Pallas-1 atteint l’orbite : la Chine accélère face aux fusées réutilisables de SpaceX

La Chine vient d’ajouter une nouvelle fusée à sa course aux lanceurs réutilisables. Le 1er septembre 2026, Pallas-1 de Galactic Energy a réussi son tout premier vol et atteint l’orbite dès sa première tentative. Le premier étage n’a pas été récupéré : ce vol servait avant tout à valider le lanceur. Mais Galactic Energy prévoit bien de faire revenir verticalement ses futurs boosters et annonce jusqu’à 25 utilisations par premier étage.

Pallas-1 rejoint ainsi deux autres lanceurs chinois qui ont récemment franchi des étapes importantes : Longue Marche 10B, dont le premier étage a été capturé dans un filet en mer en juillet, et Zhuque-3 de LandSpace, qui a réussi un atterrissage vertical sur terre en août.

La comparaison avec Falcon 9 devient inévitable. Mais elle demande une nuance essentielle : la Chine sait désormais récupérer certains étages orbitaux, mais aucun de ces boosters récupérés n’a encore revolé. SpaceX, de son côté, fait revoler ses premiers étages depuis 2017 et certains Falcon 9 approchent désormais les quarante missions.

Pallas-1 atteint l’orbite dès son premier lancement

Pallas-1 Y1 a décollé le 1er septembre 2026 à 10h00, heure de Pékin, depuis la zone pilote d’innovation spatiale commerciale de Dongfeng, intégrée au complexe de Jiuquan dans le nord-ouest de la Chine.

Cela correspondait à 04h00 à Paris.

Galactic Energy a annoncé que la fusée avait suivi sa trajectoire nominale et rejoint l’orbite prévue. L’entreprise considère que l’ensemble des objectifs de ce premier vol ont été atteints.

Il s’agissait avant tout d’un vol de démonstration du nouveau lanceur. Aucun satellite commercial n’a été publiquement identifié comme client de cette mission. Les sources divergent légèrement sur la charge utile : Xinhua parle d’une charge placée sur l’orbite prévue, tandis que certains suivis de lancement mentionnent une charge factice. Galactic Energy ne détaille pas ce point dans son communiqué officiel.

À quelle heure Pallas-1 a-t-elle décollé dans la francophonie ?

Le décollage a eu lieu à 10h00 heure locale en Chine, soit 02h00 UTC. Les horaires correspondaient à :

  • Paris : 04h00 le 1er septembre ;
  • Bruxelles, Genève : 04h00 le 1er septembre ;
  • La Réunion : 06h00 le 1er septembre ;
  • Nouvelle-Calédonie : 13h00 le 1er septembre ;
  • Guyane : 23h00 le 31 août ;
  • Guadeloupe, Martinique : 22h00 le 31 août ;
  • Québec : 22h00 le 31 août ;
  • Polynésie française : 16h00 le 31 août ;
  • Abidjan, Dakar : 02h00 le 1er septembre.

Qu’est-ce que Pallas-1 ?

Pallas-1 est un lanceur orbital à deux étages développé par l’entreprise privée chinoise Galactic Energy, fondée en 2018.

La société s’était jusqu’ici surtout fait connaître grâce à Ceres-1, une fusée beaucoup plus petite utilisant des étages à propergol solide. Pallas-1 marque son passage à un lanceur liquide beaucoup plus puissant et conçu dès l’origine pour la récupération du premier étage.

Les caractéristiques publiées par Galactic Energy sont les suivantes :

  • hauteur : 52 m ;
  • diamètre du corps principal : 3,35 m ;
  • diamètre de la coiffe : 4,2 m ;
  • masse au décollage : environ 283 t ;
  • poussée au décollage : environ 350 t-force ;
  • capacité vers l’orbite basse : jusqu’à 7 t ;
  • premier étage : sept moteurs CQ-50 ;
  • ergols : oxygène liquide et kérosène ;
  • récupération prévue : atterrissage vertical du premier étage ;
  • objectif de réutilisation : au moins 25 utilisations par premier étage.

Sept moteurs CQ-50 pour faire revenir le premier étage

Le premier étage de Pallas-1 utilise sept moteurs CQ-50 développés en interne par Galactic Energy.

Comme les Merlin de Falcon 9, ils brûlent du kérosène avec de l’oxygène liquide. Galactic Energy a toutefois développé spécifiquement le CQ-50 pour permettre la réutilisation.

