Sophie Adenot : le bilan de sa première sortie dans l’espace

⚡ Publié le 20 août 2026. Le mardi 18 août, Sophie Adenot est devenue la première femme française à sortir dans le vide spatial. Aux côtés de l’Américain Anil Menon, l’astronaute de l’ESA a passé 6 heures et 23 minutes à l’extérieur de la Station spatiale internationale. Les deux astronautes ont réussi le démontage de l’antenne défaillante, mais des boulons et connecteurs grippés les ont empêchés d’installer son remplacement. Une nouvelle sortie sera programmée.

Officiellement baptisée US Spacewalk 97, cette sortie extravéhiculaire restera comme une date de l’histoire spatiale française. Elle illustre aussi, de façon très concrète, pourquoi une opération de maintenance à 400 kilomètres d’altitude ne se déroule presque jamais comme prévu.

Voici le déroulé, ce qui a coincé, et ce qu’il reste à faire.

Le bilan en bref

Élément Détail
Nom officiel US Spacewalk 97 (EVA-97)
Date Mardi 18 août 2026
Début 14h29, heure de Paris
Fin 20h52, heure de Paris
Durée 6 heures et 23 minutes
Équipage sortant Sophie Adenot (ESA) et Anil Menon (NASA)
Assistance intérieure Jack Hathaway, au Canadarm 2
Objectif Remplacer l’antenne SGANT-2
Résultat Démontage réussi, installation reportée

Le déroulé de la sortie

La sortie a débuté à 14h29 heure de Paris, au moment où les deux astronautes ont basculé leurs combinaisons en mode batterie. C’est ce basculement, et non l’ouverture de l’écoutille, qui marque le début réglementaire d’une EVA — la sortie physique du sas Quest intervient quelques minutes plus tard.

Les deux astronautes ont rejoint le site d’intervention par des chemins différents. Anil Menon a d’abord récupéré un dispositif de fixation pour les pieds et l’a installé sur le Canadarm 2, manœuvré depuis l’intérieur de la station par Jack Hathaway. Le bras robotique l’a ensuite transporté jusqu’à l’antenne.

Sophie Adenot, elle, s’y est rendue par ses propres moyens, en progressant le long de la structure, et a commencé par retirer un bouclier thermique protégeant l’équipement défectueux. Les deux ont ensuite travaillé de concert à l’installation de dispositifs de blocage, puis au démontage proprement dit.

Pourquoi le remplacement n’a pas pu se faire

La difficulté est venue du matériel lui-même. Des boulons et des connecteurs électriques grippés ont considérablement ralenti la désolidarisation de l’ancienne antenne. Chaque fixation a demandé plus de temps que prévu.

Ce n’est pas anecdotique. Dans le vide spatial, un boulon bloqué ne se règle pas par la force. Le scaphandre est pressurisé à une valeur inférieure à celle de la station, ce qui rend chaque fermeture de main coûteuse en effort. Sans point d’appui naturel, l’astronaute doit aussi s’arrimer avant de pouvoir exercer la moindre traction. Un problème qui prendrait cinq minutes au sol peut en demander trente.

Au bout de quatre heures, la NASA a modifié le plan de vol : plutôt que de prolonger dangereusement la sortie, une partie du travail serait reportée à une prochaine EVA.

La logique est celle de la marge de sécurité. La combinaison dispose d’une autonomie limitée en oxygène et en capacité de refroidissement, et la fatigue physique s’accumule. Plus une sortie se prolonge, plus ces marges se réduisent — y compris celles nécessaires au retour vers le sas. Interrompre la mission n’est pas un échec de procédure : c’est la procédure.

Quelle antenne, et pourquoi elle compte

L’équipement concerné est l’antenne SGANT-2, pour Space-to-Ground Antenna 2, située sur le segment de poutre Z1 de la station.

Depuis novembre 2025, elle n’est plus capable de suivre la constellation TDRS, un réseau de satellites relais américains qui assure la liaison permanente entre la station et le sol. Sans cette antenne, l’ISS perd une voie de communication à haut débit pour la télémétrie, les données scientifiques et les échanges avec le centre de contrôle de Houston.

La station dispose de plusieurs antennes de ce type, ce qui explique qu’elle ait pu fonctionner neuf mois avec l’une d’elles hors service. Mais la redondance s’en trouvait réduite, et c’est pour la rétablir que la sortie avait été programmée.

« Quelle journée »

De retour à l’intérieur de la station, Sophie Adenot a livré un message empreint d’émotion. Elle a remercié « tous ceux qui ont rendu cela possible », saluant à la fois « les pionniers qui nous ont précédés » et « les incroyables équipes qui travaillent aujourd’hui dans l’ombre ».

