Transporter-17 : SpaceX déploie 80 satellites, avec du New Space français à bord

Nouveau vol de « covoiturage spatial » réussi pour SpaceX : ce mardi 7 juillet à 9h12 heure de Paris, une Falcon 9 a décollé de la base de Vandenberg, en Californie, pour la mission Transporter-17, avec environ 80 satellites à déployer pour le compte de 81 passagers. Un vol particulièrement suivi côté français et européen — et teinté d’une pointe d’inquiétude, puisque le programme Transporter, principal ascenseur vers l’orbite du New Space, vit ses derniers vols.

Un covoiturage orbital devenu vital pour le New Space

Depuis 2021, les missions Transporter permettent à des dizaines de petits satellites de partager une même Falcon 9, pour une fraction du prix d’un lancement dédié. Symbole du rôle central de ce programme : sur les 81 charges utiles de ce vol, 49 étaient gérées par l’allemande Exolaunch, l’intermédiaire berlinois qui agrège les petits clients. Et signe des temps : anticipant l’arrêt annoncé du programme, Exolaunch a déjà réservé deux Falcon 9 entières pour les prochaines années afin de continuer à servir son carnet de commandes.

Le hasard du calendrier a voulu que le décollage intervienne à l’heure exacte de l’ouverture de la cinquième édition des Assises du New Space, à la Cité des Sciences à Paris — jour de fête pour les acteurs français dont les satellites étaient à bord, mais aussi de questionnements sur l’après-Transporter pour tout l’écosystème.

BRO 31 : le passager français qui marque une étape

La charge utile la plus remarquable pour la filière française : BRO 31, premier satellite de renseignement électromagnétique de nouvelle génération de la société bretonne Unseenlabs, spécialiste de la détection des navires par leurs émissions radio. Avec ses 150 kg, c’est aussi le premier satellite de cette classe fabriqué par la PME toulousaine U-Space — qui plaçait par ailleurs sur ce même vol le gros cubesat Leonav, destiné aux Émirats arabes unis. Deux entreprises françaises à bord d’un seul vol : une bonne illustration de la vitalité du New Space tricolore.

Observation de la Terre, trafic maritime… et calcul IA en orbite

Comme à chaque Transporter, l’essentiel du manifeste relevait de l’observation de la Terre : satellites radar SAR du finlandais Iceye, satellites Grus du japonais Axelspace, plusieurs imageurs EarthDaily du franco-américain Loft Orbital, un Pelican de l’américain Planet, et en passager principal le satellite CAS500-4 de la Corée du Sud. S’y ajoutaient des cubesats de suivi du trafic maritime (Spire), de détection des incendies et divers démonstrateurs technologiques.

Parmi ces derniers, un passager à suivre de près : Nova, de l’américain Apex, un démonstrateur de plateforme dédiée au « Space Computing » — le calcul d’IA en orbite. Un sujet brûlant : c’est précisément cette perspective de centres de données spatiaux qui alimente les projets de méga-constellations à un million de satellites, et l’inquiétude croissante des astronomes que nous détaillions dans notre article sur l’alerte de l’ESO. Nova en est la toute première brique concrète.

Et maintenant ?

La fin programmée des Transporter ne signifie pas la fin du covoiturage orbital — Exolaunch et d’autres intégrateurs affrètent désormais leurs propres vols — mais elle rebat les cartes pour les petits opérateurs, qui perdent leur billet d’entrée standardisé vers l’orbite héliosynchrone. Une transition que nous suivrons de près, comme chaque lancement SpaceX, en direct et commenté en français.

Sources : SpaceX ; Exolaunch ; Unseenlabs.

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