⚡ Mise à jour du 20 septembre 2026. SpaceX veut changer une nouvelle fois l’échelle de Starlink. L’entreprise demande à la Federal Communications Commission américaine l’autorisation de mettre en orbite et d’exploiter une constellation pouvant compter jusqu’à 100 000 satellites Starlink V3.
Le projet, désigné administrativement comme Gen3 dans le dossier de la FCC, prévoit deux grandes familles d’orbites très basses : entre 323 et 327,5 km, puis entre 473 et 477,5 km. Le 18 septembre, la FCC a officiellement accepté la demande pour dépôt, ce qui ouvre désormais son examen réglementaire.
Attention : SpaceX n’a pas reçu l’autorisation de lancer 100 000 satellites. Ce nombre correspond au maximum demandé. La FCC peut encore imposer des conditions, limiter le nombre d’engins autorisés, différer une partie du dossier ou refuser certaines demandes.
Résumé : ce que demande SpaceX
- Nombre maximal demandé : 100 000 satellites ;
- Dossier FCC : SAT-LOA-20260630-00264 ;
- Dépôt : 7 juillet 2026 ;
- Nouvelle étape : demande acceptée pour dépôt par la FCC le 18 septembre ;
- Premières orbites : 323 à 327,5 km ;
- Deuxièmes orbites : 473 à 477,5 km ;
- Inclinaisons : de 26° à 96,9° ;
- Statut : examen en cours, aucune autorisation finale pour les 100 000 satellites.
Starlink V3 : pourquoi SpaceX demande-t-il 100 000 satellites ?
Le chiffre est spectaculaire. Même pour Starlink, une constellation pouvant atteindre 100 000 satellites représenterait un changement d’échelle considérable.
SpaceX ne demande cependant pas l’autorisation de lancer immédiatement 100 000 engins selon un calendrier déjà fixé. L’entreprise cherche à obtenir un cadre réglementaire lui permettant de développer progressivement une constellation beaucoup plus importante.
L’objectif annoncé est d’augmenter massivement la capacité disponible, d’améliorer la couverture, de réduire la latence et de répondre à une croissance continue du trafic Internet mondial.
SpaceX présente également cette nouvelle architecture comme adaptée à l’arrivée de milliards d’appareils connectés et de systèmes utilisant l’intelligence artificielle.
La FCC ouvre officiellement l’examen de la demande
Le dossier de Space Exploration Holdings, la filiale de SpaceX qui exploite Starlink, a été déposé le 7 juillet 2026.
Le 18 septembre, le Space Bureau de la FCC l’a déclaré acceptable for filing après son examen initial.
Cette formulation administrative est importante : elle signifie que le dossier est suffisamment complet pour poursuivre la procédure.
Elle ne signifie pas que la FCC approuve déjà le déploiement.
La demande peut désormais faire l’objet de commentaires, d’oppositions et d’un examen plus approfondi avant une éventuelle décision.

Deux groupes d’orbites extrêmement basses
La nouvelle constellation serait répartie entre deux ensembles principaux d’altitudes.
| Élément | Demande SpaceX |
|---|---|
| Nombre maximal | 100 000 satellites |
| Groupe orbital bas | 323 à 327,5 km |
| Groupe orbital haut | 473 à 477,5 km |
| Inclinaisons | 26° à 96,9° |
| Statut FCC | Accepté pour dépôt, examen en cours |
À seulement 323 km, les satellites évolueraient nettement plus bas que de nombreux Starlink actuels.
Cette altitude permet de réduire la distance parcourue par les signaux et donc potentiellement la latence. Elle augmente également la traînée atmosphérique : un satellite devenu incontrôlable perd plus rapidement de l’altitude qu’un engin situé beaucoup plus haut.
En revanche, un satellite aussi bas couvre une zone plus petite et se déplace rapidement dans le ciel. Pour maintenir une couverture mondiale permanente et une forte capacité locale, il faut donc multiplier les satellites.
Gen3 et Starlink V3 : ce n’est pas exactement la même chose
Une nuance de vocabulaire est nécessaire.
La demande déposée auprès de la FCC décrit officiellement un nouveau système Gen3. De son côté, Starlink appelle V3 sa nouvelle génération de satellites physiques.
Les deux notions sont étroitement liées à la prochaine évolution du réseau, mais elles ne sont pas strictement interchangeables : Gen3 désigne le système réglementaire demandé à la FCC, tandis que V3 désigne le nouveau satellite présenté par Starlink.
Le terme « Starlink V3 » reste néanmoins le plus compréhensible pour désigner la génération de satellites qui doit accompagner cette montée en capacité.
Chaque Starlink V3 doit atteindre 1 Tbit/s
SpaceX a désormais publié les principales caractéristiques techniques du V3.
Chaque satellite est conçu pour fournir jusqu’à 1 Tbit/s de capacité descendante et 160 Gbit/s de capacité montante.
Par rapport aux V2, SpaceX annonce environ dix fois plus de capacité descendante et vingt-deux fois plus en liaison montante.
- 1 Tbit/s en liaison descendante ;
- 160 Gbit/s en liaison montante ;
- 2 048 faisceaux descendants ;
- 2 048 faisceaux montants ;
- six lasers intersatellites de 400 Gbit/s chacun ;
- 1,2 Tbit/s de capacité de backhaul radiofréquence ;
- des panneaux solaires produisant environ deux fois plus d’énergie que ceux des V2.
Ces chiffres correspondent à la capacité globale du satellite. Ils ne signifient évidemment pas qu’un utilisateur individuel recevra une connexion à 1 Tbit/s.
Starship devient la clé du projet
Une constellation de cette taille impose également de transformer complètement la manière dont SpaceX lance Starlink.
