BepiColombo arrive sur Mercure : pourquoi le 21 novembre est décisif pour l’Europe

Après huit ans de voyage, BepiColombo doit entrer en orbite autour de Mercure le 21 novembre 2026. Deux sondes, une mission ESA-JAXA et de nombreux instruments français.

Après huit années de voyage, la mission européenne et japonaise BepiColombo entre dans sa phase décisive. L’Agence spatiale européenne (ESA) prévoit une insertion en orbite autour de Mercure le samedi 21 novembre 2026. Pour la première fois, deux sondes scientifiques doivent ensuite travailler simultanément autour de la planète la plus proche du Soleil. Il ne s’agit pas d’un nouvel atterrissage, mais d’une opération de freinage et de navigation complexe destinée à transformer une trajectoire interplanétaire en orbite mercurienne.

La date du 21 novembre figure dans le calendrier officiel de l’ESA et du CNES. Au 2 novembre 2026, il s’agit toutefois d’une étape à venir : l’insertion n’est pas encore un succès acquis et aucune heure précise confirmée ne doit être inventée. La mission intéresse particulièrement les lecteurs français : elle est partie de Kourou, en Guyane, et huit laboratoires français ont contribué aux instruments embarqués.

Que doit-il se passer le 21 novembre 2026 autour de Mercure ?

Le module de transfert MTM, chargé de propulser la mission durant sa longue croisière, a été séparé avec succès le 3 septembre 2026. Les deux orbiteurs scientifiques sont restés associés pour l’arrivée. C’est désormais le système de propulsion du Mercury Planetary Orbiter (MPO) qui doit réaliser les manœuvres nécessaires pour placer l’ensemble sur une orbite autour de Mercure.

Les contrôleurs du centre européen ESOC, à Darmstadt en Allemagne, suivront les données transmises à travers le réseau de communication lointaine de l’ESA. Le résultat devra être établi par télémétrie et par le suivi de trajectoire. Franchir la date du 21 novembre ne signifiera donc pas que les deux sondes seront déjà sur leurs orbites scientifiques définitives.

L’ESA indique que la séparation de l’orbiteur japonais Mio est prévue les 9 et 10 décembre 2026. MPO doit ensuite ajuster progressivement son orbite jusqu’en mars 2027, avant le démarrage de la phase scientifique nominale en avril 2027. Ces jalons restent soumis au déroulement effectif des opérations.

Un calendrier en trois grandes étapes, et pas une arrivée en une seule seconde

DateÉtapeStatut au 2 novembre
19–20 octobre 2018Décollage sur Ariane 5 depuis KourouConfirmé
3 septembre 2026Séparation du module de transfert MTMConfirmée par l’ESA
21 novembre 2026Insertion en orbite de MercurePrévue par l’ESA
9–10 décembre 2026Séparation de MioPrévue
Mars 2027Ajustements et orbite scientifique de MPOProgrammés
Avril 2027Début nominal des observations scientifiquesPrévu

Sources : ESA, suivi officiel de l’arrivée et calendrier opérationnel ESA. Aucun horaire précis d’insertion n’est confirmé dans ces références.

Pourquoi faut-il huit ans pour atteindre une planète aussi proche du Soleil ?

Mercure est bien plus proche de la Terre que les planètes géantes à certains moments de leurs orbites. Pourtant, se placer durablement autour d’elle est difficile : une sonde qui se rapproche du Soleil accélère naturellement sous l’effet de sa gravité. Pour rester autour de Mercure, elle doit réduire suffisamment sa vitesse relative à la planète, faute de quoi elle la survolerait sans être capturée.

BepiColombo a utilisé la propulsion électrique ionique durant sa croisière, ainsi que neuf assistances gravitationnelles : une autour de la Terre, deux autour de Vénus et six autour de Mercure. Le dernier survol de Mercure a eu lieu en janvier 2025. L’objectif de ces manœuvres est de rendre possible une insertion finale avec la quantité d’ergols embarquée.

Le défi est aussi thermique : à proximité du Soleil, l’appareil doit fonctionner dans un environnement de rayonnement intense. La conception des protections thermiques, l’orientation des panneaux solaires et la répartition des manœuvres sont essentielles pour maintenir des températures compatibles avec ses équipements.

Deux sondes, deux spécialités : MPO et Mio

La mission est dirigée par l’ESA, en collaboration avec l’agence japonaise JAXA. L’orbiteur européen MPO doit étudier la surface, la composition, la structure interne et une partie de l’environnement de Mercure. L’orbiteur japonais Mio doit se consacrer principalement à la magnétosphère, aux particules chargées et aux interactions avec le vent solaire.

