L’Union européenne n’a pas, pour l’instant, de solution de rechange à Starlink pour l’Ukraine. C’est la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, qui l’a reconnu vendredi 16 octobre 2026, lors d’un sommet européen à Bruxelles. Cette déclaration intervient deux jours après des restrictions du réseau satellitaire de SpaceX pour l’armée ukrainienne, que Kiev dit avoir subies sans préavis.
« Vraiment indispensable » pour l’Ukraine
Selon l’AFP, Kaja Kallas a jugé Starlink « vraiment indispensable » pour l’Ukraine, en ajoutant que l’Europe ne pouvait malheureusement pas remplacer cette capacité à court terme. Elle a expliqué que les dirigeants européens discutaient justement ce jour-là de leur préparation en matière de défense, pour tenter de combler ce retard.
D’autres dirigeants ont tenu le même discours :
- Rob Jetten, Premier ministre néerlandais, a souligné les contacts réguliers avec les Américains sur la connectivité en Ukraine, en se félicitant qu’elle soit rétablie. Il a indiqué avoir discuté avec le président français de la manière dont les Européens pourraient fournir davantage de services de ce type ;
- Andris Kulbergs, Premier ministre letton, a reconnu qu’il faudrait du temps à l’Europe pour disposer des mêmes capacités que les Américains, qualifiant le sujet de stratégique.
Ce qui s’est passé cette semaine
Mercredi 14 octobre, l’Ukraine a indiqué avoir subi des restrictions d’usage des terminaux militaires, perturbant notamment des missions de drones. Ces terminaux relèvent de Starshield, la version militaire du réseau de SpaceX, distincte de Starlink, réservé aux usages civils. Nous expliquons la différence dans Starlink vs Starshield.
Elon Musk a affirmé que tout ralentissement de Starshield en Ukraine relevait du gouvernement américain et non de son entreprise (lire Musk affirme que les limites sont décidées par l’armée américaine et Trump). Kiev a par ailleurs déploré de ne pas avoir été averti par ses alliés d’attaques russes imminentes ces derniers jours.
Le service a depuis été rétabli : selon une source au ministère ukrainien de la Défense citée par l’AFP, les opérations de Starshield ont repris dès le lendemain, jeudi 15 octobre.
Pourquoi l’Europe ne peut pas prendre le relais
L’Union européenne dispose de capacités satellitaires, mais sans commune mesure avec celles de SpaceX :
- OneWeb, la constellation du français Eutelsat, compte plus de 600 satellites en orbite basse, contre plus de 11 000 pour Starlink selon Reuters. Ses terminaux ne sont pas compatibles avec ceux de Starlink, ce qui imposerait d’en livrer de nouveaux aux unités ukrainiennes ;
- Govsatcom, opérationnel depuis janvier 2026, met en commun des satellites gouvernementaux, surtout géostationnaires, mal adaptés aux drones et aux terminaux mobiles ;
- IRIS², la future constellation souveraine de l’UE, doit compter 348 satellites, mais ses premiers lancements ne sont prévus qu’en 2029 et ses premiers services en 2030.
Nous détaillons ces alternatives dans notre analyse Starlink en Ukraine : l’Europe peut-elle prendre le relais ?
Ce qu’il faut retenir
- Kaja Kallas reconnaît que l’Europe ne peut pas remplacer Starlink en Ukraine à court terme ;
- les restrictions de Starshield signalées par Kiev mercredi ont été levées dès jeudi, selon le ministère ukrainien de la Défense ;
- Elon Musk attribue ces limitations au gouvernement américain ;
- l’alternative européenne, IRIS², n’est pas attendue avant 2030.
À lire aussi : Zelensky accuse Musk après les restrictions de Starlink · l’action Eutelsat bondit · notre guide Starlink.
Sources
- AFP (via Boursorama), 16 octobre 2026 : déclarations de Kaja Kallas, Rob Jetten et Andris Kulbergs, rétablissement de Starshield ;
- Reuters (via The Star), 15 octobre 2026 : restrictions de Starshield, alternatives européennes ;
- IRIS² : nombre de satellites et calendrier.
Le 16 octobre 2026, la cheffe de la diplomatie européenne a jugé Starlink vraiment indispensable pour l’Ukraine et reconnu que l’Europe ne pouvait pas remplacer cette capacité à court terme, selon l’AFP.
Oui, selon une source au ministère ukrainien de la Défense citée par l’AFP, les opérations de Starshield ont été rétablies le jeudi 15 octobre, au lendemain des restrictions signalées par Kiev.
À court terme, OneWeb d’Eutelsat, avec plus de 600 satellites contre plus de 11 000 pour Starlink. À plus long terme, la constellation européenne IRIS², dont les premiers services sont attendus en 2030.



