Starlink en Ukraine : Trump affirme que Musk a rétabli l’accès, Kiev nuance

Après plus d’une semaine de restrictions, le service Starlink de l’armée ukrainienne fonctionnerait de nouveau plus normalement. Donald Trump a affirmé jeudi 22 octobre 2026 qu’Elon Musk avait « remis » l’accès, au lendemain d’un article du Wall Street Journal selon lequel le président américain lui aurait demandé de lever les limitations. Kiev nuance : selon Volodymyr Zelensky, les débits ne sont pas entièrement revenus. Qui a décidé de brider le service, et pourquoi ? Les versions restent contradictoires.

L’essentiel en bref

  • Mi-octobre : l’Ukraine signale une limitation soudaine de Starshield, la version militaire de Starlink qu’utilise son armée, sans préavis ;
  • 21 octobre : le Wall Street Journal affirme qu’Elon Musk a ordonné ce bridage, après des échanges avec la Maison-Blanche ;
  • 22 octobre : selon le même journal, Donald Trump a appelé Elon Musk pour lui demander de lever les restrictions ; le président assure que l’accès a été rétabli ;
  • Kiev nuance : Volodymyr Zelensky estime que les débits ne sont pas entièrement revenus.

Ce qui s’est passé

À la mi-octobre, un conseiller de la présidence ukrainienne, Serhii Beskrestnov, a indiqué sur Telegram que SpaceX avait limité l’usage de Starshield aux appareils se déplaçant à moins de 160 km/h, selon Al Jazeera. Une restriction qui perturbait le guidage des drones intercepteurs ukrainiens, plus rapides, utilisés contre les drones russes. Kiev affirme ne pas avoir été prévenu. Le ministère ukrainien de la Défense a ensuite annoncé un rétablissement partiel du service.

Le 21 octobre, le Wall Street Journal a rapporté qu’Elon Musk avait lui-même ordonné ce bridage, et que la question avait été discutée avec Donald Trump et des responsables de la Maison-Blanche. L’agence Reuters, citant des responsables américains et occidentaux, affirme pour sa part que la décision venait en dernier ressort de la Maison-Blanche.

Trump : « il l’a remis »

Selon le Wall Street Journal, Donald Trump a ensuite appelé Elon Musk pour lui faire part de son agacement face au maintien des limitations, et le service aurait fonctionné plus normalement peu après. Interrogé, le président américain a refusé de confirmer cet appel, mais a affirmé qu’Elon Musk avait rétabli l’accès, selon Reuters. Il assure ne pas être à l’origine du bridage.

Du côté ukrainien, le constat est plus réservé : Volodymyr Zelensky a déclaré que les débits n’étaient pas encore rétablis, et certains responsables jugent le service plus rapide qu’avant, sans être revenu à la normale, toujours selon Reuters. Le 23 octobre, Al Jazeera décrivait encore une connexion inégale.

Qui décide de l’accès à Starlink ?

C’est le cœur de la controverse, et chaque acteur renvoie la responsabilité à un autre :

  • Elon Musk a écrit sur X que les limites de vitesse ou d’usage sont décidées par l’armée américaine et, en dernier ressort, par le président, rappelant que Starshield appartient au gouvernement américain, selon Al Jazeera ;
  • Marco Rubio, secrétaire d’État, estime au contraire que l’accès de l’Ukraine relève de SpaceX et d’Elon Musk, le service étant régi par un contrat commercial privé ;
  • Donald Trump affirme ne pas savoir qui a ordonné le bridage, mais ne pas y avoir pris part.

Cette confusion relance en Europe le débat sur la dépendance à un service privé américain. La semaine dernière, la haute représentante de l’Union européenne, Kaja Kallas, reconnaissait que Starlink restait indispensable à l’Ukraine à court terme, comme nous l’expliquions dans notre article.

Ce qu’il faut retenir

  • le service Starlink militaire de l’Ukraine a été bridé à la mi-octobre, sans préavis selon Kiev ;
  • selon le Wall Street Journal, Donald Trump a demandé à Elon Musk de lever les restrictions ;
  • le président américain affirme que l’accès est rétabli, Kiev estime qu’il ne l’est pas entièrement ;
  • Musk, la Maison-Blanche et le département d’État se renvoient la responsabilité de la décision.

À lire aussi : Starlink en Ukraine : l’UE demande de rétablir l’accès · Starlink en Ukraine : « indispensable », reconnaît Kaja Kallas.

Sources

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