L’entreprise indique que le moteur peut faire varier sa poussée sur une plage allant d’environ 32 % à 105 % de sa puissance nominale et qu’il peut être rallumé plusieurs fois.

Cette capacité de variation est particulièrement importante pendant un atterrissage. Un booster presque vide est beaucoup plus léger qu’au décollage : ses moteurs doivent donc pouvoir fonctionner à faible puissance pour éviter que la poussée ne le fasse remonter au lieu de ralentir sa chute.

Pourquoi le premier étage n’a-t-il pas été récupéré ?

Malgré sa qualification de lanceur réutilisable, Pallas-1 n’a effectué aucune tentative de récupération pendant son premier vol.

Ce choix était prévu.

Galactic Energy présente son développement de la récupération en plusieurs étapes. Le vol inaugural devait d’abord valider la propulsion, le guidage, la séparation des étages et le fonctionnement global du lanceur en conditions réelles.

Les prochains vols doivent progressivement introduire les opérations de rentrée du premier étage, le contrôle aérodynamique par grilles, le freinage propulsif puis une récupération verticale sur terre ou en mer.

L’entreprise n’annonce cependant pas dans son communiqué du 2 septembre quel numéro de vol réalisera la première véritable tentative d’atterrissage. Toute affirmation selon laquelle elle aura obligatoirement lieu au troisième lancement doit donc rester présentée comme une information de suivi, et non comme un calendrier officiel.

Pallas-1 n’a donc encore rien prouvé en matière de réutilisation

C’est toute la nuance du mot « réutilisable ».

Pallas-1 est conçu pour récupérer son premier étage et le faire revoler jusqu’à 25 fois. Son moteur, son système de guidage et son architecture ont été développés dans ce but.

Mais le premier vol du 1er septembre n’a validé que la partie orbitale du lanceur.

Aucun premier étage Pallas-1 n’a encore réalisé de rentrée contrôlée complète, aucun n’a atterri et aucun n’a évidemment effectué un deuxième vol.

Le succès orbital reste néanmoins important : avant de récupérer une fusée, encore faut-il disposer d’un lanceur capable d’accomplir correctement sa mission principale.

La Chine possède désormais deux récupérations de boosters orbitaux

Pallas-1 arrive dans un contexte très différent de celui qui existait encore au début de l’année.

En l’espace de quelques semaines, deux autres lanceurs chinois ont démontré une récupération du premier étage après une mission orbitale.

Longue Marche 10B : une récupération dans un filet en mer

Le 10 juillet 2026, la Longue Marche 10B a réalisé son premier vol depuis Hainan.

Après avoir envoyé sa charge utile vers l’orbite, le premier étage est revenu vers une plateforme maritime spécialement équipée.

Contrairement à Falcon 9, il ne s’est pas posé sur des jambes. Le booster a été capturé dans un vaste système de filet grâce à des dispositifs d’accrochage installés sur l’étage.

L’opération est considérée par les autorités chinoises comme la première récupération contrôlée d’un premier étage orbital en Chine.

Zhuque-3 : premier atterrissage vertical sur terre

Un mois plus tard, LandSpace a franchi une deuxième étape.

Le 19 août, lors du deuxième vol de Zhuque-3, le premier étage est revenu jusqu’à une zone située à environ 390 km du site de lancement puis a effectué un atterrissage propulsif sur ses jambes.

LandSpace considère l’atterrissage comme réussi. Des images publiées après le vol montrent néanmoins qu’un incendie s’est développé au niveau inférieur du booster après son arrivée au sol et que le véhicule a ensuite été endommagé.

Cela ne change pas le résultat principal : il s’agissait de la première récupération terrestre d’un étage de lanceur orbital chinois avec des jambes d’atterrissage.

Le contraste avec son premier vol de décembre 2025 est spectaculaire : la première tentative s’était terminée par la destruction du booster à proximité de la zone d’atterrissage.

Trois lanceurs chinois réutilisables ont maintenant atteint l’orbite

La séquence de l’été 2026 montre donc une accélération réelle :

  • 10 juillet — Longue Marche 10B : mise en orbite réussie et premier étage récupéré dans un filet en mer ;
  • 19 août — Zhuque-3 : mise en orbite réussie et premier étage posé verticalement sur terre ;
  • 1er septembre — Pallas-1 : premier vol orbital réussi, sans tentative de récupération.

