Starlink vient de franchir une étape majeure avec Starship Flight 14. Le 28 septembre 2026, SpaceX a placé en orbite 26 satellites Starlink V3, les premiers exemplaires de cette nouvelle génération destinés à rejoindre durablement la constellation après un lancement par Starship.
L’événement dépasse largement le simple déploiement de vingt-six nouveaux satellites. Chaque Starlink V3 est conçu pour prendre en charge jusqu’à 1 Tbit/s de capacité descendante, soit une capacité théorique cumulée pouvant atteindre 26 Tbit/s pour cette seule mission.
SpaceX affirme que Flight 14 ajoute ainsi environ dix fois plus de capacité qu’un lancement classique de satellites V2 Mini par Falcon 9. Et cette première mission orbitale n’exploite pas encore nécessairement tout le potentiel que SpaceX prévoit à terme pour le couple Starship / Starlink V3.
Dernière mise à jour : 30 septembre 2026. Les 26 satellites ont été déployés et SpaceX indique avoir établi le contact avec chacun d’eux. Ils doivent encore terminer leurs vérifications et relever progressivement leur orbite avant leur mise en service.
26 Starlink V3 réellement placés en orbite pour la première fois
Starship avait déjà transporté des satellites V3 avant Flight 14, mais la situation était très différente.
Lors de Flight 13, le 24 juillet 2026, Ship 40 avait déployé 20 satellites Starlink V3 de production. Ces engins suivaient cependant la même trajectoire suborbitale que le Starship et n’étaient pas destinés à rejoindre durablement la constellation.
Flight 14 marque donc le véritable changement d’échelle : après la première insertion orbitale de Starship, Ship 41 a commencé à déployer ses 26 satellites environ 34 minutes après le décollage.
La séquence s’est étendue sur environ trente minutes avant que SpaceX confirme la fin du déploiement.
Les 26 Starlink V3 étaient alors réellement en orbite terrestre.
SpaceX a établi le contact avec les 26 satellites
Le déploiement depuis Starship n’était que la première étape.
SpaceX a ensuite indiqué que l’équipe Starlink avait établi le contact avec les vingt-six satellites.
Cette phase est indispensable pour confirmer que les engins ont survécu au lancement et au déploiement et qu’ils peuvent communiquer avec l’infrastructure de Starlink.
Les satellites doivent ensuite déployer leurs antennes et leurs panneaux solaires, communiquer avec le sol et les autres satellites via leurs liaisons radio et laser, puis commencer à relever leur orbite à l’aide de leur propulsion embarquée.
Ils ne doivent donc pas être décrits comme vingt-six satellites déjà pleinement opérationnels au moment de leur séparation de Starship.
26 Tbit/s de capacité descendante sur un seul lancement
La principale différence entre Starlink V3 et les générations précédentes se trouve dans la capacité de communication.
SpaceX annonce pour chaque satellite :
- 1 Tbit/s de capacité descendante ;
- 160 Gbit/s de capacité montante ;
- 2 048 faisceaux descendants ;
- 2 048 faisceaux montants.
À titre de comparaison, SpaceX indique que Starlink V2 utilisait 192 faisceaux descendants et 144 faisceaux montants.
La capacité descendante annoncée est ainsi environ dix fois supérieure par satellite à celle de V2, tandis que la capacité montante est multipliée par environ vingt-deux.
Pour Flight 14, SpaceX présente donc une capacité descendante cumulée pouvant atteindre 26 Tbit/s une fois les satellites intégrés au réseau.
Non, cela ne signifie pas 1 Tbit/s pour chaque utilisateur
Le chiffre de 1 Tbit/s peut facilement être mal interprété.
Un utilisateur Starlink ne recevra pas une connexion Internet à 1 Tbit/s. Cette valeur désigne la capacité totale descendante que le satellite est conçu pour répartir entre de nombreux faisceaux, terminaux et utilisateurs.
Le débit réellement accessible à un client continue de dépendre de son abonnement, de la capacité locale du réseau, de la congestion, de son terminal et des conditions de connexion.
L’objectif principal des V3 est plutôt de permettre à Starlink de desservir davantage de clients simultanément tout en augmentant la quantité de bande passante disponible dans les régions les plus sollicitées.
Retrouvez les caractéristiques techniques détaillées dans notre dossier Starlink V3 : la nouvelle génération expliquée.
Six lasers de 400 Gbit/s sur chaque satellite
La montée en capacité ne concerne pas uniquement la liaison entre le satellite et l’antenne de l’utilisateur.
