Le plus gros client de SpaceX ne serait ni la NASA, ni le Pentagone, ni même un opérateur de télécommunications. Derrière l’appellation discrète « client B », utilisée dans les derniers comptes de l’entreprise d’Elon Musk, se cacherait Anthropic, le créateur de l’intelligence artificielle Claude et l’un des principaux concurrents de Grok. C’est la révélation publiée par Bloomberg le 29 octobre 2026, sur la foi d’une personne proche du dossier.
Le montant donne la mesure de l’affaire : ce client non nommé représente 34,5 % du chiffre d’affaires de SpaceX au troisième trimestre 2026. Rapporté aux 14,575 milliards de dollars de revenus déclarés par le groupe, cela correspond à environ 5,03 milliards de dollars en seulement trois mois. Si l’identification faite par Bloomberg est exacte, Anthropic serait donc devenu le premier client individuel de SpaceX, devant les contrats du gouvernement américain.
Attention à la distinction entre les faits et l’enquête : les 34,5 % et les 14,575 milliards de dollars figurent noir sur blanc dans un document officiel transmis à la SEC. En revanche, l’identité du « client B » est attribuée à Anthropic par Bloomberg : le rapport trimestriel de SpaceX ne donne pas lui-même ce nom. La relation commerciale entre les deux sociétés, en revanche, est publique depuis plusieurs mois.
Qui est le mystérieux « client B » de SpaceX ? Ce que Bloomberg affirme
Le 29 octobre 2026, les journalistes Dina Bass, Carmen Arroyo et Loren Grush publient chez Bloomberg une information fondée sur une personne informée des détails commerciaux : Anthropic serait l’entreprise que SpaceX désigne sous l’étiquette « Customer B » dans son rapport financier.
Pourquoi cette précision est-elle importante ? Parce que SpaceX indique le poids de ses clients les plus importants dans son chiffre d’affaires sans dévoiler nécessairement leur identité. Cette présentation permet aux actionnaires de mesurer les risques de dépendance commerciale tout en préservant une partie de la confidentialité des relations avec les clients.
Bloomberg affirme que le client B est le premier client individuel de SpaceX et que ses paiements ont dépassé ceux du gouvernement fédéral américain, jusqu’alors présenté comme le client historique majeur de ses activités. Il ne s’agirait pas de commandes de fusées : le revenu de ce client est intégralement comptabilisé dans la branche Super Intelligence (SI), consacrée notamment à la puissance de calcul et à l’intelligence artificielle.
Le résultat est étonnant : un groupe célèbre pour ses lancements de Falcon 9, le programme Starship et les satellites Starlink gagne désormais une part considérable de son argent grâce à des serveurs informatiques utilisés par une société d’IA.
5 milliards de dollars en trois mois : le calcul exact derrière le titre
Les chiffres sont accessibles dans le rapport trimestriel de SpaceX pour la période close le 30 septembre 2026. Dans la section consacrée à la concentration des revenus, la société fournit les proportions attribuables à ses principaux clients.
| Indicateur | Donnée officielle ou calculée |
|---|---|
| Chiffre d’affaires total de SpaceX au T3 2026 | 14,575 milliards de dollars |
| Part du « client B » dans le chiffre d’affaires | 34,5 % |
| Revenus du client B, calculés à partir des comptes | ≈ 5,03 milliards de dollars |
| Part du « client A » | 16,6 % |
| Part du client B sur les neuf premiers mois de 2026 | 24,2 % |
| Branche à laquelle sont attribués les revenus du client B | Super Intelligence (SI) |
| Identité du client B dans le document | Non divulguée |
| Identité avancée par Bloomberg | Anthropic |
Le calcul est simple : 14,575 milliards × 34,5 % = 5,028375 milliards de dollars. Comme le pourcentage publié est arrondi à une décimale, le résultat doit lui-même être présenté comme une estimation d’environ 5 milliards, et non comme un encaissement vérifié au dollar près.
