En 2027, un Européen sera aux commandes du vaisseau Orion. L’astronaute italien Luca Parmitano, membre de l’Agence spatiale européenne (ESA), a été nommé pilote de la mission Artemis III. Il participera aux essais de rendez-vous et d’amarrage qui doivent préparer le retour de l’humanité sur la Lune. Mais la distinction est essentielle : Artemis III restera en orbite terrestre. Un alunissage avec équipage est visé à partir d’Artemis IV, en 2028.
Une première européenne au sein d’un équipage Artemis
La NASA a révélé la composition de l’équipage le 9 juin 2026. Aux côtés de Luca Parmitano, trois astronautes américains prendront place dans Orion : Randy Bresnik en tant que commandant, puis Frank Rubio et Andre Douglas comme spécialistes des systèmes d’atterrissage. Bob Hines a été désigné comme remplaçant.
Parmitano est le premier astronaute européen sélectionné pour un vol Artemis. Il totalise 366 jours passés dans l’espace, deux missions de longue durée à bord de l’ISS, six sorties extravéhiculaires et une expérience de commandant de la station. Ancien pilote d’essai de l’armée de l’air italienne, il a aussi suivi une formation à l’EPNER, l’école française de pilotes d’essai située à Istres.
L’ESA a salué cette nomination, annoncée plusieurs mois avant les précisions opérationnelles apportées par la NASA le 23 octobre 2026.
Orion : Luca Parmitano aux commandes pour deux amarrages
La mission du pilote sera technique et particulièrement exigeante. Selon l’ESA, Luca Parmitano prendra les commandes d’Orion, aux côtés du commandant de la NASA, pour réaliser des manœuvres de rendez-vous et d’amarrage en orbite. Il faudra positionner précisément la capsule habitée face à deux véhicules d’essai conçus pour les futures opérations lunaires.
Le plan détaillé par la NASA le 23 octobre 2026 prévoit deux démonstrations successives pendant une mission d’environ 14 jours :
- Un rendez-vous avec Blue Moon Mark 2, de Blue Origin. Une version d’essai de l’atterrisseur doit rejoindre l’orbite terrestre avant Orion. Après l’amarrage, des membres d’équipage entreront à son bord afin de vérifier ses commandes, son environnement et ses systèmes de survie.
- Un rendez-vous avec un Starship Version 3, de SpaceX. Le véhicule d’essai doit être lancé depuis la Floride plus tard dans la campagne. L’amarrage avec Orion doit durer jusqu’à deux heures. Aucune entrée de l’équipage dans Starship n’est prévue pour cette démonstration.
Ce ne sera donc pas un amarrage simultané de trois vaisseaux : Orion doit effectuer les opérations l’une après l’autre. Ces essais permettront à la NASA d’évaluer la navigation, les logiciels, les interfaces d’amarrage, les communications et le comportement des engins lorsqu’ils fonctionnent ensemble.
Pourquoi Artemis III ne se posera-t-elle pas sur la Lune en 2027 ?
Le programme lunaire a évolué. Avec Artemis III, la NASA choisit désormais de répéter en orbite terrestre basse des opérations jugées essentielles avant tout alunissage habité. La capsule Orion et son équipage décolleront à bord de la fusée SLS depuis le Centre spatial Kennedy, en Floride.
L’objectif est de réduire les incertitudes techniques avant les futures missions près du pôle Sud lunaire. La NASA vise actuellement le premier alunissage avec équipage du programme Artemis à partir d’Artemis IV, en 2028. La présence de Parmitano sur Artemis III représente une première européenne, mais ne signifie pas qu’il marchera sur la Lune en 2027.
Pour comprendre l’évolution du calendrier, voir notre article : Artemis III à l’été 2027, retour sur la Lune en 2028 : les annonces de la NASA.
Le module de service européen, autre pièce maîtresse d’Orion
La contribution de l’Europe va bien au-delà du fauteuil du pilote. L’ESA fournit le troisième module de service européen, ou ESM-3, placé à l’arrière de la capsule Orion.
Il assure des fonctions indispensables : propulsion, électricité, régulation thermique et fourniture d’air et d’eau à l’équipage. Quatre panneaux solaires européens produisent l’électricité et un ensemble de 33 moteurs et propulseurs contribue aux manœuvres du vaisseau, selon l’ESA.
Sa fabrication mobilise l’industrie de 13 États membres de l’ESA. La structure est produite par Thales Alenia Space à Turin, en Italie, et l’assemblage final réalisé sous la maîtrise d’œuvre d’Airbus à Brême, en Allemagne.
Une situation emblématique de cette coopération : un pilote italien de l’ESA manœuvrera une capsule américaine propulsée et alimentée par un module européen.
Pourquoi SpaceX et Blue Origin sont au cœur de la mission
Artemis III doit confronter Orion à deux architectures d’atterrisseurs très différentes. Le test Blue Moon permettra notamment de vérifier les opérations d’équipage dans un habitacle conçu pour les missions futures. Le rendez-vous avec Starship, lui, doit valider les interfaces entre la capsule de la NASA et le véhicule de SpaceX : amarrage, communications, logiciels et contrôle du système combiné.
Le Starship d’essai ne transportera pas l’équipage jusqu’à la surface lunaire lors de ce vol. L’expérience vise à répéter les étapes préalables aux futurs alunissages, sans présenter ces tests comme une réussite déjà acquise.
Quand décollera Artemis III ?
Au 28 octobre 2026, la NASA annonce toujours une mission en 2027, mais ne donne pas de jour ni d’heure de décollage définitivement confirmés. Le calendrier dépendra des préparatifs d’Orion, du lanceur SLS et des deux véhicules commerciaux. Le scénario de mission détaillé en octobre reste prévisionnel.
Cette mission pourrait faire entrer l’Europe dans une nouvelle phase de l’exploration habitée : non seulement en fournissant une technologie essentielle à Orion, mais aussi en prenant une place active à ses commandes.
FAQ : Luca Parmitano et Artemis III
Luca Parmitano est-il le premier Européen dans un équipage Artemis ?
Oui. La NASA l’a nommé pilote d’Artemis III le 9 juin 2026, aux côtés de trois astronautes américains.
Artemis III ira-t-elle sur la Lune en 2027 ?
Non. Artemis III doit effectuer des essais en orbite terrestre. Le premier alunissage habité du programme est désormais visé à partir d’Artemis IV, en 2028.
Quelles manœuvres Luca Parmitano réalisera-t-il ?
L’ESA lui confie un rôle de pilote d’Orion lors des rendez-vous et amarrages avec des véhicules d’essai de Blue Origin et de SpaceX.
Les astronautes entreront-ils dans Starship pendant Artemis III ?
Non. D’après le scénario de la NASA publié le 23 octobre 2026, ils pourront entrer dans le véhicule d’essai Blue Moon, mais pas dans Starship.
À quoi sert le module de service européen d’Orion ?
Il fournit la propulsion, l’électricité, le contrôle thermique, l’air et l’eau nécessaires au fonctionnement d’Orion et à la vie de ses quatre occupants.
Sources officielles
- ESA, 9 juin 2026 — nomination de Luca Parmitano et rôle du module ESM.
- NASA, 9 juin 2026 — composition de l’équipage d’Artemis III.
- NASA, 23 octobre 2026 — calendrier des essais d’amarrage avec Blue Moon et Starship.
- ESA — Luca Parmitano, pilote d’Artemis III.
Article rédigé d’après les informations officielles disponibles au 28 octobre 2026. Le scénario de vol peut évoluer.



