Le télescope Roman ouvre son « œil » conçu pour photographier des planètes cachées par leur étoile

Un mois seulement après son lancement par Falcon Heavy, le télescope spatial Nancy Grace Roman vient de franchir une nouvelle étape. Le 22 septembre 2026, son coronographe a reçu pour la première fois de la lumière venue du cosmos. Cet instrument expérimental doit apprendre à masquer l’éclat aveuglant des étoiles afin de révéler directement les planètes beaucoup plus faibles qui tournent autour d’elles.

Roman n’a pas encore photographié une exoplanète. Cette première observation était un test de mise au point sur une étoile faible du Grand Nuage de Magellan. Mais elle confirme que l’instrument peut former une image focalisée dans l’espace, première étape indispensable avant les essais beaucoup plus difficiles de suppression de la lumière stellaire.

  • Télescope : Nancy Grace Roman Space Telescope ;
  • Lancement : 30 août 2026 par Falcon Heavy ;
  • Première lumière du coronographe : 22 septembre 2026 ;
  • Deuxième test : 27 septembre ;
  • Objectif : masquer une étoile pour révéler des planètes et des disques de poussière très faibles ;
  • Performance visée : détecter des planètes jusqu’à 100 millions de fois moins lumineuses que leur étoile ;
  • Premières images scientifiques de Roman : attendues début 2027.

Roman vient d’ouvrir l’œil qui doit cacher les étoiles

Le principe paraît paradoxal : pour voir une planète, Roman doit d’abord réussir à ne plus voir son étoile.

Une exoplanète est généralement immensément plus faible que l’étoile autour de laquelle elle tourne. Même avec un grand télescope, sa lumière disparaît donc dans l’éclat stellaire.

Le Coronagraph Instrument de Roman utilise des masques, des filtres, des capteurs et des miroirs déformables pour bloquer et corriger cette lumière parasite.

L’objectif est de faire apparaître à côté de l’étoile la faible lumière réfléchie par une planète ou par un disque de poussière.

La première image ne montre pas encore une planète

Le 22 septembre, les ingénieurs ne cherchaient pas encore à réaliser la démonstration complète du coronographe.

L’instrument a observé une étoile faible située dans le Grand Nuage de Magellan, une galaxie satellite de la Voie lactée.

Les détecteurs étaient volontairement maintenus à une température supérieure à celle qui sera utilisée pendant les futures observations scientifiques. Cette précaution contribue à éviter que des contaminants ne se déposent sur leur surface pendant la phase de mise en service.

Le but était beaucoup plus simple : vérifier que la lumière traverse correctement tout le système et que l’image peut être focalisée.

Cinq jours plus tard, le 27 septembre, l’équipe a refroidi davantage les détecteurs et pointé Roman vers une autre région du Grand Nuage de Magellan. Cette fois, les ingénieurs s’attendaient à distinguer plusieurs étoiles sur une seule image — et elles sont bien apparues.

Pourquoi ce petit test est-il important ?

Un coronographe destiné aux exoplanètes nécessite une stabilité extrême.

La moindre vibration ou erreur de pointage peut laisser passer suffisamment de lumière de l’étoile pour noyer complètement une planète beaucoup plus faible.

Les essais réalisés en septembre ont montré que Roman pouvait maintenir son orientation avec une précision meilleure qu’un cent-millième de degré pendant les observations prévues.

La NASA compare la stabilité actuelle à celle qu’il faudrait pour garder un laser pointé sur une pièce de monnaie située à environ 240 km. Les équipes veulent encore améliorer cette précision pendant la mise en service.

Voir une planète 100 millions de fois moins brillante que son étoile

Lorsque tous les réglages auront été terminés, le coronographe doit démontrer une capacité nettement supérieure aux instruments spatiaux précédents.

La NASA et le JPL indiquent qu’il est conçu pour détecter des planètes jusqu’à 100 millions de fois moins lumineuses que leur étoile.

Cela représenterait une amélioration d’environ 100 à 1 000 fois par rapport aux coronographes spatiaux existants.

Roman pourrait notamment photographier directement en lumière réfléchie des mondes comparables à Jupiter par leur taille, leur température et leur distance à leur étoile.

Roman ne doit pas encore photographier une autre Terre

Même cette technologie ne sera pas suffisante pour produire facilement une photographie détaillée d’une planète jumelle de la Terre autour d’une étoile semblable au Soleil.

Les planètes rocheuses comme la nôtre sont encore plus petites et plus faibles que les géantes gazeuses visées par la démonstration de Roman.

Le véritable objectif du coronographe est donc aussi technologique : prouver dans l’espace que des systèmes de contrôle très avancés peuvent supprimer assez précisément la lumière des étoiles.

Ces technologies pourront ensuite être utilisées pour préparer de futurs observatoires, notamment le projet Habitable Worlds Observatory, dont l’un des objectifs sera d’étudier directement des planètes ressemblant davantage à la Terre.

Des miroirs capables de changer de forme

Le coronographe de Roman possède deux miroirs déformables contrôlés par des milliers de minuscules actionneurs.

Ils peuvent modifier très légèrement leur surface afin de corriger les imperfections du front d’onde lumineux qui traverse le télescope.

Selon la NASA, ces corrections sont suffisamment fines pour compenser des défauts plus petits que la largeur d’un brin d’ADN.

Des masques spécialement conçus bloquent ensuite l’essentiel de la lumière provenant directement de l’étoile.

Roman est toujours en phase de mise en service

Le télescope n’a donc pas encore commencé son programme scientifique normal.

Depuis son lancement réussi par Falcon Heavy le 30 août, les équipes activent progressivement les instruments, testent le système de guidage et calibrent l’observatoire.

Son instrument principal, le Wide Field Instrument, est une caméra infrarouge de 300 mégapixels offrant un champ de vision au moins cent fois plus grand que celui de Hubble.

La NASA prévoit actuellement de publier les premières véritables images scientifiques au début de l’année 2027.

Après Falcon Heavy, le vrai travail ne fait que commencer

Le lancement de Roman constituait seulement la première étape.

La réussite du premier test du coronographe confirme aujourd’hui qu’un instrument particulièrement complexe a survécu au lancement et peut déjà produire une image focalisée dans l’espace.

Les prochains tests seront progressivement plus difficiles, jusqu’à l’activation complète des technologies destinées à éliminer l’éclat des étoiles.

Si elles fonctionnent comme prévu, Roman ne se contentera pas d’étudier l’énergie noire et la matière noire : il servira aussi de banc d’essai pour les instruments qui pourraient un jour nous permettre de photographier directement des mondes beaucoup plus proches de la Terre.

À lire aussi : le lancement réussi de Nancy Grace Roman par Falcon Heavy · notre dossier Falcon Heavy · les grandes missions spatiales de 2026.

Nancy Grace Roman a-t-il déjà photographié une exoplanète ?

Non. La première observation du coronographe, réalisée le 22 septembre 2026, était un test sur une étoile faible du Grand Nuage de Magellan. L’instrument doit encore passer plusieurs étapes de calibration avant ses observations avancées d’exoplanètes.

À quoi sert le coronographe de Roman ?

Le coronographe sert à bloquer l’éclat d’une étoile afin de révéler les planètes ou les disques de poussière beaucoup plus faibles situés autour d’elle. Il constitue surtout une démonstration de technologies destinées aux futurs télescopes d’imagerie directe d’exoplanètes.

Quand Roman commencera-t-il ses observations scientifiques ?

Roman est encore en phase de mise en service et de calibration. La NASA prévoit actuellement de publier ses premières images scientifiques au début de l’année 2027.

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