SpaceX doit lancer dimanche 13 septembre les trois derniers satellites de la constellation O3b mPOWER de SES. Le décollage de Falcon 9 est actuellement prévu à 14h49 heure locale en Floride, soit 20h49 à Paris, depuis le complexe SLC-40 de Cape Canaveral. La mission doit placer O3b mPOWER 11, 12 et 13 sur la route de leur orbite terrestre moyenne, à environ 8 000 km d’altitude.
Ce lancement est particulier : les trois satellites fabriqués par Boeing doivent compléter le déploiement de la constellation initiale de 13 O3b mPOWER. Dix appareils sont déjà opérationnels. Les trois derniers devront ensuite relever progressivement leur orbite et effectuer leurs vérifications avant une entrée en service actuellement attendue vers le milieu de l’année 2027.
O3b mPOWER concurrence Starlink sur certains marchés professionnels et gouvernementaux, mais son architecture est très différente : 13 satellites en orbite moyenne plutôt que des milliers de satellites en orbite basse. SES est également l’un des trois opérateurs au cœur du futur réseau européen IRIS².
⚡ Dernière mise à jour : 12 septembre 2026. L’horaire de lancement peut encore évoluer jusqu’au décollage.
Falcon 9 O3b mPOWER : à quelle heure aura lieu le lancement ?
SpaceX vise actuellement le dimanche 13 septembre 2026 pour le lancement de la mission O3b mPOWER depuis le Space Launch Complex 40 de Cape Canaveral, en Floride.
La fenêtre de lancement doit s’ouvrir à :
- Cape Canaveral : 14h49 le 13 septembre ;
- Paris : 20h49 ;
- Bruxelles et Genève : 20h49 ;
- La Réunion : 22h49 ;
- Guadeloupe et Martinique : 14h49 ;
- Guyane : 15h49 ;
- Polynésie française : 8h49 ;
- Nouvelle-Calédonie : 5h49 le 14 septembre ;
- Québec : 14h49 ;
- Abidjan et Dakar : 18h49.
La fenêtre doit durer 87 minutes, jusqu’à 16h16 en Floride, soit 22h16 à Paris.
Si SpaceX ne peut pas décoller dimanche, une possibilité de repli est annoncée pour le lundi 14 septembre avec la même fenêtre.
La retransmission officielle de SpaceX doit commencer environ quinze minutes avant le décollage. Elle sera également accessible depuis notre page SpaceX en direct.
Trois satellites O3b mPOWER partiront ensemble sur Falcon 9
La charge utile est inhabituelle pour cette constellation.
Les précédents lancements O3b mPOWER emportaient généralement les satellites par groupes de deux. Cette dernière mission doit en transporter trois simultanément : O3b mPOWER 11, 12 et 13.
Les trois satellites ont été construits par Boeing dans ses installations d’El Segundo, en Californie, puis livrés à Cape Canaveral au début du mois de septembre.
Selon Boeing et SES, leur lancement doit achever le déploiement de la constellation initiale O3b mPOWER de 13 satellites.
Il faudra toutefois distinguer le lancement de la mise en service : après leur séparation de Falcon 9, les satellites devront encore rejoindre progressivement leur orbite opérationnelle et terminer leurs vérifications.
Boeing vise actuellement une entrée en service des trois appareils vers le milieu de l’année 2027.
O3b mPOWER : un réseau placé beaucoup plus haut que Starlink
O3b mPOWER utilise une architecture très différente de Starlink.
Les satellites Starlink évoluent majoritairement à quelques centaines de kilomètres au-dessus de la Terre. Les O3b mPOWER sont placés à environ 8 000 km d’altitude, en orbite terrestre moyenne ou MEO.
Cette altitude permet à chaque satellite de couvrir une région beaucoup plus vaste.
SES estime ainsi que son système MEO peut atteindre environ 96 % de la population mondiale avec une constellation comptant seulement 13 satellites mPOWER.
