Starship 12 et V3 SpaceX prépare un spectaculaire vol test en mars

SpaceX a confirmé viser la mi-mars 2026 pour le premier vol d’essai de la nouvelle version de sa fusée géante Starship V3, marquant une étape décisive dans le développement de son système de transport interplanétaire. Ce lancement, désigné comme le vol 12, doit démontrer les capacités des nouvelles améliorations techniques mises en œuvre après une série d’échecs partiels en 2025, notamment une explosion survenue lors d’un test en novembre dernier.

Un vol test décisif après un revers majeur

Le calendrier de SpaceX avait été remis en question après l’explosion du Booster 18, le premier prototype de la Starship V3, lors d’un test cryogénique le 21 novembre 2025 sur le site de Massey près de Starbase, Texas. Pendant une épreuve de pression à gaz inerte simulant les contraintes d’un vol réel, une rupture du réservoir d’oxygène liquide a entraîné des dégâts suffisants pour rendre l’étage de propulsion inutilisable.

Malgré cet incident, SpaceX a rapidement fabriqué un nouveau booster afin de respecter son objectif d’un vol d’essai au premier trimestre. Le 26 janvier 2026, Elon Musk a déclaré via X qu’un lancement était prévu dans « six semaines », ce qui situe le décollage autour de la mi-mars.

Starship V3 : une fusée plus puissante et modulaire

La Starship V3 amorce un tournant technologique. Conçue pour réaliser des rendez-vous orbitaux et lancer les lourds satellites Starlink de prochaine génération, elle intègre plusieurs améliorations critiques :

  • Des moteurs Raptor V3, plus puissants et plus efficaces.
  • Un système de séparation entre étages revu pour une fiabilité accrue.
  • Une structure optimisée pour la récupération et la réutilisation rapide.
  • Des capacités avancées pour les vols longue durée, le ravitaillement en orbite et les missions au-delà de la Terre.

Le booster Super Heavy qui motorise la V3 est doté de 33 moteurs Raptor, une configuration inédite pour des vols orbitaux.

Objectifs du vol 12 : orbite, récupération et validation

SpaceX ambitionne de valider, lors du vol 12, le profil complet d’un vol orbital, y compris la séparation des étages et la récupération de l’étage supérieur. La tentative de capture du booster par les bras « Mechazilla » de la tour de lancement n’a pas été confirmée pour ce vol, mais pourrait être testée à l’avenir.

Ce vol marque aussi le passage du programme expérimental à une logique de transport régulier. SpaceX prévoit au moins huit lancements en 2026, doublant les statistiques de l’année précédente. Cette cadence est cruciale pour abaisser les coûts par lancement et renforcer la fiabilité du système.

Un rôle crucial pour les ambitions lunaires et martiennes

Starship V3 est au cœur des plans lunaires pilotés par la NASA. Le calendrier d’Artemis III, qui prévoit le retour d’astronautes américains sur la Lune en 2028, dépend d’une démonstration réussie de ravitaillement en orbite, actuellement programmée pour juin 2026. Ce vol intermédiaire exigera que plusieurs Starship effectuent un rendez-vous orbital pour transférer du carburant, une capacité encore jamais démontrée en vol réel.

À plus long terme, la Starship V3 pourrait lancer jusqu’à cinq missions inhabitées vers Mars d’ici la fin 2026, afin de tester les phases critiques d’entrée atmosphérique martienne et d’atterrissage. Un vol habité reste envisagé pour 2028, sous réserve des résultats des essais à venir.

Un développement itératif sous pression

L’année 2025 a été marquée par une série d’essais à haut risque. Si certaines missions ont permis d’atteindre l’orbite et de déployer des charges fictives, d’autres ont échoué en raison de l’approche évolutive assumée par SpaceX. Cette stratégie vise une accélération du développement en testant rapidement des prototypes, au prix d’explosions spectaculaires et de modifications constantes des configurations.

Cette course contre la montre se joue aussi dans un contexte concurrentiel renforcé. La Chine a intensifié ses efforts lunaires, et SpaceX veut consolider sa position en démontrant la faisabilité d’un système réutilisable, modulaire et lourdement chargé.

Vers une introduction en Bourse en 2026

La réussite de la Starship V3 aura également un impact direct sur le calendrier financier de SpaceX. L’entreprise prépare une introduction en Bourse en 2026, et veut montrer que son système de transport spatial peut passer à l’échelle commerciale. Dans cette optique, chaque vol réussi devient un argument stratégique pour renforcer sa valorisation tout en démontrant sa capacité à soutenir des missions spatiales ambitieuses.

Prochain rendez-vous dans le ciel texan

Si les travaux d’intégration se poursuivent sans nouveau retard, le vol 12 pourrait marquer un tournant pour l’avenir de SpaceX et plus largement de l’astronautique privée. L’industrie spatiale observera de près cette tentative, véritable stress test des choix technologiques opérés depuis trois ans.

En cas de succès, la Starship V3 confirmerait son rôle pivot dans les efforts américains pour retourner sur la Lune et atteindre Mars, tout en rapprochant SpaceX de son objectif ultime : rendre la vie multi-planétaire.

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