Le fonctionnement coordonné des deux engins doit permettre de comparer les phénomènes mesurés près de la planète et plus loin dans son environnement spatial. Mercure possède un champ magnétique propre, malgré sa petite taille ; comprendre son origine et ses interactions avec le Soleil fait partie des grandes questions scientifiques de la mission.

Quel rôle joue la France dans BepiColombo ?

La contribution française dépasse le site de lancement. Le CNES indique que huit laboratoires français sont impliqués dans le programme. Parmi eux, le LATMOS assure notamment la maîtrise d’œuvre scientifique du spectromètre ultraviolet PHEBUS, destiné à étudier l’exosphère extrêmement ténue de Mercure.

Des équipes françaises contribuent aussi à plusieurs instruments d’analyse des particules. L’enjeu est d’observer comment la surface de Mercure et son environnement réagissent aux particules solaires et au rayonnement. Ce rôle est détaillé par le CNES dans l’organisation des charges utiles.

BepiColombo a décollé dans la nuit du 19 au 20 octobre 2018 à bord d’une Ariane 5, depuis le Centre spatial guyanais. L’heure de lancement était 22h45 le 19 octobre à Kourou, soit 03h45 le 20 octobre à Paris. Cette mission de l’ESA et de la JAXA ne dépend pas d’une fusée SpaceX.

Qu’espère-t-on découvrir sur Mercure ?

La mission doit éclairer la composition de la surface et l’histoire géologique de la planète, son gros noyau métallique, son champ magnétique et les substances présentes dans sa très fine exosphère. Les scientifiques souhaitent également comprendre pourquoi de la glace d’eau peut subsister dans certains cratères polaires plongés dans une ombre permanente, malgré la proximité de Mercure avec le Soleil.

Les images produites pendant les survols précédents ont déjà contribué à préparer les observations. Mais les instruments pourront travailler avec une bien meilleure répétition et une couverture géographique plus complète lorsque les orbites scientifiques seront stabilisées en 2027.

À quelle heure suivre l’arrivée de BepiColombo en France et outre-mer ?

La date officielle visée est le samedi 21 novembre 2026. À ce stade, les pages de référence de l’ESA ne donnent pas d’horaire public précis pour le début et la confirmation de la manœuvre d’insertion. Il serait donc incorrect d’afficher un compte à rebours à une heure inventée, que ce soit à Paris, Bruxelles, Genève, La Réunion, aux Antilles, en Guyane, en Polynésie, en Nouvelle-Calédonie, au Québec ou à Abidjan et Dakar.

Lorsqu’une heure en UTC sera officiellement communiquée, nous pourrons la convertir pour tous les territoires francophones, en signalant les changements de date. En attendant, le meilleur suivi est celui des mises à jour en direct de l’ESA.

Ce qui est confirmé et ce qui reste à accomplir

Confirmé : BepiColombo a décollé de Kourou en octobre 2018, accompli les survols nécessaires et séparé son module MTM le 3 septembre 2026. Prévu : l’insertion en orbite de Mercure le 21 novembre, la séparation de Mio début décembre et les opérations scientifiques nominales au printemps 2027.

Le succès de la capture devra être confirmé par télémétrie et annoncé par l’ESA. Retrouvez également notre calendrier des missions spatiales pour les autres rendez-vous de novembre.

FAQ sur BepiColombo et Mercure

Quand BepiColombo doit-elle arriver sur Mercure ?

L’ESA prévoit l’insertion en orbite autour de Mercure le 21 novembre 2026. Au 2 novembre, ce jalon est futur et son succès reste à confirmer.

BepiColombo est-elle une mission de SpaceX ?

Non. Il s’agit d’une mission scientifique ESA-JAXA lancée en octobre 2018 par une fusée Ariane 5 depuis le Centre spatial guyanais.

Pourquoi BepiColombo comprend-elle deux sondes ?

MPO, l’orbiteur de l’ESA, doit principalement étudier la planète. Mio, celui de la JAXA, doit étudier son environnement magnétique et les particules.

Quand commenceront les observations scientifiques autour de Mercure ?

L’ESA prévoit la séparation des deux orbiteurs en décembre 2026 et une phase scientifique nominale à partir d’avril 2027, sous réserve de la réussite des manœuvres.

Quelle est la contribution française à BepiColombo ?

Selon le CNES, huit laboratoires français sont impliqués, notamment dans le spectromètre ultraviolet PHEBUS et plusieurs instruments d’analyse des particules.

Sources officielles et vérifications

Données vérifiées au 2 novembre 2026. Les étapes postérieures à cette date sont des objectifs annoncés et non des résultats acquis. Les pages des agences font foi en cas de modification du calendrier.

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