La France vient de terminer un mois de septembre hors norme. Selon le bilan publié par Météo-France, les précipitations ont été inférieures d’environ 70 % à la normale et l’humidité des sols a atteint un niveau jamais observé à cette période de l’année. Septembre 2026 est également devenu le deuxième mois de septembre le plus chaud mesuré en France depuis 1900.
Après un été déjà marqué par une sécheresse historique, l’automne météorologique n’a donc pas commencé par le retour des pluies attendu. Dans une grande partie du pays, les sols ont au contraire continué à perdre de l’humidité.
Les chiffres à retenir :
- +3,1 °C par rapport à la normale 1991-2020 ;
- 2e mois de septembre le plus chaud depuis le début des mesures nationales en 1900 ;
- près de 70 % de déficit de pluie à l’échelle de la France ;
- 3e mois de septembre le plus sec depuis le début de la série pluviométrique en 1958 ;
- un niveau national de sécheresse des sols jamais observé à cette période de l’année ;
- plus de 30 % d’ensoleillement supplémentaire par rapport à la normale ;
- un axe allant du Sud-Ouest au Nord-Est particulièrement touché.
La France n’avait jamais connu des sols aussi secs à cette période
Le chiffre le plus inhabituel du bilan de septembre ne concerne pas directement la température, mais l’état des sols.
Météo-France indique que son indicateur national de sécheresse des sols est resté presque tout le mois à un niveau encore jamais observé pour cette période de l’année.
À la fin de l’été, les précipitations de la deuxième quinzaine d’août avaient brièvement permis une légère amélioration.
Mais ce répit n’a pas duré.
Les températures élevées et l’absence de pluie en septembre ont rapidement asséché de nouveau les premières couches du sol.
Avant les pluies intervenues en toute fin de mois dans le Sud-Est, l’indicateur national s’était même rapproché du record absolu de sécheresse établi pendant le mois d’août 2026.
Il a manqué environ 70 % de la pluie habituelle
Septembre 2026 se classe comme le troisième mois de septembre le moins arrosé en France depuis le début des mesures en 1958.
Le déficit atteint environ 70 % à l’échelle nationale.
Autrement dit, la France n’a reçu en moyenne qu’environ 30 % de la quantité de pluie normalement observée pendant un mois de septembre.
Les précipitations ont été particulièrement rares pendant la majeure partie du mois.
Météo-France ne comptabilise que cinq journées de pluie significative à l’échelle nationale, en considérant les journées avec plus de 1 mm de précipitations.
Un passage pluvieux a concerné le pays le 8 septembre, puis il a fallu attendre la fin du mois pour retrouver des pluies particulièrement abondantes sur certaines régions méditerranéennes.
Certaines régions ont presque passé tout septembre sans pluie
La situation a été particulièrement remarquable dans plusieurs villes.
À Nice, Météo-France indique que la dernière pluie significative avant le mois d’octobre remontait au 24 août.
À Ajaccio, elle remontait même au 20 août.
D’autres villes n’ont connu qu’une seule journée avec une pluie significative pendant le mois, notamment Toulouse, Nancy, Dijon, Bergerac ou Calvi.
Dans de nombreuses régions, septembre est normalement le moment où les premières perturbations automnales commencent progressivement à réhumidifier les sols.
C’est précisément ce mécanisme qui a manqué pendant une grande partie de septembre 2026.
Septembre a aussi été exceptionnellement chaud
Le manque de pluie n’est qu’une partie de l’histoire.
Avec une température moyenne supérieure de 3,1 °C à la normale 1991-2020, septembre 2026 devient le deuxième mois de septembre le plus chaud depuis 1900.
Seul septembre 2023 avait été encore plus chaud, avec une anomalie nationale de +3,6 °C.
Trois épisodes de chaleur se sont succédé pendant le mois.
Celui du 3 au 8 septembre a été particulièrement intense, avec des températures dépassant régulièrement 35 °C dans la moitié sud et atteignant localement environ 40 °C.
Plusieurs records de chaleur sont tombés
De nombreuses stations météorologiques ont enregistré leur température la plus élevée jamais mesurée au mois de septembre.