Les satellites V3 sont conçus pour être déployés avec Starship, dont la capacité d’emport est très supérieure à celle de Falcon 9.
SpaceX estime qu’un lancement Starship de V3 pourra à terme ajouter environ vingt fois plus de capacité à la constellation qu’un lancement Falcon 9 de satellites V2.
Le prochain Starship Flight 14, actuellement visé au plus tôt le 28 septembre sous réserve d’approbation réglementaire, doit justement déployer 26 Starlink V3 de production.
Avec 1 Tbit/s annoncé par satellite, SpaceX présente cette seule mission comme pouvant ajouter jusqu’à 26 Tbit/s de capacité descendante au réseau.
Pourquoi l’intelligence artificielle apparaît dans le dossier
SpaceX ne présente plus Starlink uniquement comme un réseau destiné à fournir Internet aux particuliers ou aux zones mal desservies.
La société évoque une infrastructure capable de connecter à terme des quantités massives d’appareils : véhicules, robots, drones, capteurs et autres systèmes utilisant de plus en plus l’intelligence artificielle.
Ces usages peuvent notamment demander beaucoup plus de capacité montante, car les machines produisent elles-mêmes de grandes quantités de données.
La forte progression de la capacité montante annoncée pour V3 — environ vingt-deux fois celle du V2 selon Starlink — prend donc une importance particulière.
100 000 satellites posent aussi de nouvelles questions
L’échelle du système proposé soulève évidemment des enjeux qui dépassent la seule qualité de connexion.
- Comment coordonner autant de satellites avec les autres opérateurs ?
- Comment gérer les risques de collision dans des orbites très fréquentées ?
- Quel serait l’impact sur les observations astronomiques ?
- Comment organiser les fréquences radio sans provoquer d’interférences ?
- Quelle cadence de lancement serait nécessaire pour maintenir une telle constellation ?
- Quel serait l’impact des rentrées atmosphériques d’un très grand nombre de satellites ?
Ces questions feront partie des enjeux examinés pendant la procédure réglementaire.
À ne pas confondre avec le million de satellites Starmind
SpaceX possède actuellement un autre projet réglementaire d’une taille encore supérieure.
L’entreprise a également demandé l’autorisation d’un système pouvant atteindre jusqu’à un million de satellites destinés à des centres de données orbitaux.
Ce projet est lié à la stratégie de calcul spatial développée autour de Starmind.
Les deux dossiers sont distincts : 100 000 satellites Gen3 pour la connectivité d’un côté, jusqu’à un million de satellites de calcul orbital de l’autre.
La FCC peut encore fortement réduire la demande
Le chiffre de 100 000 ne doit donc pas être interprété comme le futur nombre certain de satellites Starlink.
La FCC peut approuver seulement une partie du système, imposer des étapes de déploiement, fixer des conditions supplémentaires ou différer l’examen de certaines orbites et fréquences.
SpaceX a d’ailleurs déjà connu ce type de procédure avec les générations précédentes de Starlink, dont certaines autorisations ont été accordées progressivement plutôt qu’en une seule décision.
Conclusion : Starlink change encore d’échelle
L’acceptation pour dépôt du 18 septembre ne donne donc pas encore le feu vert à SpaceX.
Elle marque néanmoins le début officiel de l’examen d’un projet qui montre jusqu’où l’entreprise veut pousser Starlink.
Les satellites V3 doivent être beaucoup plus puissants, évoluer sur certaines orbites extrêmement basses et être lancés massivement avec Starship.
Avec un plafond demandé de 100 000 satellites, SpaceX ne cherche plus simplement à densifier le réseau existant : elle prépare une infrastructure capable de supporter une quantité de trafic et d’appareils connectés d’un tout autre ordre de grandeur.
Mais avant d’atteindre cette échelle, deux étapes restent indispensables : obtenir les autorisations de la FCC et démontrer que Starship peut déployer les V3 de manière régulière et industrielle.
À lire aussi : notre dossier complet sur Starlink, notre guide Starship, les dernières informations sur Starship Flight 14 et notre dossier sur Starmind AI1.
Sources
- FCC — SAT-LOA-20260630-00264 : demande de SpaceX portant sur un système NGSO pouvant compter jusqu’à 100 000 satellites.
- FCC — avis public du 18 septembre 2026 : demande déclarée acceptable pour dépôt après examen initial.
- Starlink — Version 3 Satellites : capacités techniques officielles annoncées pour les satellites V3.
- SpaceX — Starship Flight 14 : premier déploiement prévu de 26 satellites Starlink V3 de production.
Non. Le 18 septembre 2026, la FCC a accepté la demande de SpaceX pour dépôt après un premier examen. La procédure réglementaire se poursuit, mais aucune autorisation finale de déployer 100 000 satellites n’a encore été accordée.
La demande de SpaceX prévoit deux groupes d’orbites nominales : entre 323 et 327,5 km et entre 473 et 477,5 km, avec des inclinaisons allant de 26° à 96,9°.
Starlink annonce une capacité de conception de 1 Tbit/s en liaison descendante et 160 Gbit/s en liaison montante par satellite V3, avec 2 048 faisceaux dans chaque sens et six liaisons laser de 400 Gbit/s.
Pas exactement. Gen3 est le nom utilisé dans la demande réglementaire déposée auprès de la FCC pour le nouveau système de SpaceX. Starlink V3 est le nom de la nouvelle génération de satellites physiques présentée par Starlink.
SpaceX veut augmenter fortement la capacité totale du réseau, densifier la couverture, réduire la latence et connecter davantage d’utilisateurs et de machines. L’entreprise évoque également la croissance future des appareils et systèmes utilisant l’intelligence artificielle.