Autre nuance : il s’agit de chiffre d’affaires comptabilisé, pas nécessairement de sommes intégralement payées pendant ces trois mois. La comptabilité distingue les revenus liés à la fourniture d’un service, les facturations et les encaissements. La valeur de cinq milliards ne correspond donc ni au bénéfice de SpaceX ni à un simple virement unique.
Une révélation… mais le partenariat SpaceX-Anthropic était déjà public depuis mai
La révélation de Bloomberg ne signifie pas que l’existence d’un contrat entre SpaceX et Anthropic vient d’être découverte. Anthropic avait annoncé publiquement un partenariat informatique avec SpaceX dès le 6 mai 2026.
Dans un communiqué publié sur son site, la société de Dario Amodei expliquait avoir signé un accord d’accès à la puissance de calcul du centre de données Colossus 1, avec plus de 300 mégawatts de capacité et plus de 220 000 processeurs graphiques Nvidia devant être mis à disposition progressivement.
SpaceX avait elle aussi cité explicitement Anthropic dans ses documents précédant son introduction en Bourse. Son prospectus modifié déposé auprès de la SEC en juin décrivait des accords d’accès à des ressources informatiques couvrant Colossus et Colossus II, avec environ 325 000 GPU Nvidia associés à la capacité proposée et des paiements contractuels alors décrits à hauteur de 1,25 milliard de dollars par mois.
Pourquoi Bloomberg fait-il donc les gros titres aujourd’hui ? Parce que l’information nouvelle est l’identification du plus gros client du trimestre, et surtout le poids financier exact que représenterait Anthropic dans les comptes de SpaceX. Le marché connaissait la collaboration, mais le rapport trimestriel donne désormais une mesure saisissante de son importance.
Les nombres de GPU publiés à différentes dates doivent être replacés dans leur contexte : le communiqué de mai concernait une capacité initiale, tandis que les documents ultérieurs décrivent des accords plus étendus et une montée en puissance progressive. Ils ne représentent pas nécessairement la même tranche de matériel à la même date.
Pourquoi Anthropic achète-t-il autant de puissance informatique à SpaceX ?
Le modèle économique des grands laboratoires d’intelligence artificielle impose de réunir des quantités gigantesques de puces spécialisées, d’électricité, de réseaux et de systèmes de refroidissement. Ces infrastructures servent à entraîner les modèles de langage, mais aussi à répondre en continu aux demandes des utilisateurs et des entreprises.
Anthropic développe les modèles Claude et des outils comme Claude Code, particulièrement utilisés dans les applications professionnelles et le développement logiciel. La montée en puissance de ces produits nécessite d’augmenter rapidement les capacités de calcul disponibles.
La société achète ainsi des services auprès de plusieurs grands fournisseurs, dont Amazon, Google et Microsoft. Son accord avec SpaceX s’inscrit dans cette stratégie de diversification : multiplier les partenaires permet de disposer de davantage de capacités, tout en limitant les difficultés causées par l’indisponibilité d’un seul fournisseur.
Pour SpaceX, louer une partie de la puissance de ses centres de données permet d’amortir des investissements massifs en infrastructures et de générer des revenus récurrents. Le groupe peut utiliser ses propres ressources pour développer les modèles Grok, tout en commercialisant de la capacité auprès de sociétés tierces.
En pratique, la relation relève avant tout d’un contrat d’infrastructure informatique. Anthropic ne rémunère pas SpaceX pour utiliser des fusées ou des satellites : elle achète du calcul, principalement fourni par des installations terrestres.
Claude contre Grok : Elon Musk gagnerait des milliards grâce à un concurrent
Le paradoxe commercial est particulièrement fort. SpaceX regroupe désormais les activités liées à Grok, l’assistant d’intelligence artificielle associé à Elon Musk, tandis qu’Anthropic commercialise Claude, l’un de ses principaux concurrents dans les modèles d’IA avancés.
