Amazon Leo : feu vert pour le rachat de Globalstar, Starlink a un rival sur les smartphones

La FCC autorise Amazon à racheter Globalstar, l'opérateur satellite derrière les SOS de l'iPhone. Amazon Leo veut lancer jusqu'à 5 105 satellites pour connecter les smartphones, face à Starlink.

Amazon a obtenu le feu vert du régulateur américain des télécommunications pour racheter Globalstar, l’opérateur satellite qui assure les messages d’urgence par satellite de l’iPhone. La Commission fédérale des communications (FCC) a approuvé l’opération le mardi 27 octobre 2026. Avec les fréquences de Globalstar, Amazon Leo, l’ex-projet Kuiper, se donne les moyens de connecter directement les smartphones depuis l’espace : exactement le terrain où Starlink a pris une large avance.

L’essentiel en bref

  • La décision : la FCC a autorisé le 27 octobre le transfert à Amazon des licences de Globalstar, jugeant l’opération conforme à l’intérêt public.
  • Le montant : environ 11,6 milliards de dollars selon Reuters.
  • L’enjeu : les fréquences de Globalstar, indispensables pour relier un téléphone ordinaire à un satellite.
  • Le projet : une constellation Amazon Leo dédiée aux smartphones, jusqu’à 5 105 satellites, avec un déploiement visé à partir de 2028.
  • Apple : Amazon reprendrait la participation de 20 % d’Apple dans Globalstar, sans interrompre les services de l’iPhone, selon ses documents déposés.
  • La finalisation : attendue en 2027.

Pourquoi Amazon rachète Globalstar

Globalstar est un opérateur satellite américain ancien et discret, qui exploite une vingtaine de satellites en orbite basse. Son principal atout n’est pas sa flotte mais ses fréquences : des bandes dites L et S, attribuées aux services mobiles par satellite, qui permettent de joindre directement un téléphone sans antenne spéciale. C’est cette ressource rare, accordée au compte-gouttes par les régulateurs, qu’Amazon est venu chercher.

Amazon a annoncé le rachat au printemps 2026. En avril, le groupe a déposé auprès de la FCC une demande pour une constellation Amazon Leo dédiée aux smartphones, de jusqu’à 5 105 satellites, utilisant les fréquences de Globalstar. Elle viendrait s’ajouter à sa constellation d’internet haut débit, autorisée pour plus de 3 200 satellites et dont plusieurs centaines sont déjà en orbite.

Ce que dit la FCC

Dans sa décision, la FCC estime que l’opération améliorera la couverture des zones mal desservies, les communications d’urgence et les services aux entreprises. Elle n’y voit aucun problème de concurrence : Globalstar vend surtout de la capacité pour des objets connectés, de la messagerie et du suivi de flottes, alors qu’Amazon Leo vise l’internet haut débit. Le régulateur souligne aussi que l’opération permettra à un « opérateur bien financé » de proposer des services améliorés vers les téléphones. Une seule entreprise s’y était opposée, en raison d’un litige commercial avec Globalstar déjà soumis à un arbitrage ; la FCC a écarté ses objections.

Et l’iPhone dans tout ça ?

Globalstar fournit depuis 2022 le réseau qui permet aux iPhone d’envoyer des SOS et des messages par satellite. Apple y a investi 1,1 milliard de dollars et détient 20 % de la société qui exploite ses licences ; en échange, Globalstar lui réserve 85 % de sa capacité. Selon un document déposé à la FCC en mai, Amazon prévoit de reprendre cette participation de 20 %, et assure que l’opération ne perturbera pas les services existants d’Apple. Les termes d’un éventuel accord entre Amazon et Apple n’ont pas été rendus publics.

C’est un point clé de la bataille : SpaceX courtise aussi Apple, et le futur modem de l’iPhone 18 pourrait ouvrir la porte à Starlink (lire notre article).

Ce que cela change pour Starlink

Sur la connexion directe des smartphones, SpaceX a pris plusieurs longueurs d’avance. Starlink Mobile revendique plus de 22 millions d’utilisateurs mensuels, et la FCC a autorisé SpaceX à exploiter jusqu’à 15 000 satellites pour les smartphones. Amazon, de son côté, n’a pas encore ouvert commercialement son service haut débit et accumule les retards (notre article sur Amazon Leo).

Mais avec Globalstar, Amazon obtient ce qui manque à la plupart des concurrents de Starlink : des fréquences déjà autorisées pour les téléphones, un réseau en service et un lien avec Apple. Combinés à la puissance financière du groupe, ces atouts en font le rival le plus sérieux de Starlink Mobile à moyen terme, même si sa constellation dédiée ne commencera pas à être déployée avant 2028.

En Europe, le mouvement se double d’une réponse industrielle et politique : Orange, Deutsche Telekom, Telefónica et Vodafone étudient un service mobile par satellite commun, et la Commission européenne veut réserver une partie des fréquences à des opérateurs européens, ce qui a provoqué des menaces de Washington.

Ce qu’il faut retenir

  • La FCC a autorisé le 27 octobre le rachat de Globalstar par Amazon, pour environ 11,6 milliards de dollars.
  • Amazon récupère des fréquences clés pour connecter les smartphones par satellite.
  • Une constellation de jusqu’à 5 105 satellites est prévue, avec un déploiement visé à partir de 2028.
  • Les SOS par satellite de l’iPhone ne devraient pas être perturbés, selon Amazon.
  • Starlink garde une large avance, mais tient là un rival sérieux.

Sources

Amazon a-t-il le droit de racheter Globalstar ?

Oui. La FCC, le régulateur américain des télécommunications, a approuvé le 27 octobre 2026 le transfert des licences de Globalstar à Amazon. La finalisation du rachat, d’environ 11,6 milliards de dollars selon Reuters, est attendue en 2027.

Le SOS par satellite de l’iPhone va-t-il continuer à fonctionner ?

Selon les documents déposés par Amazon à la FCC, le rachat ne doit pas perturber les services existants de Globalstar pour Apple, dont les messages d’urgence par satellite de l’iPhone.

Amazon Leo est-il un concurrent de Starlink ?

Oui. Amazon Leo, l’ancien projet Kuiper, concurrence Starlink sur l’internet par satellite et veut aussi connecter directement les smartphones grâce aux fréquences de Globalstar. Starlink garde toutefois une large avance en nombre de satellites et d’utilisateurs.

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