- Lavaur : 40,3 °C le 6 septembre ;
- Perpignan : 39,4 °C le 5 septembre ;
- Albi : 39,2 °C le 6 septembre ;
- Nîmes-Courbessac : 38,2 °C le 5 septembre ;
- Carcassonne : 38,0 °C le 4 septembre ;
- Toulouse : 37,9 °C le 6 septembre ;
- Strasbourg : 35,1 °C le 8 septembre ;
- Chamonix : 31,5 °C le 4 septembre, à plus de 1 000 mètres d’altitude.
Ces températures élevées ont contribué à accélérer l’évaporation et à assécher davantage les sols.
Quatre mois consécutifs avec plus de 3 °C d’anomalie
Météo-France relève également un autre indicateur inhabituel.
Septembre est le quatrième mois consécutif durant lequel l’anomalie moyenne nationale dépasse +3 °C.
Une telle succession n’avait encore jamais été observée pendant plus de trois mois consécutifs dans la série climatique nationale.
Le mois de septembre s’inscrit donc dans la continuité d’un été 2026 déjà exceptionnellement chaud et sec.
Presque toute la France touchée par une sécheresse rare
La sécheresse n’est pas limitée au pourtour méditerranéen.
Selon Météo-France, la quasi-totalité de la France était concernée à la fin septembre par un niveau de sécheresse des sols qui ne se produit statistiquement qu’environ une fois tous les dix ans à cette période.
Le secteur le plus touché forme un large axe allant du Sud-Ouest au Nord-Est.
Dès le 20 septembre, Météo-France estimait que 84 % du territoire connaissait une sécheresse décennale pour un mois de septembre.
Dans certaines régions, les sols avaient atteint des niveaux encore jamais enregistrés à cette saison.
Des restrictions d’eau dans 93 départements
Cette sécheresse des sols s’accompagne d’une situation hydrologique également tendue.
Selon le Bulletin national de situation hydrologique publié par Eaufrance, 93 départements étaient concernés par des restrictions d’usage de l’eau au 10 septembre.
Parmi eux, 74 départements avaient atteint le niveau « crise », le niveau le plus élevé du dispositif de restrictions.
Le même bulletin indiquait également que 61 % des points d’observation des nappes phréatiques présentaient un niveau inférieur à la normale.
Ces chiffres correspondent à la situation observée en septembre et ne doivent pas être interprétés comme la carte actuelle des restrictions : les arrêtés préfectoraux peuvent évoluer rapidement après des précipitations.
Pourquoi les fortes chaleurs aggravent-elles la sécheresse ?
Une sécheresse ne dépend pas seulement de la quantité de pluie reçue.
Lorsque les températures sont élevées, l’eau présente dans les sols et la végétation retourne plus rapidement vers l’atmosphère par évaporation et évapotranspiration.
Un même déficit de précipitations peut donc avoir des conséquences beaucoup plus importantes lorsque les températures sont anormalement élevées.
Météo-France rappelle que le changement climatique rend les sécheresses plus fréquentes, plus sévères et plus précoces, notamment parce que la hausse des températures accentue ce phénomène d’évaporation.
Le soleil a lui aussi battu presque tous les records
Le manque de nuages a également eu une conséquence très visible : septembre a été exceptionnellement ensoleillé.
À l’échelle nationale, l’excédent d’ensoleillement dépasse 30 %.
Il s’agit du deuxième mois de septembre le plus ensoleillé derrière septembre 1997.
Dans de nombreuses régions, l’excédent a atteint 20 à 30 %, et parfois plus de 40 % du Lyonnais au Nord-Est.
Des villes comme Lyon, Grenoble, Dijon, Clermont-Ferrand, Toulouse, Nice ou Ajaccio n’avaient jamais enregistré autant de soleil en septembre depuis le début de leurs séries de mesures respectives.
Et pourtant, des pluies torrentielles sont tombées dans le Sud-Est
La sécheresse nationale n’empêche pas des épisodes de pluie extrêmement intenses à l’échelle locale.
Les 29 et 30 septembre, un épisode méditerranéen remarquable a touché le Gard et l’Hérault.