Les entreprises se disputent notamment les clients professionnels, les développeurs et les utilisateurs qui recherchent des assistants capables de raisonner, d’écrire du code et de traiter de grands volumes d’informations. Mais cette rivalité de produits ne les empêche pas de signer des contrats industriels.
Si Anthropic est effectivement le client B, une large part de l’activité récente de SpaceX proviendrait ainsi d’un groupe qui concurrence directement son propre logiciel d’IA. C’est une situation que l’on retrouve parfois dans la technologie : des fabricants de puces ou des fournisseurs de cloud travaillent avec des entreprises concurrentes des leurs, parce que les besoins en infrastructures dépassent les frontières commerciales habituelles.
Il serait néanmoins excessif d’affirmer qu’Elon Musk reçoit personnellement cinq milliards de dollars d’Anthropic. Les revenus seraient facturés et comptabilisés au niveau des sociétés du groupe SpaceX. Ils ne sont pas équivalents à une rémunération personnelle ni à un bénéfice net directement disponible pour le dirigeant.
SpaceX : les revenus de l’IA dépassent désormais ceux de Starlink et des fusées
La découverte du poids du « client B » est aussi révélatrice d’une transformation profonde du modèle économique de SpaceX. Les comptes du troisième trimestre présentent trois grands ensembles d’activités :
| Activité SpaceX | Chiffre d’affaires T3 2026 | Part du total |
|---|---|---|
| Super Intelligence (IA, infrastructures et activités associées) | 7,560 Md$ | ≈ 51,9 % |
| Connectivity (Starlink et télécommunications) | 5,248 Md$ | ≈ 36,0 % |
| Space (lancements, développement et activités spatiales) | 1,767 Md$ | ≈ 12,1 % |
| Total | 14,575 Md$ | 100 % |
Source : SpaceX, rapport financier trimestriel déposé à la SEC. Les pourcentages par branche sont recalculés à partir des valeurs publiées et arrondis.
La branche Super Intelligence a dégagé un résultat opérationnel positif de 431 millions de dollars sur le trimestre, alors que les revenus de cette activité ont fortement progressé. Les comptes montrent ainsi que la location de puissance informatique ne sert plus seulement à financer une ambition future : elle pèse déjà dans l’exploitation du groupe.
Si le client B est bien Anthropic, les environ 5,03 milliards de dollars qui lui sont attribuables représenteraient environ deux tiers des 7,56 milliards de revenus de Super Intelligence. Une concentration remarquable pour un groupe qui dispose pourtant de plusieurs activités majeures.
La société spatiale fondée par Musk reste un acteur de premier plan pour les fusées et les satellites. Mais les comptes de 2026 montrent qu’elle doit aussi être analysée comme un fournisseur d’infrastructures d’IA, avec les opportunités et les risques propres à ce marché.
120,5 milliards de dollars : ce que révèle le prospectus d’Anthropic
Le véritable changement d’échelle apparaît dans un autre document officiel. Le 26 octobre 2026, Anthropic a déposé un prospectus d’introduction en Bourse (formulaire S-1) auprès de la SEC. Ce texte détaille ses engagements et accords d’approvisionnement en capacités informatiques.
Il mentionne des accords conclus et amendés entre mai et octobre 2026 avec SpaceX.AI LLC, une filiale détenue à 100 % par SpaceX. Ces contrats pourraient représenter jusqu’à 120,5 milliards de dollars sur des périodes s’étendant jusqu’en 2029, selon les capacités effectivement mises à disposition et les termes des accords.
Lorsque toutes les tranches prévues auront été livrées, ce que le prospectus anticipe pour décembre 2026, les montants pourraient atteindre environ 3,1 milliards de dollars par mois. Ce rythme futur est donc distinct des revenus du troisième trimestre, qui représentent en moyenne environ 1,68 milliard de dollars par mois pour le client B.
Il ne faut surtout pas lire « 120,5 milliards » comme 120,5 milliards de revenus déjà encaissés ou irrévocablement garantis. Le prospectus emploie un plafond contractuel. Le montant final dépendra des capacités livrées, de leur utilisation selon les conditions applicables et de la poursuite des contrats.