En contrepartie, le signal doit parcourir une distance supérieure à celui d’un réseau en orbite basse. La latence reste néanmoins très inférieure à celle d’un satellite géostationnaire situé à près de 36 000 km d’altitude.
À quoi sert O3b mPOWER ?
SES ne cherche pas principalement à vendre une petite antenne Internet directement à chaque particulier.
O3b mPOWER est surtout destiné à fournir de grandes capacités de communication à :
- des opérateurs télécoms ;
- des gouvernements ;
- des forces armées ;
- des compagnies aériennes ;
- des navires et compagnies de croisière ;
- des entreprises ;
- des infrastructures cloud ;
- des sites isolés nécessitant de fortes capacités.
SES indique que les connexions peuvent atteindre plusieurs gigabits par seconde pour certains services, avec des performances configurées en fonction des besoins du client.
Le réseau utilise également une infrastructure terrestre mondiale et peut fonctionner conjointement avec les satellites géostationnaires de SES.
Des satellites capables de déplacer leur capacité là où elle est nécessaire
L’une des principales particularités techniques d’O3b mPOWER se trouve dans ses charges utiles définies par logiciel.
Contrairement à un ancien satellite dont les faisceaux sont largement déterminés avant le lancement, un O3b mPOWER peut modifier électroniquement la manière dont il distribue sa capacité.
Boeing explique que le système peut notamment :
- orienter dynamiquement ses faisceaux ;
- modifier leur puissance ;
- réallouer de la bande passante ;
- adapter la capacité aux zones où la demande évolue ;
- acheminer le trafic vers différentes parties du réseau terrestre.
Cette souplesse est particulièrement intéressante pour les avions, les navires ou les opérations gouvernementales dont les besoins se déplacent géographiquement.
Pourquoi la constellation compte-t-elle finalement 13 satellites ?
Le chiffre de 13 n’était pas celui prévu à l’origine.
SES envisageait initialement une constellation de 11 satellites O3b mPOWER.
Mais en 2023, l’opérateur a détecté sur les quatre premiers appareils un nombre anormal d’arrêts de modules d’alimentation électrique, dont certains étaient irréversibles.
SES et Boeing ont identifié les causes du problème et conclu que la durée de vie et la capacité disponibles sur les premiers satellites seraient inférieures aux prévisions initiales.
La réponse industrielle a consisté à modifier les appareils suivants et à ajouter deux satellites supplémentaires.
SES a ainsi :
- mis en place des mesures compensatoires pour les premiers satellites ;
- modifié les satellites suivants encore en production ;
- ajouté les satellites 12 et 13 au programme ;
- porté la constellation initiale de 11 à 13 satellites.
Le lancement du 13 septembre doit donc également clôturer plusieurs années de modifications techniques après les problèmes rencontrés sur les premières unités.
Dix satellites O3b mPOWER sont déjà opérationnels
SES dispose actuellement de dix satellites O3b mPOWER en orbite et en service.
Les satellites 9 et 10, lancés en 2025, sont entrés en service commercial en mars 2026.
Selon SES, cette nouvelle capacité a amélioré la résilience et les performances du réseau avant l’arrivée des trois derniers appareils.
O3b mPOWER fournit des services commerciaux depuis avril 2024.
SpaceX lance donc les satellites d’un concurrent de Starlink
La situation illustre une particularité du modèle économique de SpaceX.
Falcon 9 va placer en orbite des satellites appartenant à un opérateur qui concurrence Starlink sur certains marchés de la connectivité.
Ce n’est ni la première fois ni une anomalie : SpaceX vend ses services de lancement à de nombreux opérateurs de satellites, y compris lorsqu’ils peuvent être en concurrence avec Starlink.
SES et Starlink se retrouvent notamment sur les marchés de l’aviation, du maritime, des gouvernements et de la connectivité professionnelle.
Mais les deux groupes peuvent aussi être partenaires.
SES a par exemple déjà proposé aux compagnies de croisière une solution combinant la capacité MEO de SES avec le réseau LEO de Starlink.
