La nouvelle Tesla Roadster a été présentée dans la nuit du jeudi 15 au vendredi 16 octobre 2026, à 19h55 heure du Texas, soit 2h55 à Paris. Au-delà des sauts spectaculaires, la voiture repose sur deux technologies distinctes : un système d’aspiration qui la plaque au sol, et des propulseurs à gaz froid présentés comme issus du savoir-faire de SpaceX. Voici comment ils fonctionnent, ce que Tesla a réellement démontré, et ce que coûte chaque version.
Pour le prix, la date de sortie et la fiche technique complète, lisez notre guide Tesla Roadster : prix, date de sortie, performances. Pour le déroulé de la soirée : la présentation de la Tesla Roadster et sa rediffusion.
Le film de présentation publié par Tesla, « Roadster | The Last Best Driver’s Car » :
Une présentation sur un site de SpaceX
La présentation s’est tenue sur le site d’essais de SpaceX à McGregor, près de Waco, au Texas, selon Engadget et TechCrunch. C’est là que SpaceX teste ses moteurs Raptor et Merlin. Prévue le 1er octobre, elle avait été reportée à cause de la météo. Le choix du lieu n’a rien d’anodin : Tesla met en avant un équipement dont Elon Musk parle depuis 2018 sous le nom de « SpaceX package ».
Il ne s’agit pas d’un produit SpaceX. Les deux entreprises sont distinctes, et Tesla n’a pas détaillé la nature exacte de la contribution de SpaceX. Engadget rapporte que Tesla parle d’une technologie « empruntée » à SpaceX.
Premier système : l’aspiration qui plaque la voiture au sol
Le premier système n’a rien à voir avec l’espace. Selon les informations de Tesla relayées par Engadget, un ventilateur multimode associé à une étanchéité au sol aspire l’air situé sous la voiture. La dépression créée génère un fort appui aérodynamique, indépendant de la vitesse. Selon les chiffres présentés par Tesla et relayés par Not a Tesla App, cet appui peut atteindre 2 G, contre environ 1,26 G avec la seule adhérence des pneus.
C’est ce système qui a permis à la voiture de rester à l’envers sur une rampe en forme de C, même à l’arrêt. Le principe rappelle celui de voitures de course à effet de sol, comme la Chaparral 2J des années 1970 ou la Brabham BT46B de Formule 1, interdites depuis en compétition. Sur route, il sert surtout à augmenter l’adhérence en virage et au freinage.
Cette aspiration équipe déjà la version de base, baptisée Performance. Elle ne nécessite pas de propulseurs.

Second système : les propulseurs à gaz froid
Les propulseurs constituent la partie « SpaceX » du Roadster. Un propulseur à gaz froid est le plus simple des moteurs-fusées : un gaz stocké sous très haute pression est relâché à travers une tuyère. La détente du gaz produit une poussée. Il n’y a ni combustion, ni flamme, ni ergols : ici, le gaz est de l’air comprimé.
Ce type de propulseur est courant dans le spatial pour orienter un véhicule. Le premier étage de Falcon 9 utilise ainsi des propulseurs à azote gazeux pour se retourner après la séparation, avant son retour vers la barge ou la zone d’atterrissage. Leur poussée est faible, mais très facile à contrôler.
Selon Lars Moravy, vice-président de l’ingénierie de Tesla, cité par TechCrunch, le Roadster embarque :
- dix propulseurs répartis autour de la carrosserie sur la version la plus équipée ;
- environ 600 litres d’air comprimé, une réserve rechargeable répartie selon Not a Tesla App dans deux réservoirs, pour environ 250 kg d’air au total ;
- des réservoirs COPV (réservoirs composites enroulés autour d’une enveloppe métallique) placés dans chaque espace disponible du véhicule.
Les COPV sont bien connus chez SpaceX, qui en utilise pour stocker l’hélium sous pression dans Falcon 9. Ils ont aussi une histoire mouvementée : la défaillance d’un COPV a été identifiée comme la cause de l’explosion de Falcon 9 avec le satellite Amos-6 sur son pas de tir, en septembre 2016.
Engadget précise que les propulseurs d’orientation et les propulseurs arrière sont pilotés par des actionneurs entièrement électriques, permettant des « micro-ajustements ». Tesla n’a pas publié la pression de stockage. En 2018, Elon Musk évoquait environ 10 000 psi, soit près de 700 bars ; ce chiffre n’a pas été confirmé lors de la présentation.
Ce que les propulseurs peuvent faire, et leurs limites
Selon Electrek, les propulseurs ont deux usages selon la version :
- à l’arrière, ils poussent la voiture vers l’avant pour améliorer l’accélération, sans dépendre de l’adhérence des pneus (version Thrust) ;
- tout autour de la carrosserie, ils permettent des mouvements verticaux et des rotations, d’où les sauts et la figure de type « kickflip » montrés pendant la présentation (version Rocket).
La principale limite est la quantité d’air embarquée. Une réserve de 600 litres, même très comprimée, ne permet que des poussées brèves. Il ne s’agit donc pas d’une voiture volante : les sauts montrés sont des bonds de quelques secondes, et la réserve doit ensuite être rechargée. Tesla n’a donné ni la durée de poussée disponible, ni le temps de recharge.
0,81 seconde mesurée en direct. Pendant la démonstration, Tesla a affiché un 0 à 97 km/h (0 à 60 mph) en 0,81 seconde, selon Not a Tesla App et CarScoops. Il s’agit d’une mesure communiquée par Tesla pendant l’événement, pas d’un chronométrage indépendant, et la version utilisée n’a pas été précisée. Ce temps est cohérent avec la version Thrust à propulseurs arrière, annoncée sous 0,9 seconde. Elon Musk affirme que la voiture de série fera mieux.