Le montant est considérable, mais la manière dont les accords peuvent être interrompus rend leur lecture financière plus complexe qu’un simple contrat ferme de longue durée.
Une clause à 90 jours qui change tout : Anthropic pourrait-il quitter SpaceX en 2027 ?
Le prospectus d’Anthropic détaille des périodes initiales non résiliables qui prennent fin, selon les accords, en janvier 2027 et en mars 2027. Passées ces périodes, chacune des parties pourra mettre fin au contrat concerné moyennant un préavis écrit de 90 jours.
Cette disposition ne signifie pas qu’Anthropic a décidé de rompre ses contrats ou qu’une rupture est probable. Elle signifie qu’il existe une possibilité juridique de sortie après certaines dates, ce qui réduit la visibilité sur la totalité des recettes potentielles annoncées jusqu’en 2029.
Pour SpaceX, l’enjeu est majeur. Une entreprise qui génère un tiers de ses revenus auprès d’un seul client peut rapidement subir une variation importante de son chiffre d’affaires si ce dernier réduit sa consommation, renégocie les prix ou décide de changer de fournisseur.
Dans le cas présent, le risque ne doit toutefois pas être résumé à un arrêt brutal et certain de cinq milliards de dollars par trimestre : les obligations effectives, les échéances et la possibilité de replacer les capacités de calcul auprès d’autres entreprises nécessiteraient une analyse contractuelle détaillée.
La stratégie industrielle de SpaceX vise précisément à conserver des centres de données utilisables pour ses propres besoins ou commercialisables à des tiers. Revendre rapidement une capacité équivalente au même prix n’est cependant pas garanti.
Quel risque pour SpaceX et l’action SPCX en Bourse ?
Pour un investisseur, la révélation a deux lectures. La première est favorable : SpaceX a su construire une activité d’infrastructure informatique capable d’attirer un client de premier plan et de contribuer massivement à ses revenus.
La seconde est plus prudente : 34,5 % du chiffre d’affaires dépendrait d’un seul client, qui dispose de clauses permettant de mettre fin à certains accords dès 2027. Une telle concentration rend les prévisions financières sensibles à une négociation commerciale dont les détails sont en grande partie inconnus du public.
Le document de SpaceX fournit aussi deux autres informations utiles. Le client A représente 16,6 % des revenus trimestriels, mais il n’est pas non plus identifié dans le tableau de concentration. Et un client représentait 27,7 % des créances commerciales nettes au 30 septembre 2026. Le rapport ne dit pas, dans cet extrait, qu’il s’agit du même client que le client B.
Il serait donc excessif de supposer que toutes les concentrations financières renvoient automatiquement à Anthropic. En revanche, l’ensemble des données confirme qu’un petit nombre de gros clients joue un rôle important dans l’économie de SpaceX.
À court terme, la réaction de SPCX dépendra aussi de bien d’autres facteurs : marges de Super Intelligence, investissements en centres de données, résultats de Starlink, essais Starship, demande mondiale en puces Nvidia et anticipations des investisseurs. La révélation de Bloomberg ne fournit pas, à elle seule, un objectif de cours.
Sur SpaceXFrance, retrouvez notre analyse : Action SpaceX : SPCX se rapproche des 140 dollars, faut-il craindre une nouvelle chute ?.
Comment SpaceX a-t-il construit des centres de données aussi puissants à Memphis ?
Les contrats évoqués portent principalement sur des ressources de calcul situées autour de Memphis, dans le Tennessee. Le site Colossus est lié aux investissements massifs d’Elon Musk dans l’entraînement et l’exploitation de grands modèles d’intelligence artificielle.
Les besoins sont industriels : il faut non seulement acheter des milliers de processeurs graphiques, mais aussi alimenter les installations en énergie, organiser les connexions réseau entre les machines, assurer leur refroidissement et garantir une disponibilité adaptée aux logiciels professionnels.