Il serait donc trop simple de présenter cette mission comme « SpaceX lance son ennemi » : SES est à la fois client de lancement de SpaceX, concurrent de Starlink sur certains marchés et partenaire sur d’autres.
SES joue également un rôle central dans IRIS²
Cette mission possède aussi une dimension importante pour l’Europe.
SES, dont le siège est au Luxembourg, est l’un des trois opérateurs constituant SpaceRISE, le consortium chargé du développement et de l’exploitation d’IRIS².
Dans la nouvelle architecture européenne, SES doit prendre en charge le segment en orbite moyenne constitué de 18 satellites MEO.
L’expérience accumulée depuis plus d’une décennie avec O3b puis O3b mPOWER constitue donc une partie importante du savoir-faire européen utilisé pour IRIS².
O3b mPOWER ne sera pas la dernière génération MEO de SES
Le lancement des satellites 11 à 13 termine la constellation initiale mPOWER, mais pas le développement du réseau en orbite moyenne de SES.
Le groupe travaille déjà sur une nouvelle génération baptisée meoSphere, dont la mise en service est visée à l’horizon 2030.
SES présente cette nouvelle architecture comme complémentaire d’IRIS² et destinée à augmenter fortement les capacités de son réseau MEO.
O3b mPOWER apparaît donc comme une étape entre la première constellation O3b, opérationnelle depuis 2014, et une nouvelle génération de satellites encore en développement.
Quel Falcon 9 lancera les trois satellites ?
La mission doit décoller du SLC-40 de Cape Canaveral.
Selon le manifeste actuellement publié pour la mission, SpaceX prévoit d’utiliser le premier étage B1080 pour son 29e vol.
Ce booster a notamment déjà participé aux missions habitées Ax-2 et Ax-3, à la mission scientifique européenne Euclid, à CRS-30, au lancement du satellite SES ASTRA 1P, à NG-21 ainsi qu’à de nombreuses missions Starlink.
Après la séparation des étages, SpaceX prévoit de tenter une nouvelle récupération du booster sur la barge autonome A Shortfall of Gravitas, positionnée dans l’océan Atlantique.
Pourquoi le booster atterrit-il en mer ?
Pour certaines missions, Falcon 9 dispose de suffisamment de marge pour ramener son premier étage jusqu’à la côte.
Sur d’autres trajectoires, la fusée doit conserver davantage d’énergie pour envoyer sa charge utile vers une orbite plus exigeante.
Le booster effectue alors son retour vers une barge située en mer plutôt que de réaliser une manœuvre complète de retour vers le site de lancement.
La récupération en mer permet à SpaceX de réutiliser le premier étage tout en consacrant davantage de performances à la mission orbitale.
Quand les satellites seront-ils réellement opérationnels ?
Le décollage du 13 septembre ne signifie pas que les trois satellites fourniront immédiatement du service.
Falcon 9 doit les placer sur une orbite de transfert.
Les appareils utiliseront ensuite leur propre propulsion pour rejoindre leur position opérationnelle en orbite moyenne, à environ 8 000 km de la Terre.
Cette phase est beaucoup plus longue que pour un satellite Starlink déployé à quelques centaines de kilomètres d’altitude.
Boeing prévoit actuellement que les trois derniers satellites puissent entrer en service vers le milieu de l’année 2027, après la remontée orbitale et les phases d’initialisation.
Falcon 9 O3b mPOWER : les informations à retenir
- mission : O3b mPOWER 11, 12 et 13 ;
- opérateur : SES ;
- constructeur des satellites : Boeing ;
- lanceur : Falcon 9 ;
- site : SLC-40, Cape Canaveral Space Force Station ;
- date visée : dimanche 13 septembre 2026 ;
- heure locale en Floride : 14h49 ;
- heure de Paris : 20h49 ;
- fenêtre : 87 minutes ;
- repli : 14 septembre avec la même fenêtre si nécessaire ;
- nombre de satellites : 3 ;
- orbite opérationnelle : environ 8 000 km en MEO ;
- constellation : 13 satellites O3b mPOWER au total après cette mission ;
- satellites déjà opérationnels : 10 ;
- entrée en service des 11 à 13 : visée vers mi-2027 ;
- booster prévu : B1080 pour son 29e vol selon le manifeste actuel ;
- récupération prévue : barge A Shortfall of Gravitas.