Qui était au volant ? Selon Engadget, le robot Optimus installé au volant était là pour la mise en scène, et les figures étaient programmées. Les démonstrations ne disent donc rien de la façon dont un conducteur humain maîtriserait ces manœuvres.
La figure de type « kickflip », en vidéo sur la chaîne de Tesla :
Les trois versions et leurs acomptes
Tesla n’a annoncé aucun prix de vente. Il a en revanche fixé des acomptes de réservation très différents selon la version. Les performances ci-dessous sont annoncées par Tesla et n’ont pas été vérifiées de façon indépendante.
| Version | Places | Équipement | 0 à 97 km/h annoncé | Réservation |
|---|---|---|---|---|
| Performance | 2 | Version routière, aérodynamique active, aspiration | Moins de 1,6 s | 50 000 $ |
| Thrust | 2 | Aspiration et propulseurs arrière, pour le circuit, édition limitée | Moins de 0,9 s | 250 000 $ |
| Rocket | 1 | Propulseurs tout autour, non homologuée pour la route | Moins de 0,59 s | Sur invitation |
Pour la version Performance, la réservation se fait en deux temps : 5 000 dollars immédiatement, remboursables selon Fox Business, puis 45 000 dollars par virement dans les dix jours. Pour la version Thrust, Engadget indique que 245 000 dollars supplémentaires sont demandés dans les dix jours, soit 250 000 dollars au total, le chiffre également donné par TechCrunch. La version Rocket n’est proposée que sur invitation et, selon le site de Tesla, seulement dans certaines régions.
Côté motorisation, Tesla a évoqué un ensemble batterie et moteurs d’environ 1 MW, soit un tiers de puissance de plus qu’une Model S Plaid pour une masse moitié moindre, selon Not a Tesla App. Pendant la démonstration, Tesla a affiché un 0 à 97 km/h mesuré en 0,81 seconde.

Les questions encore ouvertes
- Le prix final de chaque version n’est pas connu ;
- la réglementation : la version Rocket n’est pas homologuée pour la route, et l’usage de propulseurs sur une voiture n’est prévu par aucun cadre clair ;
- la sécurité : selon TechCrunch, Elon Musk a reconnu que la sécurité n’était pas l’objectif principal de la voiture ;
- l’Europe : Tesla n’a rien annoncé sur une commercialisation ou une homologation en France (lire la Tesla Roadster qui vole sera-t-elle autorisée en France ?) ;
- le calendrier : la production est visée en 2028, après près de neuf ans de reports.
Ce qu’il faut retenir
La Tesla Roadster combine deux idées : une aspiration qui la colle au sol, présente sur toutes les versions, et des propulseurs à gaz froid alimentés par de l’air comprimé, réservés aux versions Thrust et Rocket. Ces propulseurs reprennent un principe éprouvé dans le spatial, mais leur réserve d’air limite leur usage à de brèves poussées. Les performances restent des annonces, aucun prix n’a été fixé, et la réservation d’une version à propulseurs demande déjà 250 000 dollars.
À lire aussi : Tesla Roadster : prix, date de sortie, performances · la présentation de la Tesla Roadster et sa rediffusion · le Roadster envoyé dans l’espace par Falcon Heavy en 2018.
Sources
- TechCrunch, 15 octobre 2026 : démonstration, dix propulseurs, 600 litres d’air, réservoirs COPV, acomptes, déclarations d’Elon Musk et de Lars Moravy ;
- Engadget, 15 octobre 2026 : site de McGregor, système d’aspiration, actionneurs électriques, acompte de la version Thrust, figures programmées ;
- Electrek, 15 octobre 2026 : trois versions, performances annoncées ;
- Not a Tesla App, 16 octobre 2026 : 0,81 seconde en direct, réservoirs d’air, appui de 2 G, puissance d’environ 1 MW ;
- CarScoops, 16 octobre 2026 : origine du chrono de 0,81 seconde ;
- Fox Business, 21 septembre 2026 : modalités de réservation ;
- Tesla : page officielle du Roadster ;
- Tesla sur YouTube : « Roadster | The Last Best Driver’s Car » et « The Kickflip | Roadster ».
Ce sont des propulseurs à gaz froid : de l’air stocké sous très haute pression est relâché à travers des tuyères pour produire une poussée, sans combustion. Selon Tesla, la version la plus équipée compte dix propulseurs alimentés par environ 600 litres d’air comprimé.
Tesla présente ses propulseurs à gaz froid comme une technologie empruntée à SpaceX, qui utilise ce type de propulseurs pour orienter ses fusées. La voiture a été présentée sur le site d’essais de SpaceX à McGregor, au Texas. Il ne s’agit pas d’un produit SpaceX.
Aucun prix de vente n’a été annoncé. La réservation de la version Thrust à propulseurs demande 250 000 dollars selon Engadget et TechCrunch, contre 50 000 dollars pour la version Performance. La version Rocket est proposée sur invitation.
Grâce à un ventilateur et à une étanchéité au sol qui aspirent l’air sous la voiture. La dépression créée la plaque contre la surface, ce qui lui a permis de rester à l’envers sur une rampe, même à l’arrêt. Ce système ne fait pas appel aux propulseurs.
Selon Engadget, le robot Optimus installé au volant était là pour la mise en scène et les figures étaient programmées.