Le rapport trimestriel de SpaceX donne une idée de l’échelle de ces investissements. Au 30 septembre, la valeur comptable brute des serveurs et équipements réseau atteint environ 43,2 milliards de dollars, tandis que les constructions en cours s’élèvent à environ 23,7 milliards. Ces postes ne correspondent pas exclusivement au contrat Anthropic, mais ils illustrent l’importance prise par l’infrastructure numérique dans le groupe.
Le coût des installations rend les contrats de grande ampleur particulièrement précieux : disposer d’un acheteur capable de réserver des capacités importantes aide à rentabiliser le matériel. Mais la durée réellement garantie de ces réservations constitue alors un paramètre essentiel.
Pourquoi un rival d’Elon Musk choisirait-il de travailler avec lui ?
Le monde de l’intelligence artificielle obéit à une logique différente de la compétition ordinaire entre applications. Développer un bon modèle ne suffit pas : il faut disposer, au moment voulu, d’un très grand nombre de GPU et d’une puissance électrique abondante.
Une entreprise peut donc concurrencer un fournisseur sur les logiciels tout en lui achetant de l’infrastructure. Dans le cas d’Anthropic, le calcul industriel est clair : si la capacité de SpaceX peut être déployée rapidement et dans des conditions compétitives, la société peut y trouver un intérêt indépendamment des rivalités médiatiques entre dirigeants.
Pour SpaceX, la location de puissance informatique à Anthropic permettrait de monétiser une partie d’un parc de serveurs, tout en poursuivant les ambitions de Grok. Cette situation met en lumière le poids croissant des infrastructures physiques derrière une industrie souvent réduite, dans le débat public, aux performances des chatbots.
Le paradoxe est donc commercial plutôt que technique : Claude et Grok s’affrontent sur les usages, tandis que SpaceX et Anthropic font affaire sur les machines nécessaires pour faire fonctionner l’IA.
Un indice important se cachait déjà dans les anciens documents financiers
Le rapport du troisième trimestre permet de replacer l’ascension du client B dans le temps. Sur les neuf premiers mois de 2026, il représente 24,2 % des revenus de SpaceX. Pourtant, sur la période comparable de 2025, il ne dépassait pas le seuil de 10 % à partir duquel l’entreprise distingue ses clients significatifs dans cette présentation.
Le passage à 34,5 % au seul troisième trimestre 2026 suggère donc une montée en puissance particulièrement rapide. Cette évolution concorde avec l’extension du partenariat informatique annoncé en mai, puis avec les accords modifiés au fil de l’année.
Elle explique aussi pourquoi l’information Bloomberg est devenue un sujet de marché : la véritable nouveauté ne tient pas seulement au nom « Anthropic », mais au fait que cette relation est devenue suffisamment importante pour transformer la structure même des revenus de SpaceX.
Les investisseurs doivent désormais regarder la firme de Musk à travers deux questions complémentaires : combien les activités de fusées et de satellites rapportent-elles, et quelle part des investissements dans l’IA repose sur la demande de quelques géants du secteur ?
Ce qu’il faut retenir de la révélation sur le « client B » de SpaceX
Les faits sont désormais clairement séparables. SpaceX confirme dans ses comptes qu’un client B représente 34,5 % de ses 14,575 milliards de dollars de revenus trimestriels, soit environ 5,03 milliards de dollars. Les documents ne nomment pas ce client, mais Bloomberg indique qu’il s’agit d’Anthropic, d’après une source proche du dossier.
La coopération entre les deux entreprises ne sort pas de nulle part : Anthropic et SpaceX avaient déjà annoncé un partenariat d’infrastructure informatique en mai 2026. Ce qui surprend aujourd’hui, c’est son ampleur. L’entreprise derrière Claude serait devenue le premier client individuel du groupe de Musk, malgré sa concurrence directe avec Grok.