Cette sortie représentait l’aboutissement de plus de 150 heures d’entraînement, réparties entre le Centre européen des astronautes de Cologne et le Centre spatial Johnson de Houston. Elle l’avait rappelé la veille : la réussite d’une sortie se prépare bien avant l’ouverture du sas.

La première Française dehors, mais pas le premier Français

Une précision s’impose, car la formule circule souvent de façon approximative.

Quatre astronautes français avaient déjà réalisé au moins une sortie extravéhiculaire avant elle. Le premier, Jean-Loup Chrétien, fut même le premier Européen à sortir dans l’espace, en 1988, depuis la station Mir. Thomas Pesquet détient le record français, avec six sorties.

Ce que Sophie Adenot a accompli le 18 août, c’est la première EVA d’une femme française. Claudie Haigneré, première Française dans l’espace en 1996 puis en 2001, n’avait jamais eu cette occasion. À l’échelle européenne, Sophie Adenot devient la deuxième femme à sortir dans le vide, après l’Italienne Samantha Cristoforetti en 2022.

Symbole que l’intéressée avait elle-même souligné : c’est en regardant à la télévision le décollage de Claudie Haigneré vers Mir, en 1996, qu’elle avait décidé de son avenir. Elle avait 14 ans.

Ce qu’il reste à faire

L’antenne de rechange attend toujours son installation. Une nouvelle sortie extravéhiculaire sera programmée pour achever l’opération.

Une date a été évoquée — le mardi suivant — mais la NASA indique que les conditions restent à définir. Ni le calendrier, ni la composition du binôme n’ont été confirmés. Sophie Adenot pourrait y participer de nouveau, sans que rien ne le garantisse.

Le retour sur Terre de l’équipage Crew-12 reste attendu en septembre 2026, après environ huit mois en orbite. Cet article sera mis à jour dès l’annonce de la prochaine sortie.

FAQ : la sortie de Sophie Adenot

La sortie de Sophie Adenot a-t-elle réussi ?

Partiellement. Sophie Adenot et Anil Menon ont réussi le démontage complet de l’antenne défaillante SGANT-2, mais des boulons et connecteurs grippés les ont empêchés d’installer l’antenne de rechange dans le temps imparti. Une nouvelle sortie sera programmée pour achever l’opération.

Combien de temps a duré la sortie ?

6 heures et 23 minutes. Elle a débuté à 14h29 heure de Paris, au moment de la bascule des scaphandres sur alimentation autonome, et s’est achevée à 20h52. La durée initialement prévue était de six heures et demie.

Sophie Adenot est-elle la première Française à sortir dans l’espace ?

La première femme française, oui. Quatre astronautes français avaient déjà réalisé une sortie avant elle, dont Jean-Loup Chrétien, premier Européen à sortir dans l’espace en 1988, et Thomas Pesquet, qui en compte six. Claudie Haigneré, première Française dans l’espace en 1996, n’avait jamais eu cette occasion. Sophie Adenot est par ailleurs la deuxième Européenne, après l’Italienne Samantha Cristoforetti en 2022.

Pourquoi l’antenne n’a-t-elle pas été remplacée ?

Des boulons et des connecteurs électriques grippés ont considérablement ralenti la désolidarisation de l’ancienne antenne. Au bout de quatre heures, la NASA a préféré reporter une partie du travail plutôt que de prolonger la sortie au-delà des marges de sécurité — autonomie en oxygène, capacité de refroidissement et fatigue physique.

À quoi sert l’antenne SGANT-2 ?

Elle assure la liaison à haut débit entre la Station spatiale internationale et le sol, via la constellation de satellites relais TDRS. Depuis novembre 2025, elle n’était plus capable de suivre ces satellites. La station dispose de plusieurs antennes de ce type, mais sa défaillance réduisait la redondance des communications.

Quand aura lieu la prochaine sortie ?

Aucune date n’est confirmée. La NASA indique que les conditions restent à définir, et la composition du binôme n’est pas connue. Cet article sera mis à jour dès l’annonce officielle.

Quand Sophie Adenot revient-elle sur Terre ?

Le retour de l’équipage Crew-12 est attendu en septembre 2026, après environ huit mois à bord de l’ISS. La date exacte dépend du calendrier de relève des équipages.

Ce qu’il faut retenir

Le 18 août 2026, Sophie Adenot a franchi un seuil qu’aucune Française n’avait atteint. Six heures et vingt-trois minutes dans le vide, à 400 kilomètres d’altitude, pour une opération de maintenance qui n’a pu être menée qu’à moitié.

C’est aussi ce qui rend cette journée intéressante. Derrière l’image spectaculaire, une sortie extravéhiculaire reste un chantier — avec des boulons qui refusent de céder, un chronomètre qui tourne et des marges de sécurité qu’on ne dépasse pas. L’antenne attendra la prochaine fois.

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Sources : ESA, NASA, CNES, AFP.

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