Chaque Starlink V3 dispose également de six liaisons laser intersatellites capables de fonctionner jusqu’à 400 Gbit/s chacune.
Ces lasers permettent aux satellites d’échanger directement des données entre eux sans devoir systématiquement passer par une station terrestre située à proximité de l’utilisateur.
SpaceX veut ainsi constituer un réseau maillé laser à très haute capacité capable de faire circuler les données sur de grandes distances à travers la constellation.
Les V3 disposent également de quatre antennes de liaison radiofréquence utilisant les bandes Ka, E, V et W. SpaceX annonce une capacité de backhaul RF pouvant atteindre 1,2 Tbit/s par satellite.
Plus de 2 000 faisceaux dans chaque sens
Un autre changement important se trouve dans les antennes réseau à commande de phase.
Chaque satellite V3 est conçu pour gérer 2 048 faisceaux descendants et 2 048 faisceaux montants.
SpaceX explique que cette augmentation repose notamment sur une nouvelle génération de puces de formation de faisceaux développées en interne.
Les nouvelles puces utilisées dans les antennes sont également conçues pour traiter beaucoup plus de données par modem.
L’objectif est de pouvoir adapter plus finement la capacité du satellite aux besoins du réseau : davantage de données peuvent être concentrées sur une zone très utilisée, tandis qu’une région moins dense peut recevoir une allocation différente.
Starship change complètement l’équation du déploiement
La révolution V3 ne repose pas uniquement sur le satellite lui-même.
Starship fait partie intégrante de l’architecture.
Jusqu’à présent, l’expansion de Starlink repose principalement sur Falcon 9 et les satellites V2 Mini. La fusée peut lancer plusieurs dizaines de satellites à chaque mission, mais la taille et la masse des V3 nécessitent un lanceur beaucoup plus capacitaire pour exploiter pleinement leur potentiel.
SpaceX indique que le couple Starship / Starlink V3 doit à terme permettre de placer dans la constellation environ vingt fois plus de capacité par lancement qu’un Falcon 9 transportant des V2.
Flight 14 constitue une première étape de cette transition. Avec 26 satellites et 26 Tbit/s annoncés, ce vol représente déjà environ dix fois la capacité ajoutée par un lancement Falcon 9 de V2 Mini selon SpaceX.
La différence entre ces deux valeurs est importante : Flight 14 était une première mission orbitale avec 26 V3, tandis que l’objectif à terme du système Starship / V3 est encore plus élevé.
Des panneaux solaires deux fois plus puissants
Toute cette électronique nécessite beaucoup plus d’énergie.
SpaceX indique que les panneaux solaires de Starlink V3 sont conçus pour produire environ deux fois plus de puissance que ceux des satellites V2 lancés avec Falcon 9 depuis 2023.
Leur fabrication utilise également une nouvelle méthode industrielle. SpaceX produit la couverture photovoltaïque sous forme de rouleau continu, puis la découpe en segments d’environ 19 mètres avant d’assembler plusieurs éléments pour constituer le panneau complet.
Ces panneaux sont aussi conçus pour limiter la traînée atmosphérique aux altitudes relativement basses auxquelles les satellites V3 doivent évoluer.
Trois satellites surveillent aussi le bouclier thermique de Starship
Flight 14 ne se contente pas d’utiliser Starship pour transporter Starlink : une partie de la cargaison aide également SpaceX à améliorer Starship.
Trois des 26 satellites ont été modifiés avec des caméras destinées à observer le bouclier thermique de Ship 41.
L’objectif est de prendre des images du Starship après le déploiement afin d’aider les ingénieurs à analyser l’état de ses tuiles thermiques avant le retour dans l’atmosphère.
Le procédé prolonge une expérience déjà menée pendant Flight 13, lorsque plusieurs satellites V3 avaient observé Ship 40 après leur séparation.
Vous pouvez retrouver ces premières images dans notre article Starship filmé dans l’espace par sa propre cargaison.
Quand les 26 V3 commenceront-ils à fournir Internet ?
Le déploiement réussi ne signifie pas que les satellites commencent immédiatement à fournir une connexion aux abonnés.
SpaceX indique qu’après leur séparation de Starship, les satellites doivent déployer leurs antennes et panneaux solaires, établir leurs communications, utiliser leurs propulseurs pour relever leur orbite et terminer une série de vérifications en vol.
Si ces opérations se déroulent correctement, SpaceX estime que les satellites pourraient commencer à servir des clients quelques semaines après leur lancement.
