

Une vision géopolitique et industrielle à long terme

Le projet de centres de données orbitaux s’inscrit dans une stratégie plus vaste, désignée sous le nom de code « Heart of the Galaxy ». Il s’agit d’unifier les capacités techniques de SpaceX, Tesla et xAI pour bâtir une infrastructure numérique complète dans l’espace profond.

À terme, Musk envisage même de construire des usines lunaires capables de produire des modules satellites en masse, qui seraient lancés via des canons électromagnétiques. Cette vision pourrait aboutir à une puissance de calcul globale dépassant les 100 térawatts.

Un enjeu stratégique pour les géants technologiques

Les conséquences économiques sont considérables. Cette année seulement, le secteur mondial des centres de données prévoit d’investir plus de 500 milliards de dollars dans l’expansion des capacités. Google, qui détient environ 7 % de SpaceX, pourrait voir son investissement dépasser les 100 milliards de dollars de retour évalué en cas de succès de l’IPO.

Dans une course où le ciel n’est plus la limite, SpaceX se positionne en acteur central de l’avenir du calcul mondial. En introduisant l’entreprise en bourse, Elon Musk cherche non seulement du capital, mais aussi à consolider une domination technologique dans une sphère où l’espace devient le nouveau centre de données.

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