C’est la figure qui a fait le tour des réseaux sociaux : lancée à pleine vitesse, la nouvelle Tesla Roadster décolle, survole une rangée de Tesla, fait une rotation complète sur elle-même, puis se repose sur ses roues. Un « kickflip », comme en skateboard. Comment une voiture peut-elle tourner en l’air et retomber du bon côté ? La réponse tient en un mot : ses propulseurs. Voici comment ils fonctionnent, d’après les informations communiquées par Tesla.
Ce qui s’est passé pendant la démonstration
Lors de la présentation du 15 octobre 2026, la Roadster a pris son élan, décollé et franchi une rangée de véhicules Tesla : une Model 3, un Model Y, un Cybertruck, un Cybercab et un camion Semi, selon Not a Tesla App. Selon Paul Tan, le kickflip a atteint environ 7 mètres de hauteur. La voiture a tourné sur son axe pendant le saut, avant de se poser.
Aucun pilote humain n’était aux commandes : selon Not a Tesla App, Elon Musk a indiqué que la voiture se conduisait techniquement elle-même pendant la démonstration, pour éviter tout accident.
Les propulseurs : pousser, tourner, freiner
La figure est réalisée par la version Rocket, la seule équipée de propulseurs tout autour de la carrosserie. Selon Paul Tan et TechCrunch, elle compte dix tuyères :
- quatre propulseurs principaux dans le diffuseur arrière, qui développent plus de 80 kN et poussent la voiture ;
- des propulseurs de contrôle d’attitude, c’est-à-dire d’orientation, répartis sur la carrosserie ;
- des propulseurs aux quatre coins, orientés vers le bas, qui contrôlent l’atterrissage.
Tous fonctionnent à l’air comprimé : environ 600 litres d’air stockés sous très haute pression dans deux réservoirs en fibre de carbone. Pas de combustion ni de flamme : l’air est simplement relâché à travers les tuyères. Selon Engadget, ils sont pilotés par des actionneurs électriques capables de « micro-ajustements ».

Comment la voiture tourne sur elle-même
Pour faire tourner un objet en l’air, il faut le pousser d’un côté et pas de l’autre. Si les propulseurs d’un côté de la voiture soufflent vers le haut et ceux de l’autre vers le bas, la voiture se met à pivoter autour de son axe. C’est le principe du contrôle d’attitude, utilisé depuis des décennies dans le spatial.
Une fois la rotation lancée, la voiture continue de tourner toute seule, comme une toupie. Pour l’arrêter au bon moment, roues vers le sol, il faut souffler dans l’autre sens. Tout se joue en une fraction de seconde : impossible à doser à la main, ce qui explique pourquoi la figure est gérée par l’ordinateur de bord.
Le même principe que sur Falcon 9
C’est là que le lien avec SpaceX prend tout son sens. Après la séparation, le premier étage de Falcon 9 utilise des propulseurs à azote gazeux, eux aussi à gaz froid, pour se retourner et revenir vers sa zone d’atterrissage. Même physique, même logique : de petites poussées très précises pour orienter un véhicule qui n’a plus d’appui. Les réservoirs en fibre de carbone de la Roadster sont du même type que ceux qu’utilise SpaceX.
Et l’atterrissage ?
Retomber de 7 mètres, c’est une chute brutale pour une voiture d’environ deux tonnes. Les propulseurs orientés vers le bas aux quatre coins servent à freiner la descente et à stabiliser la voiture juste avant le contact, selon Paul Tan. Le fonctionnement exact, et les contraintes subies par les suspensions, n’ont pas été détaillés par Tesla.
Pourra-t-on faire un kickflip avec sa Roadster ?
Pas sur la route. Seule la version Rocket peut réaliser cette figure : elle est proposée sur invitation, n’est pas homologuée pour la route, et sa réserve d’air ne permet que des poussées de quelques secondes avant recharge. Voir notre article la Tesla Roadster peut-elle vraiment voler ?
Ce qu’il faut retenir
- le kickflip est réalisé par la version Rocket, à dix tuyères ;
- des poussées opposées de chaque côté font tourner la voiture, d’autres l’arrêtent et freinent l’atterrissage ;
- c’est le même principe que les propulseurs à gaz froid de Falcon 9 ;
- la figure est pilotée par l’ordinateur, sans conducteur humain.
À lire aussi : comment tient-elle à l’envers ? · comment fonctionnent ses propulseurs SpaceX · Tesla Roadster : prix, date de sortie, performances.
Sources
- Paul Tan, 16 octobre 2026 : propulseurs, hauteur du kickflip, atterrissage ;
- Not a Tesla App : déroulé du saut, conduite autonome ;
- TechCrunch : dix propulseurs, 600 litres d’air ;
- Engadget : actionneurs électriques ;
- Tesla sur YouTube : « The Kickflip | Roadster ».
La version Rocket utilise ses propulseurs à air comprimé : des poussées opposées de chaque côté la font tourner sur elle-même en l’air, d’autres arrêtent la rotation et freinent l’atterrissage. La figure est pilotée par l’ordinateur.
Selon Paul Tan, le kickflip a atteint environ 7 mètres de hauteur, au-dessus d’une rangée de cinq véhicules Tesla dont un camion Semi.
Les propulseurs à gaz froid de la Roadster fonctionnent sur le même principe que ceux à azote du premier étage de Falcon 9, qui servent à orienter la fusée avant son retour.