Il s’agit donc d’un objectif conditionnel et non d’une date garantie de mise en service des vingt-six satellites.
Ce que cela peut changer pour les utilisateurs Starlink
L’arrivée de V3 ne devrait pas provoquer du jour au lendemain une multiplication spectaculaire du débit de tous les abonnés.
L’effet devrait être progressif, à mesure que SpaceX ajoutera de nouveaux V3 dans différentes orbites et régions.
Une augmentation de la capacité disponible peut notamment aider Starlink à :
- desservir davantage d’utilisateurs simultanément ;
- réduire la saturation dans certaines cellules du réseau ;
- augmenter progressivement les débits proposés ;
- allouer plus finement la capacité selon la demande locale ;
- augmenter la quantité de données transportée entre satellites et stations au sol.
Les offres commerciales et leurs débits restent toutefois une décision séparée de SpaceX. Une augmentation de la capacité orbitale ne constitue donc pas une garantie automatique d’augmentation du débit maximal d’un abonnement particulier.
Pour les offres et les performances actuelles en France, consultez notre guide Starlink en France.
Flight 14 transforme aussi le rôle de Starship
Jusqu’à Flight 14, Starship était avant tout un véhicule expérimental.
Le vol du 28 septembre marque une transition importante : pour la première fois, le vaisseau a atteint une véritable orbite puis livré une charge utile destinée à y rester.
Starship devient donc progressivement un lanceur capable de participer directement au développement commercial de Starlink, et non plus seulement un programme de tests.
Cette dépendance fonctionne également dans l’autre sens. Pour exploiter pleinement les V3, SpaceX doit réussir à augmenter la fréquence des lancements orbitaux de Starship.
La vitesse à laquelle Starlink pourra passer massivement de V2 à V3 dépendra donc en grande partie de la cadence de lancement que SpaceX parviendra à atteindre avec Starship.
Flight 14 n’a pourtant pas été entièrement nominal
Le succès du déploiement des Starlink V3 ne doit pas masquer les difficultés du vol.
Un Raptor Vacuum de Ship 41 s’est arrêté prématurément pendant la montée. Les moteurs restants ont compensé et SpaceX a finalement autorisé l’insertion orbitale après avoir vérifié l’état des systèmes nécessaires au retour.
La mission devait initialement durer près de dix heures, mais SpaceX a décidé de ramener Starship beaucoup plus tôt par prudence.
Cette anomalie n’a pas empêché les 26 Starlink V3 d’être déployés ni SpaceX d’établir le contact avec eux, mais elle rappelle que la cadence future de déploiement des V3 dépend encore de la maturation du Starship.
Retrouvez le déroulement complet dans notre bilan de Starship Flight 14.
Starlink V3 entre maintenant dans sa phase réellement orbitale
Flight 13 avait démontré que Starship pouvait transporter et déployer des satellites V3 de production.
Flight 14 franchit l’étape suivante : les satellites sont désormais en orbite et destinés à intégrer réellement le réseau.
Les prochains jalons seront leur montée vers leurs orbites opérationnelles, leur validation en vol puis leur mise en service progressive.
À plus long terme, la question sera surtout de savoir à quelle vitesse SpaceX pourra répéter ces missions. Une génération de satellites capable d’apporter beaucoup plus de capacité n’aura son plein effet que si Starship peut les lancer régulièrement et en nombre.
À lire aussi : tout savoir sur Starlink V3 · le bilan de Flight 14 · notre guide de Starship · Starlink en France : prix, débit et disponibilité.
Starship Flight 14 a déployé 26 satellites Starlink V3 le 28 septembre 2026. Il s’agit des premiers V3 placés par Starship sur une véritable orbite destinée à leur permettre de rejoindre durablement la constellation Starlink.
SpaceX indique avoir établi le contact avec les 26 satellites après leur déploiement. Ils doivent encore terminer leurs vérifications en orbite et relever leur altitude avant leur mise en service complète.
SpaceX annonce jusqu’à 1 Tbit/s de capacité descendante par satellite, soit jusqu’à 26 Tbit/s de capacité descendante cumulée pour les 26 satellites de Flight 14 une fois intégrés au réseau.
Non. Le chiffre de 1 Tbit/s correspond à la capacité descendante totale conçue pour un satellite. Cette capacité est partagée entre de nombreux faisceaux, zones géographiques et utilisateurs.
SpaceX indique que les satellites doivent d’abord relever leur orbite et terminer leurs vérifications. S’ils fonctionnent comme prévu, ils pourraient commencer à servir des clients quelques semaines après leur lancement.



