La capsule Starliner de Boeing doit retourner vers la Station spatiale internationale, mais sans aucun astronaute à bord. La NASA et Boeing visent une mission Starliner-1 inhabitée, au plus tôt en décembre 2026 ou en janvier 2027. L’objectif n’est plus de faire tourner immédiatement un nouvel équipage : il s’agit de vérifier dans l’espace les modifications apportées après les anomalies du vol habité de 2024.
Dans un communiqué officiel du 28 septembre 2026, la NASA explique que Starliner-1 transportera du matériel à l’ISS, tout en servant de vol d’évaluation technique. Le prochain vol avec astronautes, Starliner-2, est désormais envisagé en 2028, à condition de terminer les essais et la certification. Il ne s’agit donc ni d’un abandon annoncé ni d’une reprise des vols habités déjà autorisée.
Pourquoi Starliner-1 ne transportera-t-il pas d’astronautes ?
La raison principale est la nécessité de réduire les risques techniques avant de replacer un équipage à bord. En juin 2024, le vaisseau Starliner avait emmené les astronautes Butch Wilmore et Suni Williams à l’ISS. Pendant l’approche, plusieurs propulseurs de contrôle d’attitude avaient rencontré des anomalies et des fuites d’hélium avaient été observées. Les équipes ont prolongé l’analyse pendant que les deux astronautes restaient dans la station.
La capsule est revenue sans équipage sur Terre en septembre 2024, tandis que les astronautes ont ensuite rejoint la Terre grâce au système de transport Crew Dragon de SpaceX. Ce choix avait pour priorité la sécurité de l’équipage : il ne suffit pas de réussir un amarrage ou un retour automatique pour être immédiatement considéré comme apte à transporter des personnes lors d’un nouveau vol.
La NASA souhaite maintenant utiliser Starliner-1 comme une démonstration opérationnelle sous surveillance pour vérifier le comportement des systèmes dans un environnement réel, tout en apportant une charge utile logistique à l’ISS.
La date de Starliner-1 : décembre 2026 ou janvier 2027 ?
Selon les communications officielles NASA et Boeing du 28 septembre, Starliner-1 a le potentiel de partir en décembre 2026 ou en janvier 2027. La fenêtre demeure conditionnelle à la préparation du véhicule, aux validations techniques et aux décisions de sécurité.
Des agrégateurs spécialisés affichent parfois le 14 janvier 2027 comme date « pas avant ». Cette date n’est pas une fenêtre officiellement annoncée par la NASA ou Boeing : elle ne doit pas être affichée comme une confirmation de décollage, pas plus que les heures génériques « 00h00 UTC » utilisées comme valeurs de remplacement par certains calendriers.
En conséquence, aucune heure de lancement à Cape Canaveral ni heure de Paris ne peut encore être publiée de manière fiable. Lorsqu’une fenêtre officielle sera disponible, il faudra la convertir pour Paris, Bruxelles, Genève, les territoires ultramarins, le Québec et l’Afrique francophone, en indiquant les décalages de date.
Quelles modifications Boeing et la NASA ont-ils apportées ?
Les deux partenaires expliquent avoir travaillé sur la gestion thermique du module de service et les systèmes de propulsion. Starliner-1 doit précisément permettre d’observer si les améliorations fonctionnent en conditions réelles.
- Contrôle thermique : modifications destinées à mieux maîtriser les températures du module de service et de ses propulseurs.
- Propulseurs et valves : nouvelles conceptions et modifications des valves prévues dans le programme de certification, dont certaines doivent être finalisées après la mission d’essai.
- Instrumentation : davantage de données doivent être collectées pour comprendre le comportement des systèmes en fonctionnement.
- Capsule habitée : des améliorations supplémentaires sont prévues pour des vols ultérieurs, notamment sur certains propulseurs, les batteries et des éléments du système de parachutes.
Il faut distinguer les corrections déjà intégrées au véhicule de celles qui restent prévues après Starliner-1. La NASA précise par exemple qu’une modification de conception touchant une valve des propulseurs du module de service doit faire partie des travaux de certification après le vol d’évaluation. Présenter tout le programme comme terminé serait prématuré.
Starliner-1 : une mission de fret et de validation à destination de l’ISS
La mission prévoit d’acheminer du cargo essentiel à la Station spatiale internationale, selon Boeing. Mais sa fonction principale, du point de vue de la certification, est de collecter des données sur les systèmes du vaisseau : séquences de propulsion, comportement thermique, approche et opérations associées.
Un vol inhabité permet de prendre des mesures, d’évaluer certaines performances et de corriger d’éventuelles anomalies sans exposer directement un équipage au même risque. Cela ne rend pas l’essai anodin : la capsule doit respecter les exigences de sécurité liées au rapprochement d’une station habitée.
La NASA n’abandonne donc pas Boeing ?