Comment regarder Falcon 9 en direct le 13 septembre ?
SpaceX doit diffuser le lancement en direct sur sa page officielle consacrée à la mission et sur son compte X.
Le direct doit commencer environ 15 minutes avant le décollage, soit vers 20h34 à Paris si l’horaire de 20h49 est maintenu.
Vous pourrez également retrouver la retransmission et les éventuels changements d’heure sur notre page SpaceX en direct.
👉 Page officielle : SpaceX — O3b mPOWER Mission.
Conclusion : Falcon 9 doit terminer le déploiement d’une constellation européenne stratégique
La mission du 13 septembre n’est pas un simple lancement commercial supplémentaire dans le calendrier extrêmement chargé de Falcon 9.
En plaçant O3b mPOWER 11, 12 et 13 sur leur trajectoire, SpaceX doit achever le déploiement de la constellation initiale de nouvelle génération de SES.
Ces trois satellites doivent apporter davantage de capacité et de résilience à un réseau déjà utilisé par les opérateurs télécoms, les compagnies aériennes, le maritime, les gouvernements et les entreprises.
La mission illustre également une réalité moins spectaculaire que les discours sur la compétition entre constellations : SpaceX peut lancer les satellites d’un concurrent de Starlink tout en continuant à développer son propre réseau.
Pour l’Europe, l’enjeu dépasse O3b mPOWER : SES doit maintenant réutiliser cette expérience en orbite moyenne pour développer une partie d’IRIS², alors que le continent cherche à disposer de ses propres infrastructures spatiales sécurisées.
👉 À lire aussi : notre dossier sur IRIS² et ses 348 satellites, notre article sur Eutelsat OneWeb face à Starlink, notre guide Falcon 9 et notre page des lancements SpaceX en direct.
Sources
- SpaceX — page officielle de la mission O3b mPOWER
- SES — arrivée des trois derniers O3b mPOWER à Cape Canaveral
- Boeing — livraison des satellites O3b mPOWER 11, 12 et 13
- SES — fonctionnement du réseau MEO et O3b mPOWER
- SES — problèmes des premiers satellites et ajout des satellites 12 et 13
FAQ — lancement Falcon 9 O3b mPOWER
SpaceX vise actuellement 14h49 heure locale en Floride, soit 20h49 à Paris, le dimanche 13 septembre 2026. La fenêtre de lancement doit durer 87 minutes. Un repli est prévu le 14 septembre avec la même fenêtre si nécessaire.
Falcon 9 doit lancer trois satellites : O3b mPOWER 11, 12 et 13. Ils doivent compléter le déploiement de la constellation initiale de 13 satellites de nouvelle génération de SES.
O3b mPOWER concurrence Starlink sur certains marchés professionnels, gouvernementaux, maritimes et aéronautiques, mais son architecture et son modèle commercial sont très différents. SES utilise 13 satellites en orbite moyenne à environ 8 000 km, alors que Starlink exploite des milliers de satellites en orbite basse.
SES prévoyait initialement 11 satellites. Après des problèmes de modules d’alimentation détectés sur les quatre premiers appareils, SES et Boeing ont modifié les satellites suivants et ajouté deux exemplaires supplémentaires, les satellites 12 et 13, afin d’augmenter la résilience et la capacité du système.
Les satellites ne seront pas opérationnels immédiatement après le lancement. Ils devront rejoindre leur orbite moyenne et terminer leurs vérifications. Boeing indique actuellement une entrée en service attendue vers le milieu de l’année 2027.



