La Tesla Roadster est-elle dangereuse ? Ce qu’Elon Musk dit de sa sécurité

Une voiture qui roule à l’envers, saute par-dessus des camions et passe de 0 à 97 km/h en moins de 0,6 seconde : la question se pose forcément. La nouvelle Tesla Roadster est-elle sûre ? Elon Musk lui-même ne le promet pas. Lors de la présentation du 15 octobre 2026, il a reconnu qu’elle n’était « pas forcément une voiture optimisée pour la sécurité ». Voici ce que l’on sait, et ce que Tesla n’a pas encore dit.

Ce qu’Elon Musk a dit

Le patron de Tesla n’a jamais présenté la Roadster comme une voiture prudente :

  • pendant la présentation, il a admis qu’elle n’était « pas forcément optimisée pour la sécurité », et douté qu’elle soit légale partout, selon Yahoo Autos ;
  • plus tôt dans l’année, dans un podcast, il l’avait comparée à une Ferrari, dont la sécurité n’est pas le premier objectif, en conseillant à ceux pour qui la sécurité passe avant tout de ne pas l’acheter. Tesla aspirerait seulement à « ne tuer personne » avec cette voiture, avait-il ajouté, selon TechCrunch ;
  • avant les démonstrations, il a prévenu que la réussite n’était pas garantie, mais que le public se trouvait à distance de sécurité, selon Axios.

Ces déclarations relèvent en partie de la provocation, habituelle chez Elon Musk. Elles montrent toutefois que la Roadster a été conçue en priorité pour les performances.

Ce que montrent les démonstrations

Lors de la présentation, aucun humain n’était au volant pendant les figures. Selon Not a Tesla App, Elon Musk a indiqué que la voiture se conduisait techniquement elle-même, pour éviter de blesser quelqu’un. Le robot Optimus était installé au volant pendant le backflip (lire notre article). Les sauts et les retournements sont réservés à la version Rocket, sur invitation et non homologuée pour la route, selon le site de Tesla.

Les questions qui restent ouvertes

Des réservoirs à très haute pression

Les versions Thrust et Rocket embarquent environ 600 litres d’air stockés sous très haute pression, dans des réservoirs en fibre de carbone du type COPV, utilisés par SpaceX sur ses fusées. TechCrunch rappelle que ce type de réservoir a été lié à plusieurs explosions de fusées SpaceX, dont celle de Falcon 9 sur son pas de tir en septembre 2016. Tesla n’a pas expliqué comment ces réservoirs seraient protégés en cas d’accident, ni à quelle pression ils fonctionnent.

Des accélérations extrêmes

Passer de 0 à 97 km/h en 0,59 seconde, comme annoncé pour la version Rocket, représente une accélération moyenne d’environ 4,6 G, selon notre calcul : le conducteur serait plaqué dans son siège avec une force de plus de quatre fois son poids. Elon Musk a d’ailleurs plaisanté pendant la soirée sur le risque de décollement de la rétine, selon Tarmac Life. Aucune donnée médicale ou technique n’a été publiée sur ces contraintes.

Des jets d’air derrière la voiture

Les propulseurs éjectent de l’air à très grande vitesse, au point de former des « disques de Mach » visibles, selon Paul Tan. Tesla n’a pas précisé quels dangers ces jets pourraient présenter pour les véhicules ou les piétons situés derrière la voiture.

Crash-tests, airbags et structure

Tesla n’a communiqué aucune information sur les crash-tests, les airbags ou la structure de protection de la Roadster. Le volant de type avion, la direction sans liaison mécanique et les sièges intégrés au châssis, décrits par Paul Tan, sont des choix inhabituels dont l’effet sur la sécurité passive n’est pas connu. Les autres modèles Tesla obtiennent en général de bonnes notes aux crash-tests, mais rien ne permet d’en déduire celles de la Roadster.

Et l’homologation ?

Pour être vendue, la version Performance, présentée comme routière, devra respecter les normes de sécurité des pays où elle sera commercialisée : celles de la NHTSA aux États-Unis, et la réception européenne en Europe. Ces procédures imposent justement des exigences de protection en cas de choc. La version Rocket, elle, n’est pas homologuée pour la route. Pour la France, lire la Tesla Roadster qui vole sera-t-elle autorisée en France ?

Ce qu’il faut retenir

  • Elon Musk reconnaît que la Roadster n’est « pas forcément optimisée pour la sécurité » ;
  • les figures de la présentation ont été réalisées sans conducteur humain ;
  • réservoirs à haute pression, accélérations de plus de 4 G, jets d’air : plusieurs questions restent sans réponse ;
  • Tesla n’a publié aucune donnée sur les crash-tests ou les airbags ;
  • la version Performance devra passer l’homologation, la Rocket n’est pas prévue pour la route.

À lire aussi : Tesla Roadster : prix, date de sortie, performances · comment fonctionnent ses propulseurs SpaceX · qui sont les clients de la Tesla Roadster ?.

Sources

  • Yahoo Autos, 16 octobre 2026 : déclaration d’Elon Musk sur la sécurité et la légalité ;
  • TechCrunch : propos d’Elon Musk en podcast, réservoirs COPV ;
  • Axios : déclarations avant la démonstration, version non homologuée ;
  • Not a Tesla App : conduite autonome pendant les figures ;
  • Paul Tan : jets supersoniques, sièges, commandes électriques ;
  • Tarmac Life : plaisanteries d’Elon Musk sur les accélérations.
La Tesla Roadster est-elle sûre ?

Tesla n’a publié aucune donnée de crash-test. Elon Musk a lui-même reconnu qu’elle n’était pas forcément une voiture optimisée pour la sécurité. La version Performance devra toutefois passer l’homologation pour être vendue.

Qui conduisait la Tesla Roadster pendant les figures ?

Personne : selon Elon Musk, la voiture se conduisait techniquement elle-même pendant les démonstrations, pour éviter de blesser quelqu’un.

Quelle accélération subit le conducteur de la Tesla Roadster ?

Un 0 à 97 km/h en 0,59 seconde, annoncé pour la version Rocket, correspond à une accélération moyenne d’environ 4,6 G, soit une force de plus de quatre fois le poids du conducteur.

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