Non. Le communiqué de septembre indique que la NASA souhaite maintenir plusieurs moyens américains de transport d’astronautes vers l’orbite basse. Le programme Commercial Crew a historiquement retenu deux fournisseurs : SpaceX avec Crew Dragon et Boeing avec Starliner.
La NASA a aussi indiqué son intention d’exercer les options correspondant aux cinquième et sixième missions Starliner, et de travailler avec Boeing ainsi qu’United Launch Alliance (ULA) à la certification du lanceur Vulcan pour de futures missions habitées après le dernier vol de la fusée Atlas V. L’intention de rétablir ces options est une annonce officielle ; elle ne doit pas être présentée comme six missions déjà accomplies ou entièrement contractualisées et fixées dans un calendrier.
Ce point actualise le contexte de notre article antérieur sur la réduction du contrat Starliner, qui présentait la limitation à quatre vols. Les annonces du 28 septembre 2026 ont fait évoluer cette situation.
Quelle fusée doit lancer Starliner-1 ?
Les calendriers spécialisés associent toujours Starliner-1 à une Atlas V N22 d’United Launch Alliance, depuis le complexe de lancement SLC-41 de Cape Canaveral, en Floride. Ce profil figure notamment sur Next Spaceflight et les agrégateurs de missions.
La NASA travaille parallèlement à l’homologation de la nouvelle Vulcan pour les futures rotations habitées. Le lanceur exact, la date et la configuration finale devront être revérifiés dans la documentation officielle lorsque le lancement sera annoncé. Le fait qu’une date apparaisse sur un calendrier externe ne signifie pas que la FAA ou la NASA a publié une fenêtre ferme.
Que devient Crew Dragon de SpaceX pendant cette période ?
Crew Dragon reste la solution américaine utilisée régulièrement pour les rotations d’équipage vers l’ISS. La NASA a notamment commandé des vols supplémentaires à SpaceX : nous détaillons les missions prévues dans notre article sur Crew-15, Crew-16 et Crew-17.
Le retour de Starliner n’implique pas une annulation de ces commandes. Du point de vue de l’agence, disposer de deux systèmes indépendants est un objectif de résilience opérationnelle, même si le calendrier de certification du second fournisseur a pris du retard.
Quand reverra-t-on des astronautes dans Starliner ?
La NASA cite 2028 comme objectif actuel pour Starliner-2, son prochain vol habité envisagé. Mais cette perspective reste conditionnée à la réussite de Starliner-1, aux ajustements techniques qui suivront et aux procédures de certification. Aucun équipage, aucune heure de lancement ni date définitive ne doivent être supposés à partir de cet objectif général.
Les premiers résultats de la mission inhabitée seront donc déterminants. Une mission cargo réussie n’accordera pas automatiquement une autorisation de vol habité ; elle apportera une partie des données nécessaires à l’évaluation finale de la NASA.
Ce que l’on sait au 2 novembre 2026
Confirmé : la NASA et Boeing préparent un vol Starliner-1 sans équipage à destination de l’ISS ; le véhicule doit transporter du fret et permettre une validation en vol des modifications. Intention conditionnelle : un lancement envisageable en décembre 2026 ou janvier 2027, puis un retour des astronautes en 2028 avec Starliner-2 si les essais et la certification le permettent.
Estimation : certains calendriers affichent le 14 janvier 2027 et une Atlas V N22 ; ce n’est pas une annonce de date ferme de la NASA. La prudence consiste à attendre la confirmation d’une fenêtre par les opérateurs concernés.
FAQ : Starliner-1 et le prochain vol de Boeing
La NASA et Boeing évoquent une possibilité en décembre 2026 ou janvier 2027, sans date précise confirmée. Les calendriers indiquant le 14 janvier 2027 fournissent une estimation, pas une annonce officielle.
La NASA veut vérifier dans l’espace des modifications techniques apportées après les anomalies du Crew Flight Test de 2024, sans exposer immédiatement un nouvel équipage.
Oui. Selon Boeing, la mission inhabitée doit également livrer du fret à la Station spatiale internationale.
La NASA vise Starliner-2 en 2028, à condition que Starliner-1 fournisse des données satisfaisantes et que les étapes de certification soient achevées.
Non. En septembre 2026, la NASA a réaffirmé vouloir conserver Starliner et a indiqué son intention de restaurer les options des cinquième et sixième missions.
Sources officielles et données à suivre
- NASA — communiqué du 28 septembre 2026 : objectifs, calendrier conditionnel et certification.
- Boeing — mise à jour du contrat Starliner : modifications, avionique et état d’avancement des actions correctives.
- Boeing — Starliner-1 mission updates : fret à destination de l’ISS et échéance.
- Next Spaceflight — Starliner-1 : date d’agrégateur non confirmée par la NASA et lanceur indicatif.
Situation vérifiée au 2 novembre 2026. Les dates de décembre 2026/janvier 2027 et de 2028 sont des objectifs conditionnels, pas des lancements définitivement programmés.