Enfin, le prospectus d’Anthropic évoque jusqu’à 120,5 milliards de dollars d’accords informatiques avec SpaceX jusqu’en 2029, mais ces montants ne sont pas des revenus garantis : les contrats prévoient des possibilités de résiliation, selon les cas, après janvier et mars 2027 avec 90 jours de préavis. C’est la principale zone de risque que l’enquête sur ce mystérieux client fait apparaître.
FAQ : Anthropic, le « client B » et les 5 milliards de SpaceX
Qui est le client B de SpaceX ?
Selon une enquête publiée par Bloomberg le 29 octobre 2026, il s’agirait d’Anthropic, le développeur de Claude. Le rapport trimestriel de SpaceX confirme le poids financier du client B mais ne dévoile pas son identité.
Combien Anthropic aurait-il rapporté à SpaceX en trois mois ?
Environ 5,03 milliards de dollars, calculés à partir des 14,575 milliards de chiffre d’affaires trimestriel de SpaceX et de la part de 34,5 % attribuée au client B. Ce montant est du chiffre d’affaires estimé, pas un bénéfice net.
Quel pourcentage des revenus de SpaceX proviendrait d’Anthropic ?
34,5 % au troisième trimestre 2026, si l’identification de Bloomberg est exacte, et 24,2 % sur les neuf premiers mois de 2026 pour le client B tel qu’il figure dans les comptes.
Pourquoi Anthropic travaille-t-il avec SpaceX alors que Claude concurrence Grok ?
Parce que le partenariat porte sur la location de puissance informatique destinée à l’entraînement et à l’exploitation de modèles d’IA. Les deux sociétés peuvent se concurrencer sur les logiciels tout en collaborant commercialement sur les infrastructures.
Le contrat de 120,5 milliards de dollars est-il garanti ?
Non. Le prospectus d’Anthropic décrit un montant pouvant atteindre 120,5 milliards de dollars jusqu’en 2029, avec des possibilités de résiliation après des périodes initiales non résiliables se terminant en 2027.
Anthropic peut-il arrêter de payer SpaceX en 2027 ?
Les accords prévoient des droits de résiliation, selon les contrats, après janvier ou mars 2027, moyennant 90 jours de préavis écrit. Cela ne signifie pas qu’Anthropic a choisi de mettre fin à sa relation avec SpaceX.
SpaceX avait-il déjà révélé sa collaboration avec Anthropic ?
Oui. Anthropic avait annoncé un partenariat avec SpaceX dès mai 2026, et les prospectus de SpaceX détaillaient déjà des accords de fourniture de puissance de calcul. La nouveauté est l’identification supposée du « client B » des derniers comptes et son importance financière.
Quels sont les risques pour l’action SpaceX SPCX ?
La forte dépendance potentielle à un seul client et les clauses de résiliation peuvent rendre la croissance des revenus plus incertaine. Mais aucun mouvement boursier précis ne peut être prédit à partir de cette seule information.
Sources officielles et enquête Bloomberg
- Bloomberg, 29 octobre 2026 — enquête de Dina Bass, Carmen Arroyo et Loren Grush identifiant Anthropic comme le client B.
- SEC, rapport de SpaceX pour le trimestre clos le 30 septembre 2026 — chiffre d’affaires, client B à 34,5 %, concentration des revenus et branche Super Intelligence.
- SEC, prospectus S-1 d’Anthropic déposé le 26 octobre 2026 — contrats avec SpaceX.AI, plafond de 120,5 milliards, montée en puissance et clauses de résiliation.
- Anthropic, 6 mai 2026 — annonce officielle de l’accord d’accès au centre de données Colossus 1 de SpaceX.
- SEC, prospectus antérieur de SpaceX — Anthropic déjà nommément cité comme client de l’infrastructure Colossus.
- Investing.com, 29 octobre 2026 — synthèse de la révélation Bloomberg et de ses implications financières.
Article préparé le 30 octobre 2026. L’identification d’Anthropic comme « client B » est rapportée par Bloomberg et non confirmée nommément dans le rapport trimestriel de SpaceX. Les montants de contrats prospectifs représentent des plafonds, non des encaissements certains. Ce contenu est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.