Ces trois fusées n’ont pas exactement le même statut. Longue Marche 10B appartient au secteur spatial étatique chinois, alors que Zhuque-3 et Pallas-1 sont développées par des entreprises commerciales privées.

Elles utilisent aussi des solutions techniques différentes : Zhuque-3 fonctionne au méthane et à l’oxygène liquide, tandis que Pallas-1 utilise du kérosène et de l’oxygène liquide, comme Falcon 9.

La Chine a-t-elle rattrapé SpaceX ?

Non, pas encore.

La Chine vient de franchir plusieurs étapes que SpaceX maîtrisait déjà il y a une dizaine d’années : faire revenir un premier étage depuis un vol orbital et le poser de manière contrôlée.

La véritable rupture économique intervient à l’étape suivante : faire revoler le même booster régulièrement, avec peu de maintenance et dans des délais courts.

SpaceX a posé pour la première fois un Falcon 9 orbital en décembre 2015 puis fait revoler un premier étage récupéré en mars 2017.

Depuis, la réutilisation est devenue le fonctionnement normal de Falcon 9. Certains boosters ont désormais largement dépassé trente vols. Début septembre 2026, le record de la flotte atteint 37 missions pour un même premier étage.

À titre de comparaison, aucun premier étage orbital chinois récupéré n’a encore été relancé.

Récupérer une fusée et la réutiliser sont deux problèmes différents

Un atterrissage réussi constitue seulement la moitié du problème.

Une entreprise doit ensuite démontrer que le booster supporte correctement les contraintes du lancement, de la rentrée atmosphérique et de l’atterrissage, puis qu’il peut être inspecté et préparé rapidement pour repartir.

Une récupération peut perdre tout son intérêt économique si le véhicule nécessite plusieurs mois de démontage ou de réparations coûteuses avant chaque nouvelle mission.

C’est précisément le prochain test pour Longue Marche 10B et Zhuque-3. LandSpace a déjà annoncé vouloir faire revoler le booster récupéré de Zhuque-3, mais cette réutilisation reste à démontrer.

Pour Galactic Energy, le chemin est encore plus long : Pallas-1 doit d’abord réussir son premier atterrissage.

Pourquoi autant d’entreprises chinoises développent-elles des fusées réutilisables ?

La réponse se trouve en grande partie dans les constellations de satellites.

La Chine développe plusieurs grands réseaux en orbite basse, notamment Guowang et Qianfan, aussi appelé Thousand Sails, destinés à fournir des services de télécommunications depuis l’espace.

Ces projets nécessitent le lancement de très nombreux satellites et placent l’industrie chinoise face au même problème que SpaceX avec Starlink : comment multiplier les tirs tout en réduisant le coût de chaque mission ?

SpaceX a résolu une partie de cette équation grâce à Falcon 9 : les mêmes premiers étages peuvent assurer des dizaines de missions Starlink.

Pour les opérateurs chinois, développer un système comparable permettrait de soutenir leurs propres mégaconstellations sans devoir fabriquer un premier étage neuf pour chaque lancement.

Pallas-1 est beaucoup plus qu’une version agrandie de Ceres-1

Pour Galactic Energy, le succès du 1er septembre représente également une transformation importante de l’entreprise.

Ceres-1 repose principalement sur des étages à propergol solide. Cette architecture est relativement simple à produire et à stocker, mais ne se prête pas naturellement à la récupération propulsive d’un premier étage orbital.

Pallas-1 introduit une propulsion liquide, plusieurs moteurs regroupés sur un même étage, la variation de poussée, le rallumage et un système de guidage conçu pour l’atterrissage.

Galactic Energy passe donc d’un petit lanceur commercial consommable à une architecture beaucoup plus proche de celle nécessaire pour une activité de lancement à forte cadence.

Pourquoi sept moteurs plutôt qu’un seul ?

La disposition des moteurs rappelle également le principe utilisé par SpaceX.

Falcon 9 utilise neuf moteurs Merlin sur son premier étage. Pallas-1 en emploie sept.

Galactic Energy explique qu’une telle architecture apporte notamment une redondance : dans certains scénarios, la perte d’un moteur peut être compensée en redistribuant les commandes aux moteurs restants.

Elle offre aussi davantage de possibilités pendant la phase de retour, puisqu’il devient possible de rallumer seulement une partie de la propulsion et d’adapter la poussée à la masse très réduite du booster.

Pallas-1 peut-il réellement concurrencer Falcon 9 ?