Météo-France a notamment relevé 340 mm à Saint-Hippolyte-du-Fort, dans le Gard, et plus de 150 mm à Montpellier.
Ces quantités considérables tombées en peu de temps ne suffisent pourtant pas nécessairement à effacer une sécheresse installée depuis plusieurs mois.
Une partie importante de l’eau peut ruisseler rapidement vers les cours d’eau plutôt que pénétrer profondément dans les sols et alimenter les nappes souterraines.
Comment peut-il y avoir des inondations pendant une sécheresse ?
Les deux phénomènes ne sont pas contradictoires.
La sécheresse décrit un manque d’eau accumulé sur une période relativement longue dans les sols, les rivières ou les nappes.
Une inondation peut au contraire être provoquée par des pluies extrêmement fortes concentrées sur quelques heures.
Un territoire peut donc connaître une sécheresse sévère à l’échelle de plusieurs mois et subir simultanément une crue ou un épisode de ruissellement intense.
Les pluies d’octobre vont-elles mettre fin à la sécheresse ?
Il est encore trop tôt pour l’affirmer.
Météo-France souligne que les pluies de fin septembre et celles attendues au début d’octobre peuvent améliorer temporairement l’humidité des couches superficielles du sol.
Mais la situation accumulée depuis le début de l’été ne peut généralement pas être corrigée par quelques journées pluvieuses.
Pour recharger durablement les nappes et les sols profonds, il faut des précipitations régulières pendant l’automne et l’hiver, à une période où la végétation consomme moins d’eau.
Le bilan du mois de septembre ne permet donc pas de dire aujourd’hui quand cette sécheresse prendra fin.
Une sécheresse de plus en plus fréquente avec le réchauffement
Météo-France relie l’évolution de ce risque à l’augmentation des températures.
Dans les projections climatiques utilisées pour préparer la France à un climat plus chaud, l’assèchement des sols augmente dans toutes les régions.
Dans une France à environ +4 °C de réchauffement, Météo-France estime qu’il pourrait y avoir en moyenne 39 jours supplémentaires de sécheresse des sols par an.
Sur certaines régions méditerranéennes, la durée annuelle pendant laquelle les sols sont secs pourrait atteindre jusqu’à environ huit mois.
Cela ne signifie pas que chaque année reproduira exactement 2026, mais que les conditions favorables à ce type d’épisode deviennent plus fréquentes dans un climat plus chaud.
Ce qu’il faut retenir de septembre 2026
Septembre 2026 cumule donc plusieurs anomalies majeures : chaleur, manque de pluie, soleil exceptionnel et sécheresse record pour la saison.
Le chiffre le plus spectaculaire reste le déficit pluviométrique d’environ 70 %, mais l’état des sols est sans doute plus révélateur encore : alors qu’ils devraient commencer à retrouver de l’humidité à l’entrée de l’automne, ils sont restés à des niveaux exceptionnellement bas.
Les précipitations des prochaines semaines seront donc particulièrement importantes pour déterminer si la France commence enfin à reconstituer ses réserves d’eau avant l’hiver.
Oui. Météo-France classe septembre 2026 comme le troisième mois de septembre le plus sec depuis le début des mesures pluviométriques nationales en 1958, avec un déficit de pluie proche de 70 %.
L’indicateur national d’humidité des sols est resté presque tout le mois à un niveau jamais observé à cette période de l’année. Le record sec absolu, toutes saisons confondues, avait déjà été établi en août 2026.
Oui. Avec une température moyenne supérieure de 3,1 °C à la normale 1991-2020, septembre 2026 est le deuxième mois de septembre le plus chaud observé en France depuis 1900, derrière septembre 2023.
Une sécheresse correspond à un déficit d’eau accumulé sur une période longue, tandis qu’une inondation peut être provoquée par des pluies très intenses tombant en quelques heures. Les deux phénomènes peuvent donc se produire au même moment dans une même région.
Pas nécessairement. Les pluies peuvent rapidement humidifier les couches superficielles du sol, mais la recharge durable des nappes et des sols profonds nécessite généralement des précipitations régulières pendant l’automne et l’hiver.



