Le gigantesque projet de SpaceX en Louisiane fait l’objet d’un recours en justice. Des habitants de la paroisse de Vermilion demandent l’annulation de l’accord fiscal signé avec SpaceX pour Starbase Louisiana, estimant qu’il a été approuvé en violation des règles de transparence des réunions publiques. En jeu : une exonération d’impôt foncier évaluée à près de 24 milliards de dollars sur 25 ans.
L’essentiel en bref
- Le recours : déposé le 26 octobre 2026 devant le 15e tribunal judiciaire de district de Louisiane.
- Les demandeurs : trois habitants et une association, la Vermilion Citizens Coalition.
- Les reproches : huit violations de la loi sur les réunions publiques, lors de quatre séances de juillet et août.
- La demande : annuler les décisions du 25 août, dont l’approbation de l’accord fiscal, pour qu’elles soient reprises en public.
- SpaceX n’est pas directement visée et ne s’est pas exprimée.
Un accord fiscal hors norme
Pour attirer Starbase Louisiana, un projet évalué à 100 milliards de dollars sur environ 125 000 acres d’anciens marais d’ExxonMobil près de Pecan Island, la paroisse a signé avec SpaceX un accord de « paiement en lieu et place de l’impôt ». Le principe : SpaceX est exonérée d’impôt foncier local, et verse en échange une somme fixe.
Selon le décompte du média public WWNO, les versements commencent à 25 millions de dollars par an et augmentent de 2 % chaque année pendant 25 ans, soit environ 800 millions de dollars au total. SpaceX s’engage aussi à verser 20 millions de dollars pour les infrastructures locales et 25 millions à un fonds caritatif. En face, l’exonération représenterait près de 23,8 milliards de dollars sur 25 ans : les versements couvriraient environ 3 centimes de chaque dollar d’impôt que SpaceX aurait dû payer. L’ensemble des avantages fiscaux accordés au projet est estimé à 27,5 milliards de dollars, un record pour l’État.
Ce que reprochent les habitants
Le recours ne vise pas SpaceX, mais les autorités locales : le conseil de la paroisse, le Police Jury, et un organisme de développement industriel en sommeil depuis près de trente ans, réactivé pour l’occasion. Les demandeurs décrivent un processus mené dans l’ombre :
- le 15 juillet, le conseil a modifié son ordre du jour en pleine séance pour réactiver cet organisme et nommer ses sept membres ;
- le même jour, il a approuvé un accord transactionnel avec ExxonMobil qui ne figurait pas à l’ordre du jour. Selon les demandeurs, il a permis à l’État d’acquérir les terrains ensuite cédés à SpaceX « très en dessous de leur valeur » ;
- le 25 août, l’organisme a approuvé l’accord fiscal à l’unanimité, en moins de 30 minutes et sans débat public. La convocation, affichée la veille sur la porte du palais de justice, ne mentionnait que le nom de code du projet : « Project Osprey » ;
- deux réunions du conseil n’ont pas été diffusées en direct, comme l’exigerait la loi pour une collectivité de cette taille.
Quelques heures après le vote du 25 août, le gouverneur Jeff Landry annonçait le projet lors d’un événement sur invitation. Des dizaines d’élus et de responsables avaient signé des accords de confidentialité.
Le gouverneur défend le secret
Jeff Landry assume cette discrétion, jugée indispensable pour ne pas se faire souffler le projet par un autre État : « Vous croyez que je veux que le Texas me vole la vedette ? », a-t-il lancé. Son cabinet affirme que l’accord avec ExxonMobil a été discuté à huis clos puis approuvé en séance publique, et que sa confidentialité a été ordonnée par la justice. Le président de la paroisse, Chad Vallo, assure de son côté que « le public a eu son rôle ».
Quelles conséquences pour SpaceX ?
À ce stade, aucune. Les demandeurs ne cherchent pas à bloquer le projet, mais à faire annuler les décisions du 25 août pour qu’elles soient reprises en public. Si le juge leur donnait raison, l’accord fiscal devrait être de nouveau voté, cette fois avec un débat ouvert, ce qui pourrait en modifier les termes. Le recours s’ajoute aux objections d’associations environnementales et à l’évaluation que doit encore mener l’autorité de l’aviation civile (FAA) avant tout chantier, alors même que SpaceX voit dans ce site la clé de ses ambitions : jusqu’à 10 000 lancements de Starship par an.
Ce qu’il faut retenir
- Des habitants de la paroisse de Vermilion ont saisi la justice le 26 octobre.
- Ils contestent la procédure ayant mené à l’accord fiscal de Starbase Louisiana, approuvé sous le nom de code « Project Osprey ».
- L’exonération est évaluée à 23,8 milliards de dollars sur 25 ans, contre environ 800 millions de versements.
- Le projet n’est pas bloqué, mais l’accord pourrait devoir être revoté en public.
Sources
- WWNO / Gulf States Newsroom, 26 octobre 2026 : contenu du recours, termes de l’accord fiscal, déclarations.
- AP via ABC News, 27 octobre 2026 : demandeurs, violations reprochées.
- The Current, 26 octobre 2026.
Ils estiment que l’accord fiscal signé avec SpaceX pour Starbase Louisiana a été approuvé en violation de la loi sur les réunions publiques : points ajoutés en cours de séance, convocations sous un nom de code, séances non diffusées. Ils demandent que les décisions du 25 août 2026 soient annulées et reprises en public.
Selon WWNO, SpaceX versera 25 millions de dollars par an, en hausse de 2 % par an pendant 25 ans, soit environ 800 millions de dollars, en échange d’une exonération d’impôt foncier évaluée à près de 23,8 milliards de dollars.