Il est encore trop tôt pour répondre oui.

La capacité maximale annoncée de Pallas-1 vers l’orbite basse est de l’ordre de 7 t. Falcon 9 appartient à une catégorie de performance supérieure et bénéficie surtout d’une infrastructure et d’une expérience opérationnelle que Galactic Energy doit encore construire.

La concurrence ne se jouera cependant pas uniquement sur la masse maximale transportée.

Pour le marché des constellations chinoises, une fusée capable d’envoyer régulièrement quelques tonnes en orbite basse, de récupérer son premier étage et de revoler rapidement peut devenir économiquement très intéressante.

Le succès du premier vol permet simplement à Galactic Energy de passer à la prochaine question : sa technologie de récupération fonctionne-t-elle réellement en vol ?

Pallas-1 en quelques chiffres

  • Entreprise : Galactic Energy ;
  • Pays : Chine ;
  • Premier vol : 1er septembre 2026 ;
  • Site : Dongfeng / Jiuquan ;
  • Heure : 10h00 en Chine, 04h00 à Paris ;
  • Résultat : mise en orbite réussie ;
  • Hauteur : 52 m ;
  • Masse au décollage : environ 283 t ;
  • Poussée : environ 350 t-force ;
  • Capacité LEO : jusqu’à 7 t ;
  • Premier étage : sept moteurs CQ-50 ;
  • Ergols : kérosène et oxygène liquide ;
  • Récupération du premier vol : aucune tentative ;
  • Récupération future : atterrissage vertical prévu ;
  • Réutilisations annoncées : au moins 25 ;
  • Premier vol d’un booster récupéré : pas encore réalisé.

Conclusion : la Chine accélère, mais le test décisif reste le deuxième vol d’un même booster

Pallas-1 a réussi la première étape : atteindre l’orbite dès son vol inaugural.

Avec la récupération maritime de Longue Marche 10B en juillet et l’atterrissage de Zhuque-3 en août, cette réussite montre que plusieurs programmes chinois progressent désormais simultanément vers la réutilisation.

Le retard avec SpaceX reste néanmoins considérable sur le plan opérationnel. Falcon 9 ne se contente plus d’atterrir : ses boosters revolent plusieurs dizaines de fois et la récupération est intégrée à une cadence industrielle de lancements.

La prochaine étape déterminante pour la Chine ne sera donc pas d’ajouter une quatrième fusée portant l’étiquette « réutilisable ». Ce sera de faire redécoller un premier étage qui a déjà effectué une mission orbitale.

Pallas-1 n’en est pas encore là. Mais Galactic Energy dispose désormais du lanceur orbital nécessaire pour tenter de franchir les étapes suivantes.

👉 À lire aussi : notre article sur le premier vol de Zhuque-3, notre dossier Falcon 9 et notre guide Starlink.

Pallas-1 est-elle une fusée réutilisable ?

Pallas-1 est conçue pour récupérer verticalement et réutiliser son premier étage au moins 25 fois selon Galactic Energy. Cependant, aucune récupération n’a été tentée pendant son premier vol du 1er septembre 2026. La réutilisation reste donc à démontrer en vol.

Le premier lancement de Pallas-1 a-t-il réussi ?

Oui. Pallas-1 Y1 a décollé le 1er septembre 2026 à 10h00 heure de Pékin, soit 04h00 à Paris, et a atteint l’orbite prévue. Galactic Energy indique que tous les objectifs principaux de cette mission inaugurale ont été remplis.

Combien de fois Pallas-1 doit-elle pouvoir revoler ?

Galactic Energy annonce un objectif d’au moins 25 utilisations pour le premier étage de Pallas-1. Ce chiffre correspond à une capacité de conception et n’a pas encore été démontré puisque le premier booster n’a pas été récupéré.

La Chine possède-t-elle déjà des fusées réutilisables comme Falcon 9 ?

La Chine a désormais récupéré les premiers étages de Longue Marche 10B et Zhuque-3 après des vols orbitaux. En revanche, aucun de ces étages récupérés n’a encore revolé. SpaceX réutilise les boosters Falcon 9 depuis 2017 et certains ont effectué plus de trente missions.

Quelle charge Pallas-1 peut-elle envoyer en orbite ?

Galactic Energy annonce une capacité pouvant atteindre 7 tonnes vers l’orbite terrestre basse. L’entreprise vise notamment le marché des lancements de grandes constellations de satellites.

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